Revue des travaux et ouvrages d'Emile Jalley (octobre 2017)

Emile Jalley

Revue des Travaux et ouvrages d'Émile Jalley
Le savoir humain est comme un arbre, dont les racines puis le tronc sont les savoirs sur l'esprit inconscient et conscient, les branches qui sortent de ce tronc étant les sciences formelles, les sciences de la nature et les sciences de l'homme, le feuillage de l'arbre se formant alors de l'entrelacement de leurs applications techniques et pratiques particulières.
Revue des Travaux et ouvrages d'Émile Jalley
Émile Jalley (né en 1935) est un enseignant chercheur français qui a produit ses travaux dans les trois champs de l'histoire et de l'épistémologie de la psychanalyse et de la psychologie, ainsi que de la philosophie. Professeur émérite de psychologie clinique et d'épistémologie à l'Université Paris-Nord, il est ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de philosophie, psychologue diplômé d'État.
Entre les années 1980 et 2006, il s'est fait d'abord connaître comme un chercheur spécialisé dans les études historiques surtout sur Wallon en même temps aussi que Freud et Piaget, de même que sur l'histoire de la psychanalyse et de la psychologie en France (1981, 1982, 1990, 1998, 2006, 2006). Ces travaux, amorcés dès la période 1968, ont abouti dans la période toute récente (2015) par la publication en 2015 de 7 volumes d' "Œuvres de Henri Wallon" comprenant une grande partie de l'œuvre jusqu'ici non republiée d'Henri Wallon et de son épouse Germaine Wallon-Rousset (Œuvres 1 à 7, soit environ 3200 pages).
Entre 2004 et 2014, il s'est consacré au vaste projet d'une Critique générale de la psychologie scientifique et des neurosciences contempo-raines, menée en vue d'une défense argumentée de l'importance de la psychanalyse dans les sciences humaines et la culture françaises et européennes (27 volumes : 2004, 2006, 2007, 2008, 2010, 2011, 2013, 2014, 2015).
Il est intervenu également de manière très active dans la confron-tation avec l'événement Onfray dans la période 2010-2011 (5 volumes parus depuis juin 2010, soit 980 pages), mais en élargissant cette question d'aspect local vers l'analyse d'une configuration de crise plus vaste et multiforme : opposition d'une contre-université à l'université officielle, débat sur le statut de la psychanalyse au sein des sciences humaines et des autres sciences, conflit social et politique larvé, avec divergence déjà fort sensible entre une tendance plus populaire et une autre plus traditionnelle de la culture.
Cependant, il s'est agi toujours aussi pour lui, encore bien au-delà, depuis cette date, de continuer à toujours prendre en compte l'actualité d'autres questions tout aussi urgentes, dans la crise française en cours des champs pédagogique, culturel, idéologique et philosophique, scientifique, biomédical, institutionnel et politique.
De ce point de vue, sa critique s'est dirigée en particulier contre le Rapport Inserm 2003, le Livre Noir de la psychanalyse (2004), les nouvelles modalités de l'évaluation en psychologie (2009), les deux pamphlets de Michel Onfray sur Freud (2010), les législations néfastes dressant la nouvelle psychiatrie contre la psychanalyse universitaire (2010, 2011), la polémique sur la question de l'autisme (2012). Il a commenté et traduit (2011) les Nouveaux Manifestes paru contre le DSM et la psychiatrie réductionniste (Paris, Italie, Espagne, Argentine, Brésil).
Puis il s'est orienté, à partir d'une reprise de l'histoire de la philosophie moderne (de Kant à Hegel, 2013), vers la question de la crise générale de la philosophie en France depuis les années 1980 (2013, 2014), de même que la prise en compte de certaines questions d'actualité dans ce champ (le phénomène Lacan, 2014 ; le débat français sur la théorie du genre, 2014 ; l'irruption du météore Piketty, 2014), sans parler de son intérêt pour l'histoire de la psychanalyse, de la psychologie et l'actualisation de leurs textes, (Sándor Radó, 2014 ; le Congrès de Marienbad 1936, 2015 ; Karl Bühler, 2015), comme aussi pour la philosophie plus ancienne (XVIIIe s. : Lessing-Reimarus, 2015 ; Fichte 2016 ; Hegel 2017).
La traduction et le commentaire de l'œuvre de Karl Bühler sur "Le développement psychologique de l'enfant" (1918) font découvrir un champ très étendu de la psychologie allemande, en partie antérieur aux travaux francophones en ce domaine (Wallon, Piaget) (2015).
La crise de la philosophie, comme des sciences humaines s'insère dans le cadre d'une crise sociale généralisée dont dépend celle du système éducatif, à laquelle se relie la question de "La réforme du collège. Sauver l'école, une question de vie ou de mort" (2015).
La traduction et le commentaire de l'œuvre de J. G. Fichte sur "La doctrine de la science" (1791) est un moyen de bien saisir le problème de philosophie politique et économique posé par l'existence contemporaine d'une Pangermanie (2015).
La nouvelle traduction et le commentaire de la "Phénoménologie de l'esprit" de Hegel offrent l'occasion de lever un refoulement ambiant désastreux, issu des années 70, pour enfin ressaisir l'ensemble des fondations créées par ce Titan pour une Encyclopédie des savoirs modernes (2017), dont le développement reste une tâche d'actualité.
Enfin, il convenait de rendre un hommage mérité à Gilbert Simondon (2017), un philosophe et psychologue français (1924-1989), patron d'Émile Jalley pendant 20 ans à René Descartes Paris V, dont l'œuvre puissante et originale n'a jamais été vraiment reconnue par la nouvelle barbarie installée par les psychologues, qui ont au contraire contrarié autant qu'ils ont pu sa carrière, dans un climat de guerre universitaire parisienne, par ailleurs très symptomatique de l'effondrement national progressif dès les années 1968 de toute l'institution éducative en France.
Ouvrages individuels (37), collectifs (40), environ 13 500 pages, éditions (24 volumes, 6300 pages), soit 101 titres pour environ 20 000 pages depuis le début de sa carrière en 1961, soit l'une des œuvres les plus importantes en volume dans le champ des disciplines psychologiques et épistémologiques depuis une trentaine d'années.
emile.jalley@wanadoo.fr ; Wikipédia
Malgré tout, les quelques tentatives faites par Émile Jalley pour produire le concernant une notice Wikipédia se sont heurtées pendant de longues années à une fin de non-recevoir venue de Big Brother. Cette notice a été récemment créée, mais elle reste encore très incomplète du fait de ne pas rendre compte complétement du versant important de l'œuvre de l'auteur consacré à la philosophie.
1. Wallon lecteur de Freud et Piaget. Trois études suivis des textes de Wallon sur la psychanalyse, Paris, Éditions sociales, 1981, 561 pages. WLPF.
Wallon, Freud et Piaget sont à des titres divers, et dans des styles divers, les trois dialecticiens dont s'illustrent jusqu'ici la psychologie moderne. L'intérêt que le public porte à ces trois auteurs tient entre autres au fait qu'ils ont permis à l'homme de se comprendre lui-même à partir de sa propre enfance.
