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Avertissement

L’histoire sert à penser.


Pour que l’histoire serve à penser, il convient de s’initier à l’expérience des historiens scientifiques, à celle des sciences humaines, voire des sciences dites exactes. Cet immense programme est un idéal inatteignable, de toute façon inachevable. Il faut s’y essayer avec beaucoup de modestie. N’oublions pas le savoir contenu dans le vécu.

À un moment de ce processus, il est possible de se poser quelques questions sur les rapports parfois ténus entre l’histoire et la pensée. Nous avons droit à l’hypothèse à condition qu’elle ne soit pas exclusive d’autres questionnements, qu’elle reste provisoire dans l’esprit.
À ces conditions, l’histoire sert à penser. À l’avenir que nous espérons collectif, ce programme interdisciplinaire pourrait se poser une question plus ambitieuse : peut-on penser l’histoire ?
Aujourd’hui, après cinquante ans de réflexion, je me contente de proposer un petit testament, limité et provisoire, sur trois axes : problèmes méthodologiques et épistémologiques ; rencontre problématique, particulièrement dubitative, de l’ontologie ; liens sporadiques avec le vécu existentiel et intellectuel.
Le premier ordre de préoccupations, destiné à compléter mes précédentes publications, en particulier « La Duplicité de l’histoire, le Béhémot », sera placé sous le nom de Vade-mecum.
Le deuxième s’intitulera Ontologiques.
Le troisième, fait de courts textes aphoristiques, s’appellera Apophtegmes.

Nous allons commencer par le deuxième :

1 - Etre
     Etre est une idée.
     Etre est l'idée de l'être.
     Etre est un mot qui désigne Etre.
     Nous ne connaissons pas ce mot, cette idée.
     Nous ne connaissons pas Etre.
     Etre que nous ne connaissons pas, nous l'appelons l'Etre.
     L'Etre est une idée de l'Etre.
     Nous ne connaissons pas l'idée de l'Etre.
     Mots et idées dans une langue incertaine, ne sont pas l'idée de l'Etre.
     Mais il faut de l'Etre et de l'idée de l'Etre pour que mots et idées soient.
     Cette hypothèse est raisonnable.
     Cette hypothèse est indestructible.
     Mots et idées sont, mais nous ne connaissons pas leur rapport à l'Etre.

11 - Etre.
       Etre est une idée, l'idée de l'Etre.
       Nous ne connaissons pas l'idée de l'Etre.
       Si l'Etre est idée, tout est idée.
       L'Etre est l'idée de toutes les idées.
       L'Etre est donc aussi l'idée de toutes les idées humaines.
       Ne connaissant pas l'idée de l'Etre, nous ne connaissons pas les idées puisque nous ne savons            pas ce qu'elles contiennent d'Etre.
      Lumière des lumières, l'Etre, l'idée de l'Etre, devient pour nous humains l'obscurité de                    l'obscurité.
       L'humanité chemine à travers cette obscurité en essayant de lui apporter quelques faibles                lumières, lumières de l'idée ?, de l'Etre? Peut-être.

111 - Etre, l'idée de l'Etre, l'Etre.
        L'Etre est idée et ne se manifeste que comme idée.
        Nous n'avons de rapports avec nous-mêmes, avec autrui, avec le monde que par des idées.
        Ces idées paraissent confuses, mélées, bigarrées, incohérentes.
        L'Etre est idée et ne se manifeste que comme idée.
        Dans quelle mesure l'Idée anime et inspire ces idées, nous ne le savons pas.
        Nos idées apparaissent comme vérité et erreur, effort de vérité et volonté d'erreur.
        Nos idées, partielles et partiellement obscures, remontent malaisément aux idées des idées et         jamais à l'Idée des idées.
        Nous sommes condamnés à l'errance en idée.
        l'Idée nous informe et nous ne l'informon pas.
        Nous ne savons pas ce qu'est une idée.

