Jean Ignace Froissard de Broissia (1627-1694)
Membre fondateur et recteur de la confrérie de Saint-Claude des Bourguignons à Rome

Jean-Marie Thiébaud

Jean Ignace Froissard de Broissia (1627-1694)
Membre fondateur et recteur de la confrérie de Saint-Claude des Bourguignons à Rome
par le docteur Jean-Marie Thiébaud
Né à Dole (Jura) le 15.05.1627, † à Besançon (Doubs) le 19.05.1694, Jean Ignace Froissard de Broissia, était fils de Jean Simon Froissard, né à Saint-Oyand (Saint-Claude) (Jura) le 15.05.1586, † à Dole (Jura) le 31.12.1670, créé chevalier par Philippe, roi d'Espagne, en vertu de lettres patentes datées de Madrid (24.03.1629), seigneur de Broissia, Montagna, Molamboz, Châtenois et autres lieux, maître des requêtes au Parlement de Dole, et de Bonaventure du Moulin († en 1646), mariés le 24 juin 1614. Son frère, Jean Froissard de Broissia, conseiller maître des requêtes au Parlement de Dole, obtint l'érection en marquisat de ses terres de Châtenois (Jura), Bellecin (commune actuelle du Bourget, Jura), Fontenelle (commune actuelle de Fontenelle-Montby, Doubs), Molamboz (Jura), Maisod (Jura), Rantechaux (Doubs) et dépendances, par lettres patentes de 1697 (Bibliothèque municipale de Besançon, collection Boisot, ms 1203 ; Archives départementales du Doubs, n° B - Chambre des Comptes - 651, fol. 119, 120 v° et suivantes : dénombrement de ce marquisat).
Prieur de Vaux-sur-Poligny (Jura) dès 1650, Jean Ignace Froissard de Broissia se rendit à Rome la même année pour étudier chez les jésuites et devint aussitôt membre fondateur de la confrérie de Saint-Claude des Bourguignons de Franche-Comté (fondée dans la Ville éternelle le 29 août 1650). Reçu docteur en théologie, il revint à plusieurs reprises en Franche-Comté et cumula les prébendes ecclésiastiques devenant aussi prieur de Fay (Fay-en-Montagne, Jura) et Laval (Doubs)1 et chanoine de l'église métropolitaine de Besançon. En 1660, il soutint avec succès une thèse de doctorat en droit. Trois ans plus tard, il était recteur de la confrérie de Saint-Claude des Bourguignons à Rome.
En 1666, il fut nommé abbé commendataire de l'abbaye cistercienne de Cherlieu (Montigny-les-Cherlieu, Haute-Saône) et le demeurera jusqu'à sa mort. Au retour d'un de ses nombreux voyages à Rome, il reçut la charge de grand chantre de la cathédrale de Besançon. C'est en qualité d'abbé commendataire de Cherlieu qu'il se rendit en 1680 auprès du pape Innocent XI, pour défendre quelques intérêts de cet établissement. Ayant pleinement réussi sa mission, le Souverain Pontife le mit au nombre de ses camériers.
À la date du mardi 6 novembre 1674, après la seconde conquête de la Franche-Comté par les troupes de Louis XIV, on peut lire dans les registres des délibérations municipales de Besançon : "M. de Broissia, abbé de Cherlieu et grand-chantre de l'insigne chapitre [métropolitain de Besançon], ayant visité M. le Président pour faire compliment à Messieurs et à leur faire sçavoir qu'il s'en va à Rome où il leur a offert ses services, Messieurs ont commis le sieur avocat fiscal pour l'en aller remercier et luy souhaitter bon voyage."
Par son testament du 10.03.1689, l'abbé Jean Ignace Froissard de Broissia "donna une partie de ses biens pour servir à la fondation, dans la ville de Dole [dans son hôtel de la rue des Chevannes], d'un séminaire ou collège semblable au collège Salviati, à Rome, dans lequel seraient élevés dix-huit jeunes petits garçons orphelins de père et de mère, nés en légitime mariage et baptisés au comté de Bourgogne". Plus tard, un de ses parents enrichit la fondation de sept bourses supplémentaires.
Son portrait, dans un cadre ovale est conservé au château de Bersaillin (Jura) et a été inscrit monument historique en 1981.
Charles Froissard de Broissia, neveu de Jean Ignace Froissard de Broissia, sera jésuite missionnaire en Chine. Il mourra près de Pékin le 18.10.1704 après avoir fondé six nouveaux postes catholiques.
Armoiries : d'azur au cerf passant d'or.
1 Il succédait à son oncle, Claude François Froissard, conseiller au Parlement de Dole, chanoine de l'église métropolitaine de Besançon, prieur de Laval depuis 1602.

Jean-Marie Thiébaud


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