L'ouvrage d'Émile Jalley s'inscrit pleinement dans les grands débats, les affrontements qui ont actuellement lieu dans le champ de la psychologie, de la pédagogie et des sciences humaines en général. Sa démarche - Confronter les trois grands fondateurs de la psychologie de l'enfant - est totalement inédite, et en fait un livre de référence indispensable à tous ceux que ne laissent pas indifférents les questions fondamentales de la psychogenèse, les ressorts du devenir humain…
En évitant tout cadre rigide, toute allure systématique, l'auteur met à jour les liens, les correspondances, les parentés et disparités structurales entre Wallon, Freud et Piaget.
Il étudie tour à tour les rapports méconnus de Wallon à la psychanalyse et à Freud, ses rapports à la dialectique matérialistes, qui sont, eux, bien connus, encore que la leçon en soit souvent mal comprise et souvent mal écoutée et rarement écoutée. Une troisième étude analyse, à partir des critiques formulées par Wallon, un certain nombre de questions épistémologiques concernant l'œuvre de Piaget.
Enfin, le lecteur trouvera pour la première fois rassemblés les nombreux textes de Wallon sur la psychanalyse (environ 300 pages), dont une bonne moitié n'avait jamais été rééditée.
Émile Jalley est ancien élève de l'École Normale Supérieure, agrégé de philosophie, diplômé de l'Institut de psychologie de Paris. Il possède une formation psychanalytique et il est maître assistant à l'université René Descartes, Paris V.
2. Wallon : La Vie mentale, édition réalisée par Émile Jalley, Paris, Éditions sociales, 1982, 416, pp. 7-108, 373-416, 147 pages. VM 1.
Henri Wallon dans son époque/Introduction à la lecture de la Vie mentale par Émile Jalley/La Vie mentale par Henri Wallon/Index des noms/Index des matières/ Bibliographie/Index des termes techniques.
La Vie mentale représente aujourd'hui l'exposé le plus complet des conceptions psychologiques d'Henri Wallon. Ce texte, paru en 1938 dans l'Encyclopédie française, n'avait jamais été publié sous d'autres formes. Le travail d'Émile Jalley, maître assistant à l'Université René Descartes, Paris V, permet enfin à tous d'accéder à cette œuvre maîtresse - et pourtant inconnue - d'un de nos plus grands psychologues de l'enfance.
3. Henri Wallon : La vida mental, Introducción y edición de Émile Jalley, Editorial Crítica, Grupo editorial Grijalbo, Barcelona, 1985, 290 pages, pp. 7-24, 253-290, 57 pages. VM 2.
Henri Wallon (1879-1962) que fue, junto a Freud y Piaget, fundador de la psicologia cientifica, escribiô esta obra para la Ency-clopédie française, donde fue publicada en 1938. Ahora se édita, por primera vez, en forma de libro. La vida mental es una sintesis exhaustiva, un inventario completo, claro y accesible de las concepciones de Wallon en el conjunto de los campos de la psicologia : no ya en psicologia genética, sino también en neurofisiologia, psicopatologia del nino y del adulto, psi¬cologia escolar, psicologia social, psicologia del anciano, etc. La vida mental sera, desde ahora, referencia inexcusable para todo aquel que desee adentrarse en el estudio de las teorias cientifîcas del gran psicôlogo francés. (Ediciôn y prôlogo de Émile Jalley.)
4. "Wallon Henri" : Encyclopaedia Universalis, tome 18, Paris, 1985. EU 1985.
De la médecine à la psychologie. Les stades du développement de la personnalité. Alternance et intégration. Actualité de Wallon.
5. "Wilfred Bion" : ibid., tome 4, 1989. EU 1989 a.
L'étude psychanalytique des groupes. La psychose. La pensée.
6. "Concept d'opposition" : ibid., tome 16, 1989. EU 1989 b.
1. La philosophie critique et romantique allemande : Kant, Fichte, Schelling, Hegel, Freud et la pensée romantique.
2. La période contemporaine. La logique : Robert Blanché. La linguistique : de l'analyse lexicale à la phonologie de Jakobson. L'anthro-pologie : Claude Lévi-Strauss. La psychologie de l'enfant : Wallon et Piaget.
7. "Psychanalyse et concept d'opposition" : ibid., tome 19, 1989. EU 1989 c.
Le traitement des contraires dans le travail du rêve. Du sens opposé des mots primitifs. Principe de contraste et représentation indirecte. Les formes classiques du dualisme freudien. La polarité du jugement. Les couples opposés de pulsions partielles. Couples d'opposés et polarités dans la genèse du moi. De la psychanalyse du jeune enfant à Lacan.
8. "Psychologie génétique" : ibid., tome 19, 1989. EU 1989 d.
Développement. Explication. Sujet. Affectivité. Autre-autrui. Continuité-discontinuité. Déséquilibre-équilibre : équilibre et équilibration selon Piaget, le principe freudien de constance. Différenciation-intégration. Antagonisme.
9. "Les stades du développement en psychologie de l'enfant et en psychanalyse" : ibid., Symposium, 1989. EU 1989 e.
Historique. Deux types d'approche et deux types de causalité. Continuité et discontinuité. Les stades comme réalité ou comme convention. Le concept psychanalytique de stade. Hypothèse d'un modèle général.
10. "Les grandes orientations de la psychologie actuelle" : Encyclopédie médicochirurgicale, Paris, Éditions techniques, 1989. EMC 1989 f.
Problèmes généraux. Diversité de la psychologie. L'ancienne source allemande. Aspects caractéristiques du XIXe siècle. Définitions multiples de la psychologie. Sources de diversification : objets, domaines scientifiques, méthodes, champs d'application. Historique sommaire : source philosophique, source "scientifique" : physiologie et physique, sources sociales : l'institution psychiatrique, sources sociales : le travail industriel, sources sociales : l'école, sources sociales : la complexification des mentalités. Panorama des grands domaines scientifiques de la psychologie : psychologie expérimentale, psychologie de l'enfant, psychologie clinique, psychologie différentielle, psychologie sociale. La psychologie appliquée : psychologie scolaire, psychologie du travail, psychologie médicale, psychologie du sport. Les métiers de la psychologie : enfance et famille, santé, école et formation continue, travail, justice, exercice libéral, l'enseignement de la psychologie en France.
11. "Wallon Henri 1879-1962" in : Encyclopédie Philosophique Universelle, III, Les Œuvres Philosophiques. Dictionnaire, Tome 2, Philosophie occidentale : 1889-1990, 1992, Pensées asiatiques, conceptualisation des sociétés traditionnelles, Répertoires, index, tables, PUF, 2016. EPU 1989 g.
L'enfant turbulent 1925. Les origines du caractère chez l'enfant 1934. L'évolution psychologique de l'enfant 1941. De l'acte à la pensée Essai de psychologie comparée 1942. Les origines de la pensée chez l'enfant 1945.