1V - Etre, l'idée de l'Etre, l'Etre.
       L'Etre n'est qu'idée;
       L'Etre-Idée en lui-même est en dehors du temps et de l'espace, du temps lui-même et du temps perçu comm espace;
       Le temps manifeste l'Etre, l'idée de l'Etre, mais de façon par essence relative. le temps est l'idée d'une relativité sérielle.
       La relativité du temps multiplie les temps.
       Chaque temporalité renvoie au temps pur qui déja trahit l'Etre.
       La relativité du temps dissimule l'absolu de l'Etre en ne le manifestant que suivant son mode propre.
       Les idées humaines ne sont que temporelles et spatiales, c'est à dire temporelles du point de vue de l'espace.
       Les idées humaines n'ont pas clairement accès au temps pur, à l'idée du temps qui n'est pas l'Etre.
       Leur temps historique, l'une des temporalités possibles, comme elles manifestation, dévoilement et occultation de l'Etre, est l'essence des êtres humains.
       L'Etre dans l'être humain n'est plus qu'étant, existant .
       L'essence des êtres humains est inessentielle.
       L'Etre est toujours là sous sa forme temporelle.

V - L'Etre est Idée, forme des formes.
     L'Etre est l'idée des idées qu'il informe et qui l'informent.
     L'Etre se manifeste suivant les modes qui lui sont propres.
     Nous ne connaissons pas l'Etre, l'Idée de l'Etre, l'Idée. Nous ne connaissons pas ses modes propres.
      L'Etre pour les êtres humains, l'Etre pour nous, se métamorphose, à l'intérieur du temps-espace, en temporalité historique, en énergie, en matière, en vie, en humanité.
      L'énergie suscitant historiquement la matière, l'énergie et la matière donnant naissance à la vie, sur notre terre, énergie, matière et vie se condensant en humanité, en humanités, sont des idées claires et obscures, pleines et vides, totales et partielles.
       L'obscurité est la plus visible, nous en faisons une poésie.
       Les êtres humains et chaque être humain réinventent ces idées, créent l'histoire, nient l'unité de l'Etre.
        Rien d'humain pour l'être humain ne se réduit à l'unité, surtout pas son idée de l'Etre.

VI - L'Etre est idée de l'Etre.
      Nous ne connaissons pas l'idée de l'Etre.
      Nous ne connaissons pas l'Idée.
      Nous ne connaissons pas l'Idée de façon transparente et claire.
      Nous devinons peut-être l'idée et même l'idée des idées.
      Ce que nous ne connaissons pas par le concept, nous le pressentons peut-être par l'art;
      L'art assume sa clarté et son obscurité, sa visibilité et son invisibilité.
      La beauté se ressent et ne se définit pas.
      Il est possible que la beauté, essence pour nous humains, soit relative et absolue, un chemin vers l'Etre, le chemin de l'Etre-pour-nous.
       Sans doute sommes-nous trop liés à l'Etre pour ne pas en savoir quelque chose.
       Mais si l'Etre nous donne naissance, nous ne donnons pas naissance à l'Etre, même en retrouvant quelque chose de sa beauté.

VII - Nous ne donnons pas naissance à l'Etre puisque c'est lui qui nous enfante d'une façon qui nous est inconnue.
        Nous pouvons lui donner une seconde naissance, la renaissance de l'Etre-pour-nous.
       L'Etre reste inconnu. Nous décidons de façon dérisoire pour Lui.
       Nous qui ne sommes rien, nous prétendons parfois connaître le Tout, le Tout de l'Etre.
       Nous avons le droit de faire des projets sur l'Etre. Nous avons le devoir de savoir qu'il ne s'agit que de projets.
        L'Etre est oublié. Cette expression nécessaire est oubliée.
        Nous lui substituons Dieu et le reste, plusieurs dieux et d'autres choses encore.
        Nous avons le droit de parler sur Dieu, mais Dieu, invention humaine n'est pas l'Etre.
        Dieu, invention humaine, n'évoque que rarement l'Etre-pour-nous, pour nous tous.

