Les registres m’ont ramené jusqu’au XVIe siècle. Une suite de noms, de dates, de villages. Naissances, alliances, départs. Peu à peu, une géographie s’est dessinée : le bassin de la Canche, ses affluents — la Course, les Baîllons, l’Embrienne, la Créquoise, la Bimoise, la Ternoise. Rien sur les maisons. Rien sur les paysages. Au printemps 2024, alors que l’hiver tenait encore, j’ai quitté les salles d’archives. J’ai suivi les cours d’eau, longé les biefs pleins, contourné les collines d’A...
Les registres m’ont ramené jusqu’au XVIe siècle. Une suite de noms, de dates, de villages. Naissances, alliances, départs. Peu à peu, une géographie s’est dessinée : le bassin de la Canche, ses affluents — la Course, les Baîllons, l’Embrienne, la Créquoise, la Bimoise, la Ternoise. Rien sur les maisons. Rien sur les paysages. Au printemps 2024, alors que l’hiver tenait encore, j’ai quitté les salles d’archives. J’ai suivi les cours d’eau, longé les biefs pleins, contourné les collines d’Artois. Toujours hors de l’asphalte. Cinquante villages. Trois cents kilomètres. À pied. Je ne savais pas ce que je cherchais.
Emmanuel Ranson explore avec sensibilité les liens qui unissent les êtres à leur terre, à leur histoire et à leur mémoire. Dans ce récit, il revient sur les derniers mois passés auprès de son père. Au fil de leurs échanges se mêlent souvenirs, confidences et la nécessité de remonter le chemin de ceux qui les ont précédés. Une quête intime au cœur de la transmission et des racines, portée par une écriture juste et lumineuse. Un hommage à celles et ceux dont nous poursuivons, souvent sans le savoir, les pas.