12. Henri Wallon : Psychologie et dialectique, (avec L. Maury), présentation de Liliane Maury, postface d'Émile Jalley, Paris, Messidor, 1990, 245 pages, pp. 189-245, 58 pages.
Postface : Une dialectique entre la nature et l'histoire… Une psychologie conflictuelle de la personne. La spirale et le miroir. Wallon, Lacan, Hegel, Marx, Engels.
In memoriam Jean Hyppolite et Jean Beaufret, professeurs de philosophie à l'École normale supérieure. Émile Jalley, juillet 1990.
Sommaire : 1.0 - Importance historique de l'œuvre de Wallon. 1.1 - De la médecine à la psychologie. 1.2 - Complexité du modèle dialectique de Wallon. 1.3 - le noyau rationnel de la dialectique. 1.4 - Le concept de polarité. 1.5 - le modèle hégélien de la dialectique. 1.6 - le paradigme hegélo-marxien de la contradiction. 1.7 - Le passage de la quantité à la qualité. 1.8 - la négation de la négation. 1.9 - Unité de l'antagonisme et du non-antagonisme. 2.0. - Le modèle wallonien de la genèse de la personnalité. 2.1 - La spirale du devenir mental. 2.2. - La structure en miroir des paliers de l'identification. 2.3 - Résumé et conclusion.
Cet ouvrage, préparé et présenté par Liliane Maury et Émile Jalley, rassemble seize textes du célèbre psychologue français Henri Wallon. Ces contributions ou articles de revues, jamais rééditées depuis leur première parution, englobent les années 1926-1961. C'est dire qu'ils rendent compte de l'évolution de leur auteur. Ce choix correspond à trois axes différents de pensée. Un premier groupe est centré sur la psychologie de l'enfant ; il y est particulièrement question du développement de la personnalité. Un deuxième ensemble concerne les questions d'ordre historique et épistémologique touchant le rôle de la psychologie en tant que science. Le troisième regroupement envisage les applications de la psychologie aux sciences pédagogiques. On y trouvera par exemple un texte important dans lequel est posée la question essentielle de l'orientation scolaire.
Liliane Maury, chercheur au CNRS et docteur en psychologie, est chargée de cours à l'Université Paris XIII. Émile Jalley, ancien élève de l'École normale supérieure, est professeur de psychologie et d'épistémo-logie à l'université de Paris XIII.
13. Dictionnaire de la psychologie (Doron Roland, Parot Françoise), 72 articles d'Émile Jalley, Paris, PUF, 1991, 761 pages. DPDP 1991.
Adolescence - Affectivité - Alloplastique - Alternance fonctionnelle - Animisme - Antinomie - Attachement - Automatisme psychologique - Autoplastique - Autre - Biogénétique (Loi-) - Caractère - Comparaison - Complémen¬taire - Conscience gestuelle - Continuité - Contradiction - Corps - Couple (Pensée par-) - Crise - Définition - Dépendance - Dessin - Diachronie - Différenciation - Efficience - Enfant sauvage - Épiphénoménisme - Épistémologie - Équilibre - Espace mental - Fonctionnel - Geste - Groupement - Hérédité - Herméneutique - Histoire -Imaginaire - Instabilité - Intersubjectivité - Jeu - Jeux d'alternance - Linéarité - Main - Milieu - Mimétisme affectif - Mythe - Niveau - Objet - Palicinésie - Para-digme - Pensée - Positivisme - Posturale (Fonction-) - Posture - Prédisposition - Préhistoire - Préopération - Prépondérance - Prestance (Fonction de-) - Proprio-plastique (Activité-) - Réalisme enfantin - Réflexif - Sensori-moteur - Sociabilité Socialisation - Sublimation - Sujet - Surdimutité - Sympathie - Syncrétisme - Syndrome psychomoteur.
14. "Psychologie clinique" (en collaboration) : ibid., 1991, Encyclopédie Médico-Chirurgicale, 37032A10, 1-6, 6 pages. EMC 1991.
Expansion actuelle de la psychologie clinique. Sources : médecins et philosophes du XIXe siècle. Composantes historiques principales : psychologie différentielle et psychologie de l'enfant. Modèle américain : l'enfant, l'industrie, l'armée. Modèle français : psychologie de la vie quotidienne. Psychiatrie et psychopathologie. Psychologie pathologique. Psy-chanalyse. Psychologie médicale. Champ pratique. Recherche. Évolution en cours dans le domaine de la clinique.
15. Atlas de la psychologie (H. Benesch), direction de traduction de l'allemand avec augmentation, Paris, Livre de Poche, 1995, pp. 44-45, 298-299, 374-375, 416-417, 8 pages.
1. Le contexte professionnel en France. 2. Les métiers de la psychologie en France. 3. Le contexte et l'héritage de Piaget. 4. La psychanalyse de l'enfant. 5. Tendances de la psychologie clinique en France. 6. Techniques projectives et psychanalyse.
16. La psychologie moderne. Clartés, L'Encyclopédie, Les Lois de la Pensée, Philosophie, Linguistique, Sociologie, Religion. Les principes fondamentaux de la vie mentale, 1996, 16041-16043, 50 pages. PM 1996.
Le problème des origines de la psychologie. Les paradoxes de la psychologie. La psychopathologie. La psychologie clinique. La psychanalyse. La psychologie cognitive. Les domaines de la clinique. Les tendances actuelles.
17. Dictionnaire de la psychologie (W. D. Fröhlich), direction de traduction de l'allemand, adaptation et présentation, Paris, Livre de Poche, 1997, pp. 1-2.
18. "Psychanalyse, psychologie clinique et psychopathologie" : in Psychologie clinique et psychopathologie (R. Samacher et col.), Paris, Bréal, 1998, 15-60, 46 pages.
La psychanalyse. 1 - Le contexte français. A - L'expansion. B - Les raisons de cet intérêt. C. - La psychanalyse française. 2 - Le modèle lacanien. A - La structuration du sujet. B - Chaîne signifiante. C. - La critique des idéaux normatifs. 3. - Didier Anzieu. A - Une autre tradition. B - Le moi-peau. C - Le penser.
La psychologie clinique. 1 - L'expansion professionnelle. 2 - La spécificité française. A - L'humanisme. B - La psychanalyse. C - La personnalité. D - La nouvelle psychologie. 3 - La période 1950-1975. A - La médecine. B - La philosophie. À l'intérieur de la psychologie. 4 - Définitions récentes. A - Approfondissements théoriques. B - Perspectives méthodologiques. C - Formulations récentes. D - Conclusion. 5 - Le psychologue clinicien. A - Ses fonctions. B - Son attitude professionnelle.