VIII - L'Etre est.
         Cette tautologie se fermant sur elle-même, est stérile.
         Mais cette tautologie n'est pas fausse.
         La question devient : pouvons-nous faire de l'Etre-pour-nous?
         l'Etre inconnu se dérobe en souriant. tout se passe comme s'il se dérobait en souriant.
         Sa pureté se soustrait à notre impureté.
         La pureté n'est pas humaine.
         Mais nous ne sommes que parce que l'Etre est.
         Le lien entre nous et Lui est rompu. Il en subsiste peut-être quelque chose.
         L'Etre nous enfante. Sur le mode du Peut-Etre nous devrions essayer d'enfanter quelque chose de l'Etre-pour-nous;
         Un beau nom pour l'Etre-pour-nous est l'amour.

IX - L'Etre crée et ne se crée pas.
       L'Etre créant se nie Lui-même en tant qu'incréé.
       Ce que nous appelons Etre, c'est l'Etre créant, donc ce n'est pas l'Etre.
       Ce que nous appelons l'Etre, c'est l'Etre nous créant donc ce n'est pas l'Etre créant, universel, éternel pour nous.
       Nous ne connaissons pas l'Etre nous créant.
       Nous en avons une idée, elle est quasiment vide. En sommes-nous réduits à la tautologie, certes sublime : l'Etre est?
       Nous  pouvons avoir un élan pour l'(Etre nous créant, mode essentiel de l'Etre-pour-nous, par l'art, l'amour, la vie tout simplement.
       L'élan pour l'Etre devient pour nous l'Etre-pour-nous.
       La taotologie menace à nouveau. Nous confondons tout.
       Notre tautologie narcissique se divise d'une infinité de façons.
       Nous sommes divisés d'une infinité de façons.
       L'Elan pour l'Etre, donc l'Etre-pour-nous, se divisent et se divisent encore.
       Il est bon de faire de temps à autre un retour à l'Etre, l'Etre-pour-nous au delà de toutes les barrières, biologiques, linguistiques, culturelles...
       L'Idée de l'idée n'est plus, vague reflet , que l'idée pour nous.

X - L'Idée de l'Idée est un idéalisme absolu.
      Notre ignorance de l'Idée nous impose un matérialisme absolu.
      Nous ne rencontrons que des idées, mais ce sont des idées, matérielles, pratiques, réelles, coupées de l'Idée universelle.
       Nos idées les plus idéalistes ne sont que matière, sans doute organisée, même consciente.
       C'est dans l'obscurité de la matière que l'humain peut trouver sa lumière.
       Cette lumière sera le reflet de l'Idée qui a engendré la matière, qui y est donc incluse, voire enfermée et que nous ne voyons pas, que nous pressentons peut-être.
       Le chemin vers l'idéal n'est que matériel.

XI - L'Etre humain, l'être humain à son meilleur, ne recrée, toujours imparfaitement, l'Etre, l'Etre créant, l'Etre créant l'être humain, qu'historiquement.
       L'Etre humain, à son meilleur l'Etre humain de l'Etre, crée progressivement sa temporalité, son tempsespace, sa temporalité historique qui n'existent que pour lui.
       L'Etre humain ne sait toujours pas qu'il est Etre, reflet infime lointain, déformé de l'Etre.
       Cependant l'Etre humain est le seul idéal possible, car le moins séparé de l'Etre, pour les êtres humains, minables et dérisoires, qui ne sont apparemment que des existences.
       Ces existences, incertaines et provisoires, s'essentialisent en idoles multiples qui les éloignent davantage de l'Etre que la vision d'un caillou ou d'une plante grasse.
       La vanité humaine est le plus grand obstacle à l'Etre, à l'Etre pour êtres humains, à l'Etre-pour-nous.

