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L’euthanasie en procès


Le 25 août 2003, Chantal Chanel, infirmière de nuit à l’hôpital de Saint Astier en Dordogne effectuait une injection létale de chlorure de potassium à Mme Paulette Druais atteinte d’un cancer du pancréas en phase terminale. Mme Truais qui souffrait énormément avait demandé à plusieurs reprises à mourir, notamment à Laurence Tramois, médecin dont elle était très proche. La famille n’a pas porté plainte, estimant que le supplice de Paulette Truais était insupportable. C’est une dénonciation qui a fait démarrer l’information judiciaire à l’automne 2005. L’infirmière et le médecin ont été mis en examen pour empoisonnement et renvoyés devant les assises par le parquet de Périgueux. La cour d’appel de Bordeaux rendra le 13 juin sa décision sur l’appel qu’elles ont interjeté contre leur renvoi devant les assises.

L’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) a lancé une pétition en faveur d’un non-lieu qui a été signée à ce jour par près de 50000 personnes.

Combien de cas pathétiques faudra-t-il encore pour que le parlement français reconnaisse enfin le droit de mourir dans la dignité aux patients en fin de vie qui le demandent de manière réitérée ?

La loi Leonetti votée en 2005 instaure le droit pour le malade de demander l’arrêt du traitement. Elle ne permet pas de mettre fin à ses souffrances.

En attendant une loi réclamée par plus de 80% de la population, on peut penser à organiser des réseaux d’entraide amicaux qui aideraient à trouver le moyen de mourir entourée des êtres que l’on aime et dignement.

Les femmes du MLF avaient organisé des avortements clandestins avant la loi de 1975, notamment pour toutes les femmes qui n’avaient pas les moyens de partir en Angleterre ou aux Pays-Bas. Il faut parfois aider le droit à avancer par des formes de désobéissance civique.

On ne laisse pas un animal souffrir. On euthanasie les chiens, les chats, les chevaux qui souffrent et que l’on ne peut pas guérir. Pourquoi les êtres humains devraient-ils partir dans l’indignité et la souffrance même quand ils ont exprimé la volonté contraire ?

Il faut soutenir Chantal Chanel et Laurence Tramois. Sachons que si le droit actuel devait s’appliquer, elles risquent 30 ans de prison pour avoir abrégé les souffrances d’une femme qui n’en pouvait plus de subir l’horreur d’une fin de vie particulièrement atroce.

Tuer doit rester un interdit. Mais dans ce cas-là, il s’agit d’une demande d’un patient qui n’en peut plus de souffrir et qui n’est pas arrêté par ses croyances religieuses. Personne n’oblige qui que ce soit à demander une aide à mourir. C’est un acte de liberté. Deux films et un livre peuvent illustrer mon propos : Un cœur en hiver de Claude Sautet , One million dollar baby de Clint Eastwood. Et La touche étoile de Benoîte Groult.

RD, Mai 2006
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