La psychopathologie. 1. Repères généraux. A - Psychopathologie et psychologie pathologique. B -Psychopathologie et psychiatrie. C - Diversité des approches. 2 - L'approche humaniste. A - La psychopathologie psychanalytique. B - La psychopathologie structuraliste. C - La psychopathologie phénoménologique. D - La psychopathologie existentialiste. 3 - L'approche naturaliste. A - La psychopathologie athéorique. B - La psychopathologie béhavioriste. C - La psychopathologie biologique. D - La psychopathologie cognitiviste. E - La psychopathologie expérimentale. 4 - L'approche environnementaliste. A - La psychopathologie développementale. B - La psychopathologie écosystémique. C - L'ethnopsychopathologie. D - La psychopathologie éthologique. E - La psychopathologie sociale. F - Autres tendances.
19. Freud Wallon Lacan. L'enfant au miroir, Paris, E.P.E.L., 1998, 389 pages. FWL.
Le "stade du miroir" est lié à juste titre au nom de Jacques Lacan.
Les travaux d'Émile Jalley nous amènent à réfléchir sur les antécédents multiples de ce qui compose ce célèbre "stade du miroir", tant dans les domaines de l'éthologie, de la phi¬losophie, de la psychologie que de la psychiatrie.
Émile Jalley nous livre son hypothèse, à savoir que le psycho¬logue de l'enfance, Henri Wallon, a occupé une position de relais de nature singulière entre Lacan d'une part, Freud et Hegel d'autre part. Que Lacan ait critiqué la dérive psycho¬logique de la psychanalyse, ne l'a pas empêché de tirer au préalable le meilleur parti de ce que lui offrait de plus consistant la psychologie française, en l'occurrence l'œuvre de Wallon. Cette perspective prend sa véritable signification en identifiant le champ de la pensée freudienne comme ter¬rain d'origine aussi bien de la pensée lacanienne que des descriptions walloniennes. Émile Jalley dispose cette toile de fond sur l'horizon plus lointain de la philosophie, en parti¬culier la philosophie romantique allemande.
20. Pierre Janet, in Olivier Douville et col. : Psychologie clinique tome 2. La psychologie clinique en dialogue, débats et enjeux, Émile Jalley : Janet, Paris, Dunod, 2001, 303 pages, pp. 52-57, 6 pages.
Biographie et contexte : 1. Quelques dates et repères. 2. Le comparatisme. 3. Un précurseur. A. Janet et la psychanalyse. B. Une psychologie de la conduite.
Une psychologie de l'activité et des conduites. 1. Deux modèles du psychisme. A. La "tension" psychologique. B. La "hiérarchie des tendances". 2. Implications psychothérapiques.
21. Henri Wallon : L'Évolution psychologique de l'enfant, Texte introduit par Émile Jalley, Paris, Armand Colin, 2002, pp. 1-32, 182-187, 40 pages.
Introduction : Henri Wallon, pionnier de la recherche en psychologie de l'enfant. La construction d'une méthode. Organisation de l'ouvrage. La préface. Première partie. Ch. 1 : L'enfant et l'adulte. Ch. 2 : Comment étudier l'enfant ? Ch. 3 : Les facteurs du développement psychique. Deuxième partie : Les activités de l'enfant et son évolution mentale. Ch. 4 : L'acte et l'effet. Ch. 5 : Le jeu. Ch. 6 : Les disciplines mentales. Ch. 7 : Les alternances fonctionnelles. Troisième partie : Niveaux fonctionnels. Ch. 8 : Les domaines fonctionnels : stades et types. Ch. 9 : L'affectivité. Ch. 10 : L'acte moteur. Ch. 11 : La connaissance. Ch. 12 : La personne. La conclusion.
Henri Wallon, disparu en 1962, a été le grand fondateur en France de la psychologie moderne de l'enfant. Sans négliger, pour d'autres pays, le Suisse Jean Piaget, Arnold Gesell aux États-Unis, et bien entendu, Sigmund Freud et Charlotte Bühler pour l'aire de langue allemande. L'œuvre de Wallon occupe donc une part importante dans l'héritage original et caractéristique de la psychologie européenne, lui-même d'une grande valeur actuelle et potentielle pour l'enseignant, le chercheur, l'étudiant, et en général le lecteur contemporain.
Outre cela, L'Évolution psychologique de l'enfant (1941) représente l'exposé le plus synthétique et le plus complet de la pensée wallonienne. Du fait de la richesse interdisciplinaire de ses perspectives multiples, cet ouvrage reste d'un intérêt majeur, au-delà même de la psychologie de l'enfant, non seulement pour les psychologues des autres spécialités, mais aussi pour le public concerné par d'autres domaines du savoir, tels que les sciences de l'éducation, la psychanalyse, la médecine, les neurosciences, les sciences cognitives et, assurément, la philosophie.
23. La crise de la psychologie à l'université en France. 1. Origine et déterminisme, Paris, L'Harmattan, 2004, 530 pages. CPUF1.
À propos de cette "crise de la psychologie à l'université", deux ouvrages répondent au même titre mais avec des sous-titres et selon des angles différents. Complémentaires mais indépendants, ils peuvent être lus séparément. Dans ce premier volume, on s'interroge sur le réseau des toutes premières raisons historiques d'une telle crise dès 1945 puis 1968, tandis que dans un second, on étudiera ses mécanismes agissants dans la période plus récente depuis 1990.
Pour chacun de ces volumes, en dehors d'une lecture globale du li-vre, on peut centrer l'intérêt sur des perspectives variées, si l'on peut dire "à la carte", en utilisant les deux Index des matières et des noms.
Il apparaîtrait aujourd'hui que la mésentente évidente et profonde entre psychologie scientifique et psychologie clinique est due dans le cadre universitaire français à des circonstances historiques particulières, et encore relativement peu connues.
Des documents inédits en possession de l'auteur permettent de mieux comprendre actuellement pourquoi le psychanalyste Lagache a créé un système institutionnel où la psychanalyse s'entend si mal dans le cadre universitaire avec la psychologie objective. Élu non sans difficulté à La Sorbonne, il avait dû lancer un projet de licence en fait déjà préparé par son prédécesseur Guillaume (ch. 1, 2, 3, 4).
On le sait mieux à présent : c'est la psychanalyse qui s'est enchaînée elle-même voici quelque soixante années dans l'espace étroit de son actuel assujettissement universitaire.
Le niveau scientifique et culturel de nombre d'ouvrages de formation est d'une faiblesse vraiment inquiétante.
Aujourd'hui, hors de l'université, la psychologie clinique et la psy-chanalyse préservent une certaine vitalité en recourant à l'auto-formation continue. Mais dans l'espace universitaire, les difficultés ne manquent pas pour la psychologie au niveau tant de l'enseignement que de la recherche : ainsi dans des livres produits depuis quelque temps en vue de la formation des étudiants, on relève avec incrédulité nombre de propos presque dignes parfois des trop fameuses "perles du baccalauréat" (ch. 16). On n'en citera par charité ni les titres ni les auteurs.
L'imitation des sciences dures par la psychologie objective a pour corollaire naturel le rejet ruineux pour elle de toute perspective historique, dont la fécondité des premières peut à la rigueur se passer sans dommage important.