XII - Si l'Etre est, hypothèse nécessaire pour que quelque chose soit, donc pour que nous soyons, même sous la forme d'existences furtives et périssables, si donc l'Etre est, s'il y a de l'Etre, cette idée de l'Etre se respecte, même sur le mode du Peut-Etre, du Peut-Etre de l'Etre.
       L'idée de l'Etre se respecte alors que nous ne la connaissons pas, qu'au mieux nous ne savons pas si nous la connaissons et si nous pouvons la connaître, même sous la forma la plus simple de l'Etre-pour-nous, de l'Etre historique créant les humains.
       Peu d'êtres humains respectent l'Etre.
       Ils s'ingénient à s'en abstraire pour le remplacer par leur négligence remplie d'occupations vaines. Ils ne respectent même pas les Dieux et le Dieux qu'ils ont créés.
       L'Etre est laîc.

XIII - L'Etre humain est existence, hors de l'essence. Seule l'essence cependant le rend possible.
       Les êtres humains ne pensent que par catégories. L'Etre échappe à ces catégories.
       L'existence hors de l'essence est liberté, liberté absurde, mais réelle.
       L'essence dans l'existence est liberté plus grande, reflet de la puissance de l'Etre.
       La liberté essentielle est indescriptible, incompréhensible. Mais elle suscite la joie.
       Elle peut ne rester que virtuelle. Même consciente, elle risque d'être plus virtuelle que potentielle, plus potentielle que réelle.
       La liberté essentielle n'est qu'un espoir. C'est un espoir.
       Un espoir infime est bon à prendre pour nous désengluer de nos facticités, de nos quotidiennetés, de nos dérélictions, de nos bavardages, plus encore de nos exclusions réciproques.
       L'Etre est pour nous comme une sphère parfaite. Mais nous y mettons ce que nous voulons. Il s'agit d'une liberté multiple, malheureusement plus meurtrière que féconde.

XIV - Le fait que nous ne connaissions pas l'Etre ne l'empêche pas d'être.
       L'Etre-pour-nous est pour être. il existe.
       Nous ne sommes qu'un infime et infâme résidu de l'un des multiples développements de l'Etre qui ne sont pas Lui.
       L'éventuel Etre-pour-Etre de l'Etre, son existence incompréhensible par nous, infiniment mystérieuse, en fait positivité pure.
       L'Etre n'est négatif que pour créer, en fin de compte pour nous créer, ployant sous notre négativité, confondant négatif et positif .
       Les existences humaines sont de part en part historiques. L'essence de ces existences est Histoire. L'Histoire est contradictoire, combinant positif et négatif .
       L'Histoire reste liée à l'Etre. Le combat historique du négatif et du positif ne se déroule que sur fond de positif, sur fond d'Etre.
       La négativité absolue pour nous, la mort, n'est possible que par la vie. Il n'y a de mort que de la vie.

XV - L'Etre étant, étant pour Lui, c'est à dire existant, selon nos pauvres mots, est à l'opposé de nos existences qui croient exister pour elles-mêmes, ce que nous appelons conscience.
       L'Etre est inconscient, parfaitement objectif, existant pour Lui, mais inconscient de lui-même.
       La conscience divise, l'Etre en lui-même n'est pas divisé.
       L'Etre créant, se divisant pour créer, reste objectif. Hypothèse possible et nécessaire. L'Etre créant reste l'Etre.
       La conscience est le propre de l'être humain. Puissance de vérité, elle l'est aussi d'erreur.
       Au fond de jotre conscience subsiste le grand Inconscient, celui de l'Etre.
       L'Etre étant, nous ne pouvons pas nous en débarrasser, même si, au nom d'une religion quelconque, nous le transformons en cadavre pourrissant, même si nous ne savons rien de l'Etre, mises à part quelques hypothèses minimales, raisonnables, et encore...
       Nous ne pouvons pas nous débarrasser de l'Etre puisque nous sommes. Nous nenous réduisons pas dans notre être à nous-mêmes.
       Il est donc légitime de faire quelques projets sur l'Etre, aussi nombreux que l'Humanité elle-même.