De fait, la psychologie objective reste confrontée à l'incapacité d'at-teindre un objet toujours convoité peu ou prou sur l'inaccessible modèle des sciences dures, et aussi à l'obstination malheureuse de rejeter toute référence ayant dépassé à peu près les dix ans (ch. 8, 9, 10) : la stérilité scientifique se joint alors inévitablement à l'inculture historique.
On recense dès lors des formes bizarres de répétition d'un passé mort qui mériteraient mieux le terme de copillage que celui de plagiat (ch. 12).
On peut voir aussi des laboratoires importants où l'on travaille encore avec des préjugés méthodologiques vieillis et critiqués depuis des décennies (ch. 14).
Vu ce bilan malheureusement sévère, la jeune génération est dans la position inconfortable de devoir aller de l'avant, en inventant son propre avenir. Il faudrait s'y faire : des erreurs irréversibles ont été commises qui ne permettront plus de repriser le tissu détérioré et dès l'origine mal taillé des institutions antérieures. On ne répare pas un panier de fruits gâtés. Ce n'est plus une question de "budget".
Cependant, des causes d'ordre plus général pèsent aussi sur l'ensemble de l'espace universitaire : le "choc financier" provoqué à long terme par le décret Savary de 1984 a introduit le phénomène très réel de la secondarisation de l'université (ch. 5, 6, 7).
S'y ajoute depuis quelques années une idéologie officielle, d'accent technologique et de tonalité bureaucratique, étouffante aussi bien pour les sciences de la nature que pour les sciences humaines, et qui vide progressivement l'espace institutionnel de toute espèce de signification, sans autre issue que toutes espèces imaginables de divertissement (ch. 17). Des textes significatifs de cet état d'esprit se trouvent déjà indéniablement dès l'année 2000, c'est-à-dire sous le pouvoir Jospin-Allègre.
24. La crise de la psychologie à l'université en France. 2. État des lieux depuis 1990, ibid., 2004, 514 pages, avec 17 tableaux de données numériques, Index des Matières et des Noms. CPUF2.
Ce second tome du même ouvrage, comme déjà mentionné, étudie les mécanismes actuels, mis en jeu dès la décennie 1990, de la "crise de la psychologie" dans le cadre particulier de l'université française.
Il existe aujourd'hui un contraste entre la vitalité expansive de la psychologie - même si la qualité en est parfois discutée - (revues populaires, thérapies, coaching) en dehors de l'université et sa situation critique à l'intérieur de l'université.
Ce problème doit d'abord être traité par des moyens spécifiques, à partir d'une réforme de l'espace institutionnel de la psychologie universitaire, et ce n'est pas l'organisation des professions de psychologues, pourtant nécessaire, dans l'espace extérieur à l'université qui pourra y aider. Les praticiens et les étudiants sont les premiers à avoir intérêt à prendre conscience de cette grosse difficulté. Cette question d'une réforme nécessaire de l'espace universitaire reste très mal entendue, et même déniée de façon obstinée.
La baisse de la productivité scientifique des universitaires psychologues, mesurable par des indices quantitatifs précis dans tous les domaines principaux : articles, livres, directions de doctorats, est régulière depuis trente ans. L'imposition d'un carcan autoritaire dans le profilage des carrières depuis une quinzaine d'années (Savary 1984, CNU 1992) a encore joué un rôle accélérateur tout aussi mesurable dans cette détérioration de pente continue.
La "dynamique" néfaste de cette crise spécifique à l'espace universitaire s'exprime par une lutte acharnée, épuisante, et surtout stérile et sans résultat de qualité viable, entre la psychologie cognitive et la psychologie clinique. Cependant, celle-ci qui représente 28 % des psychologues à l'université, produit 60 % des publications et organise 60 % des colloques - avec un avancement moyen d'1/3 moins rapide -, se présente dans un état de sujétion doctrinale et politique de plus en plus marqué.
La formation universitaire des psychologues fonctionne aujourd'hui dans une institution de structure "dissymétrique" - en image inversée et contradictoire -, entre les deux espaces universitaire et professionnel, structure vicieuse construite au détriment durable de la psychologie clinique, et largement inadaptée aux besoins réels de la demande sociale.
Par ailleurs, la crise de la "psychologie à l'université" (PAU) peut servir de modèle d'essai utile pour aborder l'analyse de la crise de l'ensemble de l'université, un problème délicat et beaucoup moins étudié jusqu'ici que la crise dans les autres secteurs, primaire et secondaire, de l'Éducation nationale. Il s'agit probablement d'une crise répandue d'une manière inégale, selon un modèle "en peau de léopard", un état de choses qui requiert une étude par secteurs et repousse toute tentative de solution administrative standard et préformée, dont toutes les versions ont échoué depuis des années.
Un des aspects de la solution consisterait d'abord dans la réforme du modèle de carrière très démotivant imposé depuis 1984, et qui a fait subir une perte d'au moins 20 % de pouvoir d'achat à 75 % des professeurs d'université (salaires équivalents à ceux de l'Espagne et du Portugal, de l'Italie et de la Grèce, du Brésil, 2 à 3 fois inférieurs environ selon les cas à ceux de l'Allemagne, de la Suisse, de la Belgique et de l'Angleterre, 9 fois inférieurs à ceux des USA). Autrement rien n'y fera, malgré le leurre d'une soi-disant uniformisation européenne. À cet égard, la politique annoncée de réduction du personnel secondaire et à terme universitaire ne représenterait rien autre chose qu'une sorte de passage à l'acte supplémentaire de caractère encore plus fatal et même létal.
25. La psychanalyse et la psychologie aujourd'hui en France : 1 : La psychanalyse - 2 : La psychologie, Paris, Vuibert, 2006, 495 pages. PPAF.
La psychanalyse (1ère partie) est la seule "psychologie" qui ait réellement compté en France depuis 1950. De source et d'esprit européens, c'est en notre pays, sans négliger non plus l'Angleterre, qu'elle a connu pendant un demi-siècle ses développements les plus importants. Illustrée, outre Lacan et Anzieu, par une trentaine de créateurs de premier plan, elle s'y est développée largement en dehors de l'espace universitaire, alors que son implantation a toujours été mineure dans les études de psychologie à l'université. Ces propos sont peu habituels. On étudie en détail cette période particulièrement féconde de la psychanalyse française entre 1950 et 1980, formant l'école qui aura alors été la plus riche du monde, en dehors de la matrice viennoise initiale, dans cette branche du savoir, et qui l'égale aux périodes les plus représentatives et les plus glorieuses de notre génie culturel national - illustrée par exemple par la longue tradition des "Moralistes français".
En revanche, la psychologie objective (2ème partie), et ses diverses sous-disciplines : cognitive, sociale, développementale, différentielle, dès longtemps et de plus en plus sous l'obédience de la culture nord-américaine, dominent depuis soixante ans le champ de la psychologie universitaire, bien que de signification plutôt latérale dans les pratiques professionnelles, de couleur surtout clinique. Sans en être tout à fait absentes encore dans les années 50 à 80, les impulsions de langue française l'ont à peu près complètement désertée depuis.
Aujourd'hui, même si la psychologie clinique a beaucoup de vitalité professionnelle, on peut dire aussi que le souffle théorique novateur de la psychanalyse française a tendance à s'éteindre depuis une trentaine d'années. D'un autre côté, malgré la demande grandissante et décidée qu'en font les instances médiatique et politique, le paradigme des neurosciences, où cherche désormais abri la psychologie objective, présente souvent, à l'insu même de ses défenseurs, bien des résurgences d'une philosophie démodée du 19ième siècle.
À l'orée de la construction européenne, l'avenir des sciences psychologiques en France demeure incertain, assurément problématique. En tout cas, les réduire à la médecine ne serait qu'une trop ancienne et stérile tentation. Reste à attendre le printemps, dont le gage demeurerait l'intérêt constant aussi bien des médias que d'un vaste public. Dans une telle situation, qui laisse encore ouverte la perspective de voir renaître une psychologie de tradition européenne, notre ouvrage, plutôt que de tourner les choses au noir, préférerait se présenter comme Le livre blanc de la psychanalyse. Tout devrait dépendre de la dynamique réelle de sa politique de survie.
Le livre actuel n'a pas jusqu'ici de précédent à plus d'un titre. En effet, il représente une perspective "encyclopédique" à plusieurs niveaux. Tout d'abord il n'est pas coutume de traiter dans le même ouvrage ce qui concerne respectivement la psychanalyse et la psychologie. Ce parti pris scissionniste présente l'inconvénient de compromettre toutes les possibilités de dialogue objectif entre ces deux "camps" : or celui-ci reste nécessaire même s'il n'est pas toujours agréable. En deuxième lieu, il n'existait pas non plus d'ouvrage traitant de l'ensemble des courants de la psychanalyse française, qui a été et demeure d'une certaine manière un très riche secteur de la culture internationale, et dont la diversité liée à l'œuvre d'une trentaine (redisons-le) de créateurs de qualité notoire est mal connue, même en France. Enfin le camp de la psychologie objective est lui-même divisé en plusieurs sous disciplines, en diverses écoles et tendances aussi, qui n'ont plus guère l'habitude, si elles l'ont jamais eu, de s'exposer et d'être confrontées dans le cadre du même ouvrage.
Par ailleurs, l'ouvrage en question représente pour l'auteur une étape dans la tentative plus vaste d'une critique générale des disciplines psychologiques, en particulier de la psychologie objective. Dans cette perspective, s'il est facile de critiquer la psychanalyse, il l'est moins de critiquer la psychologie scientifique, dont un examen attentif montre que la scientificité est pour le moins à questionner de la façon la plus sérieuse.
Ce n'est qu'en apparence, par leurre, que l'affaire du "Livre noir de la psychanalyse", en septembre 1995, a concerné la question relativement limitée des psychothérapies, de types soit psychanalytique soit cognitivo-comportemental. En réalité cette affaire touche aussi à la confrontation entre la psychanalyse et l'ensemble des sciences cognitives-neurosciences - dont la psychologie et la nouvelle psychopathologie cognitive liée elle-même à la récente psychiatrie biologique -, et plus largement entre deux conceptions différentes de la culture occidentale, l'une de type anglo-américain, l'autre de souche européenne. C'est ce que les péripéties laborieuses de la construction européenne risqueraient de montrer progressivement de mieux en mieux.
Or, il est clair aussi, de ce dernier point de vue, que le dialogue en-core très actuel entre Wallon et Piaget, dont il va être question dans le prochain ouvrage, est impliqué dans ce débat.
26. Wallon et Piaget. Pour une critique de la psychologie contem-poraine, Paris, L'Harmattan, 2006, 497 pages. WP.
Wallon et Piaget sont les deux plus grands psychologues de la culture francophone et aussi européenne. Leur dialogue fécond qui a duré une cinquantaine d'années a posé toutes les grandes questions fondamentales de la psychologie moderne dont la négligence depuis une trentaine d'années est source pour la psychologie cognitive moderne de difficultés de plus en plus insolubles.
Ces points concernent la définition des facteurs du développement de la personnalité, l'étude des interactions dans celui-ci de la maturation biologique et de l'environnement social, du langage et de la pensée, de l'affectivité et de la cognition. On peut dire que toute la problématique de la psychologie moderne se trouve concentrée dans ces quelques lignes.
Le point probablement le plus intéressant de ce dialogue, et jamais mis en évidence jusqu'ici, consiste dans l'étroite complémentarité au plan des applications pédagogiques : Wallon analyserait plutôt la composante "littéraire", et Piaget davantage le composante "scientifique", d'où se forme le courant unique de la pensée de l'enfant puis de l'adulte.
27. La guerre des psys continue. La psychanalyse française en lutte, ibid., 2007, 512 pages. GPC.
La guerre des psys qui a été relancée plutôt que déclenchée par la parution en 2005 du Livre noir de la psychanalyse a déjà connu et connaîtra encore d'autres rebondissements.
Un retour à certains textes fondamentaux longtemps négligés de Freud devrait d'abord permettre à la psychanalyse française de mieux ajuster sa réplique à la publicité de la nouvelle biopsychiatrie DSM-TCC-Psychotropes, en situant plus clairement son attitude à l'égard de partenaires tels que la psychologie, la médecine et la philosophie (ch. 1-5).
On présente ensuite une analyse critique des principaux ouvrages et autres contributions qui ont proposé une réponse au Livre noir : É. Roudinesco : Pourquoi tant de haine ? Navarin, 2005 ; Philosophes dans la tourmente (Fa), 2005 ; J.-A. Miller et col : L'Antilivre noir de la psychanalyse, Seuil, 2005 ; T. Nathan et col. : La guerre des psys, Les empêcheurs de penser en rond, 2005 ; F. Chaumon et col. : Psychanalyse : vers une mise en ordre ? Paris, La Dispute, 2006 ; Y. Brès : Freud en liberté, Paris, Ellipses, 2006 (ch. 6, 7, 8).
Cette analyse devrait permettre de mieux comprendre en quoi et pourquoi le nouveau biopouvoir généticien et comportementaliste de source états-unienne qui se propose aujourd'hui a pour allié naturel le fondamentalisme cognitiviste. De ce point de vue, l'ouvrage envisage de poursuivre de manière conséquente la tâche essentielle, même si ce n'est pas la seule, d'une critique généralisée de la psychologie objective contemporaine, amorcée par nos précédents ouvrages et qui se poursuivra dans les suivants.
Une partie de la psychiatrie française de tradition psychanalytique présente encore un front de résistance vestigial, qu'il y a lieu de prendre en considération dans le conflit actuel avec le nouveau paradigme biologisant (ch. 9).