XVI - Dans le domaine de l'Etre, il est necessaire de proposer les quelques hypothèses minimales qui sont possibles.
       Au delà, faire des projets sur l'Etre, possibles et non necessaires, c'est notre liberté, liberté d'ignorance, d'impuissance, se transformant en savoir et pouvoir, mais aussi liberté du raccrochement à l'Etre.
       Nous ne pouvons humainement, historiquement que faire des projets lilités sur l'Etre, faisant ainsi injure à sa toute puissance séminale.
       Nous faisons ainsi ce que nous pouvons faire.
       Ces projets limités sur l'illimité éventuellement nous aident.Ils nous aident davantage et nous réfléchissons à leurs limites.
       Ces limites proviennent non seulement du fond inconnu de l'Etre, mais aussi des limites apportées par la multiplicité légitime des projets sur l'Etre, parfaitement fondée sur notre imperfection, et encore des limites incluses dans chaque projet lui-même, vue partielle de ce qui n'est pas partiel.
       Aucun projet ontologique ne nie et encore moins ne réfute un autre projet.
       L'Etre ne parle pas, nous pensons le faire parler.

XVII - Nous ne connaissons pas l'Etre, en tout cas pas par catégories, concepts, idées humaines, claires et distinctes.
       L4hypothèse de l'Etre a l'étarnge statut d'hypothèse nécessaire, que nous ne pouvons pas ne pas faire logiquement. L'hypothèse de l'Etre est inéluctablement possible.
       L'hypothèse de l'Etre se dissémine dans ses aspects concrets, pratiques, matériels, réels.
       Nous ne connaissons pas la matière même si, échelon après échelon, nous progressons dans sa connaissance scientifique. Il subsiste une matière de la matière, un fond inconnu pour l'infiniment petit et l'infiniment grand, pour les particules infra-atomiques et les forces élémentaires de l'univers. Le fond inconnu ne nous empêche pas de parler d'énergie fondatrice de la matière.
       Ce qui est vrai de l'Etre, nécessairement possible, est vrai de tous les êtres que nous constituons historiquement, quitte à changer d'être.

XVIII - L'Etre est, donc nous sommes, je suis, etc...Nous ne pouvons pas dire l'inverse, je suis, nous sommes , donc l'Etre est. Car nous savons à peine ce que nous sommes, nous confondons existence et essence, nous essentialisons l'existence.
       L'Etre est, donc nous sommes. Le fait que je sois, que j'existe, ne suffit pas, comme le montre entre autres notre langage que personne n'a inventé, qui dépend d'une foule d'influences.
       Nous sommes. Il est donc essentiel d'attribuer l'humanité, c'est-à-dire l' Etre humain, à chaque être humain, quitte à la lui enlever partiellement si cet être devenu inhumain, enlève leur humanité aux autres êtres humains ou à certaines catégories d'entre eux.
       L'essentiel est que, pour être humain, il nous faut une société et d'autres êtres humains, y compris dans un rapport conflictuel.
       L'Etre pour les êtres humains est social.
       Nous en sommes quittes à critiquer âprement cet être social qui n'est que caricarure.

XIX - Nous sommes victimes d'un gigantesque refoulement de l'ontologique, que ce soit dans l'absence des références à l'Etre ou dans la prolifération cancéreuse des références délètères.
       L'être humain n'existe que dans la confrontation avec les idées, autres idées, idées des autres, idées anciennes, idées contemporaines, qui le fondent au prix d'un effort afin qu'il trouve authentiquement les siennes. Fondé socialement, cet effort est personnel.
       Cet effort personnel est social et historique.
       Fondée sur des contradictions épouvantables, des exclusions et des intolérances réciproques, des massacres en série, l'Histoire fait peur.
       Nous ne devons jamais oublier, que s'il y a de l'Etre, tant que notre histoire continue, le négatif est secondaire par rapport au positif, que le négatif est paradoxalement positif pour rendre possible le développement de l'Etre-pour-nous, de l'Etre historique de l'humain. Il y a de quoi espérer.
       L'espoir est possible . il est nécessaire.