On évoque également certaines figures célèbres, anciennes et récentes, de la culture européenne : Descartes, Wallon, Althusser, Deleuze, Derrida, Canguilhem (ch. 10). Car ce sont bien nos racines culturelles européennes qui sont aujourd'hui menacées par le nouveau biopouvoir cognitiviste de source états-unienne (ch. 11).
28. Critique de la raison en psychologie. La psychologie scientifique est-elle une science ? Ibid., 2007, 511 pages. CRP.
L'ouvrage se situe dans la ligne d'une critique de la raison scientifique de type kantien, mais appliquée au champ d'étude considérable de la psychologie moderne. Kant a produit ses trois critiques de la raison (1, 2, 3) dans le cadre des sciences de la nature, surtout de la physique classique de Newton (1), de la biologie naissante (3), de la psychologie encore en projet (1), de l'art de vivre aussi (2, 3) et enfin de l'art (3) tout court. Son entreprise ne pouvait pas alors s'appliquer aux sciences humaines et parmi elles à la psychologie scientifique encore à naître. Notre livre poursuit de manière conséquente et encore approfondie l'entreprise d'une critique généralisée des disciplines psychologiques commencée dans nos précédents ouvrages.
Il s'agit pour nous essentiellement de démonter la Tour Eiffel du cognitivisme qui, tout en se présentant comme une science, est à bien des égards une nouvelle et excessive philosophie. Piaget avait déjà écrit une Épistémologie des sciences humaines, mais dont le contenu, antérieur à l'apparition du cognitivisme, remonte aujourd'hui à une soixantaine d'années.
Une critique de type kantien dénonce trois modes de dysfonctionnements dans la psychologie contemporaine : chosification, discours antinomique, transposition du possible en réel, dont un cas particulier est la prophétie auto-réalisatrice, la fameuse self-filfulling prophecy.
Kant distingue ces trois types d'argumentation sophistique dans sa Critique de la Raison pure (1781), dont le premier seul concernerait la science de l'esprit (psychologie), le second la science de la nature (cosmologie), et le troisième la doctrine de l'être suprême ou Idéal transcendantal (théologie). Or il nous a paru intéressant d'en démontrer l'application concernant de nombreux exemples dans le cadre de la psychologie scientifique moderne.
Le premier mécanisme, bien repéré aussi par Bergson, substantifie les processus en entités abstraites dont la référence au réel échappe, par exemple avec les facteurs de personnalité de Cattell, etc. Ce mécanisme, qui touche à l'excès fréquent du processus de catégorisation (critique de type K1), procède par identification introjective du réel en pur possible, en chose mentale vide.
Le second mécanisme (critique de type K2) engendre des modélisations divergentes jusqu'à la contradiction et dont la synthèse n'est a priori jamais garantie (modèles cognitivistes de la mémoire et de la compréhension du langage).
Le troisième mécanisme (critique de type K3) présuppose le résultat dans l'hypothèse et projette les prémisses dans la conclusion, ainsi dans les multiples cas dénoncés d' "attente de l'expérimentateur". À l'inverse du premier, il procède par identification projective du possible en réel.
Le troisième mécanisme, découvert d'abord par le sociologue R. B. Merton, puis le psychologue social Orne, et repris en économie par Keynes, s'avère par ailleurs comporter une illustration majeure dans la grande crise financière mondiale qui s'annonce et s'approfondit sans remède apparent dans la période actuelle : l'anticipation de la baisse des marchés boursiers est entre autres le mécanisme fatal qui en produit la réalisation.
29. La guerre de la psychanalyse ; 1. Hier, aujourd'hui, demain, ibid., 2008, 449 pages. GP1.
La guerre de la psychanalyse, celle qu'on lui fait mais celle aussi qu'elle a à faire, mettrait un terme à notre Critique générale de la psychologie contemporaine, parue en 8 volumes depuis 2004. Notre ouvrage actuel se compose de deux volumes, coordonnés mais qui peuvent être lus de manière indépendante.
Dans celui-ci, avec le sous-titre Hier, aujourd'hui, demain (tome 1), tout d'abord pour "aujourd'hui", on s'attache à recenser diverses perspectives en relation réciproque sur un champ de bataille très étendu : la phase finale du désastre de la psychologie clinique, opposée au bulletin de santé paradoxal d'une certaine psychanalyse orthodoxe (ch. 1, 2).
Puis les perspectives actuelles sur la crise à l'université (ch. 3).
Enfin le dialogue récent tissé entre un certain secteur des neurosciences en France - proposant un nouvel inconscient - et la psychanalyse (ch. 4).
Pour le passé - "hier", on envisage la question des antécédents de la psychanalyse et de la psychologie à travers toute l'histoire de la culture en Occident (ch. 5, 6, 7), celle aussi du thème du miroir dans l'histoire de la philosophie (ch. 8). Des anticipations très suggestives des thèmes principaux de la psychologie moderne existent dès les origines et de manière continue aussi à travers toute l'histoire de la philosophie, méritant d'être repérées et méditées.
Pour ce qui est du futur - "demain", on soutient que l'avenir de la psychanalyse en France, si elle en avait encore un, dépendra surtout de sa capacité critique, dans les divers champs de la psychologie scientifique, ceux aussi des autres sciences humaines et sociale (conclusion).
30. La guerre de la psychanalyse ; 2. Le front européen, ibid., 2008, 544 pages. GP2.
Dans ce deuxième volume, muni du sous-titre Le front européen (tome 2), on développe un propos d'apparence paradoxale mais vrai : à la thèse classique, juste mais partielle, selon laquelle la pénétration de la psychanalyse s'est heurtée à une forte résistance surtout dans l'université française, s'oppose aussi l'antithèse. La psychanalyse a été accueillie avec intérêt, critiquée de manière positive, et intégrée de façon créative, non seulement par les deux grands représentants de la psychologie francophone, Wallon (ch. 9, 10, 11) et Piaget (chapitre 12).
Mais aussi dans le vaste et multiforme territoire d'une psychologie de la personnalité, développée entre 1920 et 1980 environ (ch. 13).
Enfin, les développements nouveaux et originaux donnés aux techniques projectives par l'École française (Shentoub, Chabert et col.) issue principalement de Daniel Lagache et Didier Anzieu représentent également l'une des applications les plus conséquentes et les plus riches de la pensée psychanalytique depuis les années 1980 (ch. 14 et 15).
Un versant particulier de notre démarche critique, et qui forme un fil continu à travers nos ouvrages depuis le début, concerne nombre d'aspects cruciaux de la sociologie de la discipline : certains travers particuliers de la mentalité professionnelle de la recherche en psychologie - mise à contribution systématique de débutants mal formés dans la mise en œuvre concrète des pratiques expérimentales, répétitions monotones et reprises de seconde main, interventions trop précoces dans l'appareil de décision des revues -, mais plus profondément aussi le statut inconsistant et sans rigueur de la vérité scientifique dans la psychologie objective, une vision de la psychologie comme idéologie à l'appui de l'ordre établi du monde naturel et social, l'incapacité à prendre en compte l'émergence postmoderne d'une "nouvelle critique" dans les sciences de la nature et les sciences de l'esprit, sans compter aussi un aspect rarement souligné, à savoir le recours à une certaine forme de discours rhétorique propre à l'argumentation scientiste des psychologues : argument d'autorité, abus du raisonnement analogique, présentation raccourcie et médiatique, pratique d'un discours "moyen", passe-partout à l'endroit d'un public non spécialiste et curieux "suffisamment informé" (good enough), procédés à fin de conviction et à effets de prestidigitation variés.