XX - Si l'Etre est, nous appartenons tous à l'Etre. Tous, du plus petit atome à la nébuleuse la plus grande, du moindre animalcule au plus beau des génies humains.
       Cette appartenance commune nous donne à tous une égalité, certes dérisoire, paradoxale, devant l'Etre.
       L'Etre dans son objectivité, ne hiérarchise pas les êtres, les existences.
       Cette appartenance essentielle de tous à l'Etre nous intime le respect.
       Si l'Etre est et il ne peut qu'être pour que quelque chose soit, il y a au fond de nous l'Etre dont nous ne savons pas ce qu'il est. L'être humain se trouve en face d'un insondable mystère, lui-même, il ne sait trop qu'en faire.
       Il lui reste à construire un avenir historique dans lequel chacun pourra se retrouver face à l'Etre qu'il est et qu'il n'est pas, qu'il devient peut-être dans son humanité, qu'il devine peut-être mais qu'il ne connait pas .
       Le combat de l'humain avec l'Etre qui est son Etre est toujours douteux et parfois beau.

XXI - Si la matière existait comme En-Soi, elle serait totalement incompréhensible et même irrationnelle. Si nous admettons qu'elle n'est qu'une idée gouvernée par d'autres idées et les gouvernant dans un ensemble interactif d'idées objectives, dont la clé est l'idée des idées, l'Etre, forme des formes, tout s'éclaire même si nous n'en savons pas plus, même s'il est pratiquement impossible que nous en sachions plus.
       Il reste à l'être humain dans la diversité progressive de ses pratiques techniques et scientifiques, à créer le temps et l'espace pour lui, le temps historique et le temps vu comme espace historique, et à les attribuer à l'énergie, la matière, la vie, à l'univers, son univers que nous appelons Cosmos.

XXII - Si l'Etre est, ce qui est logiquement necessaire pour que quelque chose soit, pour créer, il a du objectivement se séparer de lui-même, pour créer tout ce qui existe et tout ce qui peut exister, dans la négation et la division.
       Si l'Etre est créateur, pour créer, il a uyilisé la négation, la division, c'est-à-dire en langage humain le mal et la mort.
       Le mal et la mort sont indispensables pour la création de l'Etre-pour-nous, pour nous humains.
       Négation, mal et mort se transforment dans leur contraire, se métamorphosent en affirmations positives pour qu'il y ait de l'Histoire, pour que l'énergie se cristallise en matière, niant apparemment l'énergie, pour que l'énergie et la matière se condensent en organisations vivantes, niant l'inertie, se combattant les unes les autres.
       Le mal et la mort sont la vie elle-même, vue du point de vue négatif.

XXIII - Etre, l'Etre, l'Etre est, postulat des postulats, que rien ne prouve à priori, que tout semble prouver à posteriori.
       Mais nous ne connaissons pas l'etre ou nous ne savons pas si nous le connaissons.
       l'Etre reste tapi au fond de nous. L'Etre n'est pas isolé.
       Pour reconstruire partiellement l'Etre avec nos faibles moyens, en Etre-pour-nous, nous devons respecter son alliance-pour-nous, son alliance historique du positif et du négatif. nous devons respecter le mystère qu'il demeure, recours suprême, antre de notre ultime liberté.
       L'Etre est, donc l'Etre est idée, pour nous généralement un nom, un mot, nom et mot problèmes.
       Si l'Etre est, nous transcendant de toutes parts alors que nous faisons partie de son immanence, de sa Réalisation mondaine, nous sommes et nous ne sommes pas, nous savons et nous ignorons donc nous existons.
       Indispensable, notre conscience est limitée, faillée, lacunaire, grevée de préjugés.
       En son coeurt notre conscience consiste à savoir et à savoir que l'on sait. Elle est Idée et idée de l'Idée dans le même mouvement.Elle est un dédoublement. Rien d'humain ne se réduit à l'unité.
       Parcelles infimes de l'Etre, nous ne sommes pas l'Etre. Aucune  existence n'est essence même si elle participe à l'essence.

XXIV - L'Etre est l'Idée des Idées. ce n'est pas un dédoublement.
       Comparaison n'est pas raison. pourtant l'Etre ressemble pour nous à une clef ouvrant toutes les serrures. Nous n'avons aucun moyen de connaître cette clef.
       L'etre est un. Nous nous contentons de penser qu'il y a de l'Etre. Nous ne comprenons pas cette phrase toute simple: il y a de l'Etre.
       Notre ignorance nous invite à multiplier les chemins vers l'Etre.
       Nous pouvons ne voir dans l'Etre que sa transcendance pour nous. L'Etre paraît au delà de nous. Nous créons historiqement le mode, le code métaphysique que nous attribuons à l'Etre.
       A la limite du rationnel et même au delà, nous pouvons imaginer de plus que la toute puissance de l'Etre-pour-nous le rend en lui-même objectif et subjectif, impersonnel et personnel. Le risque est que nos symboles, Dieu en tête, cachent l'Etre.
       De manière plus simple, nous pouvons imaginer l'Etre, l'Idée de l'Etre, l'Unité de l'Etre comme Unité de notre monde, de son Histoire, de ses diverses dimensions, du quark au Cosmos.
       Nous pouvons croire que l'unité de l'Etre est au coeur de notre expérience.
       Nous pouvons même penser que cette unité est au coeur de chaque phénomène, pour les humains, au coeur de chacun d'eux.
       Les difficultés sont si grandes, que nous pouvons renoncer à l'Etre, décidément inconnaissable, et nous résoudre à la multiplicité des expériences, des existences, des libertés.
       Le conflit cosmique entre le positif et le négatif, entre l'Etre et l'Etre comme Non-etre peut lui-même être envisagé de bien des façons.
       Tous ces choix se réalisent difficultueuesment au cours de nos histoires et de l'Histoire humaine.
       N'oublions jamais qu'aucun choix ontologique n'en nie un autre.

XXV - L'Etre est . C'est peut-être tout ce que nous pouvons en dire. Mais cela veut peut-être dire que l'Etre est partout, en nous et autour de nous.
       Nous pouvons garder, jusqu'à la mort y comprise, notre capacité d'étonnement et d'émerveillement devant l'Etre, l'Etre de l'idée, la multitude infinie pour nous de ses manifestations.
       Emerveillement et étonnement, intuition et raison, ne doivent céder à aucune usure du temps, à aucun échec concret.
       Le bourgeonnement de l'Etre, historique, inlassable, nous en sépare, mais nous en rapproche si nous le voulons.
       Dans la survie que nous confondons avec la vie, nous oublions émerveillement et étonnement. La simplicité inconnaissable de l'Etre est recouverte par nos détritus. Notre liberté n'est plus celle de l'Etre, mais celle, immensément vide, de nos dépressions intimes.
       Nous sombrons dans l'Etre. Ce naufrage désespéré est dépourvu de dignité ontologique sauf s'il atteint son propre fond, l'Etre, toujours l'Etre. Sinon, c'est la mort véritable, la mort de l'esprit.
       Rien ne nous est dû, nous devons tout à l'Etre. Le moindre être est porteur d'Etre. Le moindre être justifie émerveillement et étonnement.

XXVI - Un abîme s'ouvre dans notre discours. L'Etre s'enfuit. Il ne nous reste plus que nos pratiques empiriques. L'Etre est là et nous ne le voyons pas. N'oublions jamais cependant les prolégomènes de l'Etre, de l'Idée de l'idée, de l'Etre-pour-nous tels que nous les avons élaborés. Un retour périodique à l'idée de l'Etre fait beaucoup de bien.
       Etc...
       Etc...
       Etc...
       Le mal radical à échelle humaine est une erreur de logique, l'oubli de l'Etre.
       etc...
       Etc...
       Etc...
       L'Etre ne s'enseigne pas. mais nous pouvons l'apprendre puisque nous l'avons déjà. Nous avons l'Etre sans le savoir.
       Etc...
       Etc...
       Etc...

XXVII - Etre ou ne pas être, telle n'est pas la question. pour choisir de ne pas être, il faut être. la vie n'est jamais qu'une ruse, une danse avec la mort. Le Non-Etre est figure de l'Etre.
       Etc...
       Etc...
       Etc...
       L'Etre-pour-nous se manifeste dans l'histoire, le mouvement, le temps. Il se manifeste par ce qui le nie. C'est par la négation de l'Etre que nous pouvons retrouver quelque chose de l'Etre.
       Etc...
       Etc...
       Etc...
       Nous sommes aujourd'hui à la jonction entre deux millénaires, dans une phase de confusion. La philosophie n'est plus qu'une rhétorique de l'esprit qui apprend plus à parler qu'à réfléchir, qui enseigne davantage ses erreurs que sa vérité. La philosophie oublie l'Etre. il y a souvent de la vérité dans l'erreur. Que cent écoles rivalisent!, que cent fleurs éclosent!, dans un climat de tolérance réciproque. La tolérance est le chemin de l'Etre-pour-nous.
       Etc...
       Etc...
       Etc...

XXVIII - Notre désarroi, face au silence que nous attribuons à l'Etre, nous oblige à utiliser des codes à priori, logiques et moraux, de compréhension et de comportement. Ils ne sont fondés qu'en droit, dans leur universalité présumée;
       Souvent ces codes à priori sont notre seule bouée dans le naufrage des existences dépourvues de leur rapport à l'Etre, quelsqu'il soit;
       Etc...
       Etc...
       Etc...
       Ces codes à priori ont de commun avec l'etre qu'ils ne sont qu'idée et idée de l'Idée. mais ils ne sont que dans le Devoir Etre humain, logique et moral et pas dans l'Etre. L'être humain, ne sachant pas qui il est, se résigne au devoir-être formel à priori, sauveur d'universalité en soi, de comlexité au delà.
       Etc...
       Etc...
       Etc...

XXIX - Etc...
          Etc...
          Etc...
          Nul n'est tenu d'entrer dans une philosophie. Malheureusement les thèses que nous avons présentées se présentent comme une philosophie de plus alors qu'elles sont les prolégomènes de toute philosophie possible pourvu qu'elle soit compatible avec un jugement rationnel. Beaucoup de philosophies sont impossibles. L'impossible n'est pas philosophique.
       Etc...
       Etc...
       Etc...
       Ne sommes-nous que des étants étangs, des marais de notre âme, plus étranges qu'êtres ?
       L'âme, notre unité n'est plus celle de notre être.
       Nous réduirons-nous aux libres existences sans âme, putides et absurdes, dépourvues de leur essence, leur être?
       Etc...
       Etc...
       Etc...
       Il n'y a pas pour nous de suture sauf mystique, c'est à dire poétique, entre l'Etre et l'Etre-pour-nous, entre le Code ontologique des Codes de l'Etre et la multiplicité historique des codes de nos codes, des principes de nos codes.
       Il n'y a plus de couture entre essence et existence. Les ponts sont rmpus. L'Etre est humilié.
       L'Etre est en lui-même Devoir-Etre. L'Etre est en lui le Devoir-Etre de son Etre.
       Nous glissons aisément, trop aisément souvent, de notre être hypothétique au devoir-être humain.
       L'Etre-au-Monde, l'Etre-pour-nous est un concept impossible et necessaire.
       Etc...
       Etc...
       Etc...

XXX - Etc...
          Etc...
          Etc...
          Le rapport poétique avec l'Etre implique un mauvais rapport avec les humains. Nous avons de la chance dans notre malheur. Nous ne tenons pas longtemps dans l'unité rêvée de l'Etre.
       Etc...
       Etc...
       Etc...
       L'Etre s'effiloche. N'y-a-t-il de vrai , de réel que de l'etc...de l'e caetera?... Deux et deux sont quatre et quatre et quatre sont huit... Les araignées ne sont pas des insectes...Louis XIV était roi de France...Sois avec autrui comme tu veux qu'il soit avec toi...Etc...
       Etc...
       Etc...
       Etc...
       Etc...
       Etc...Etc...Etc........................................................................................................................
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                                                                   GD


      
      
      
      
      
        
   


      

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