Si les relations entre la psychologie et la psychanalyse sont loin d'être bonnes, celles entre ces deux corps du savoir et la philosophie le sont peut-être encore moins aujourd'hui, encore que ce soit la rupture entre la psychanalyse et la philosophie qui se soit produite la dernière, déjà dès les années 70. Or, du fait de ce divorce, si la psychologie, et même la psychanalyse, ont perdu en grande partie leur "âme", la philosophie y aurait perdu de son côté une grande partie de son "corps".
En fait, personne ne semble clairement se rendre compte de ce qui a été perdu, état de choses qui contribue entre autres à la formidable aliénation des sciences humaines et de la culture européennes dans le paradigme empiriste, sensualiste, atomiste, élémentariste, associationniste, positiviste, pragmatiste, conventionnaliste, artificialiste, mécaniciste, réductionniste, techniciste, actualiste, opportuniste, anti- et même irrationnaliste, coloré enfin d'un dogmatisme éthico-religieux et politique naïf, de type états-unien.
Les trois objets de la philosophie ont été dès l'origine de la culture grecque le Moi, le Monde et Dieu, soit justement la psychologie (Hegel : Geisteswissenschaft), la cosmologie (Id. : Naturwissenschaft), et la théologie (Kant, 1781).
Mais s'il est vrai que "Dieu", ou plutôt "l'idée de Dieu" ne soient, à plus d'un égard, qu'une hypostase, ou même plutôt une "extase" du Moi (Feuerbach), ce que Kant appelle l'Idéal transcendantal devrait bien être envisagé comme la prémonition de ce que la psychanalyse appellera pour son compte Moi idéal, Idéal du moi, soit encore Surmoi. La psychologie et la psychanalyse concerneraient donc inconsciemment - bewusstlos - la majeure partie du champ originel de la philosophie - deux sur trois de ses domaines d'objets - et c'est pourquoi la psychanalyse aurait bien fait de s'intéresser, mais il n'est jamais trop tard, entre autres à l'immense chapitre très important de la pensée religieuse couvrant l'énorme période forclose du IIIe siècle au XVIe siècle environ. Car "il y a de l'or dans ce fumier", - inest aurum in isto stercore - comme disait déjà Leibniz à propos d'Aristote.
Un certain nombre de comptes rendus sur nos travaux en ont souligné la dimension paradoxale et intéressante selon quoi la dimension archéologique tournée vers l'histoire la plus ancienne de la discipline n'en excluait pas non plus l'aspect inverse de "reprendre l'actualité à chaud", par exemple à propos de la double question de la crise de l'université comme de la crise de la psychologie à l'intérieur de cette crise d'ensem-ble. Enfin dans notre présent ouvrage nous intervenons sur la question de l'évaluation scientifique en dénonçant le caractère idéologique et les biais divers liés au fameux "facteur d'impact".
31-32. Psychanalyse et psychologie (2008-2010). Interventions sur la crise. Tome 1. Propositions de base, Questions d'actualité, Repères historiques, Pour l'équilibre des deux psychologies à l'université, 292 p., Tome 2, Psychanalyse et neuroscience, La vérité de la science, La querelle de l'évaluation des enseignants chercheurs, ibid., 2010, 309 pages. PP1. PP2.
La (non-)vérité, ou plutôt la (mi-)vérité de la psychanalyse peut se décliner dans la liste des thèses-antithèses suivantes : (in)compatibilité traditionnelle de la psychanalyse avec la philosophie, comme avec la psychologie, comme avec la médecine, et aujourd'hui avec la neuroscience.
Une telle (in)compatibilité, sous ces diverses formes, ne peut être prise en compte que sur la base d'une logique de l'opposition, de type contradictoriel, antinomique, oppositive, ou encore dialectique, à opposer à la simple logique aristotélicienne du tout vrai/tout faux. L'histoire de cette logique oppositionnelle, formant une véritable tradition de la pensée complexe, offre une ligne continue à travers tout le développement de la mentalité européenne mais pas seulement : entre autres Platon, Chrysippe, Proclus, Eckhart, Nicolas de Cues, Boehme, Ignace de Loyola, Pascal, Descartes, Montesquieu, Voltaire, Diderot, Rousseau, Kant, Hegel, Marx, Engels, Lénine, Mao Zedong.
L' (in)compatibilité de la psychanalyse et de la neuroscience ne fait pas difficulté si l'on considère la réalité humaine sur ses deux versants : selon un double lien de conjonction et de disjonction entre sa composante matérielle, physique, corporelle, somatique et son autre composante spirituelle, morale, mentale, psychique. L'homme est bien sujet, personne, personnalité, mais sur le support d'une machine corporelle organique. Il ne s'agit de rien d'autre que de l'antique question des rapports d'union-séparation de l'âme et du corps. Leibniz dit : "nous sommes mécaniques dans les trois quarts de nos actions."
Le concept postmoderne de la science se réduit, pour l'utilitarisme anglo-saxon régnant, à une base de technosciences efficaces surmonté d'une superstructure idéologique, qui est ce qui s'appelle communément la "science". Or, cette couche idéologique de la science se réduit à la doxa - l'opinion - platonicienne, étant entendu qu'il existe de l'opinion droite, c'est-à-dire de la doxa plus ou moins fondée, plus ou moins probable, admissible comme une "vérité" provisoire et relative.
De façon antinomique, il (n') y a (de) science véritablement assurée (ni) de l'objet délimité et (pas plus) de l'objet total. Toute science d'un champ délimité d'objets se formule en représentations d'objets, et de la sorte réfère à la science du sujet, conscient-inconscient, qui n'est rien d'autre que la psychanalyse, à savoir la science fondamentale. Ni plus ni moins.
Dès lors une hypothèse de travail plausible s'offre sans absurdité à l'examen : le sujet pulsionnel inconscient de la psychanalyse supporte et enferme le sujet épistémique conscient-inconscient de la psychologie cognitive de Piaget : le sujet est relié, par le système de ses représentations d'objets, à l'ensemble de son univers, intérieur comme extérieur. Tel est déjà le sens réel du cogito cartésien, du Je pense kantien, dont la texture est inconsciente, ou plutôt l'inconscient.
La réduction du point de vue de l'objet à celui du sujet représente la vérité de l'idéalisme. Mais la vérité complémentaire du matérialisme tient au fait que le sujet affectif-cognitif tient son existence d'une base matérielle biologico-sociale. Mais encore est-ce le sujet qui s'avère capable de se retourner vers l'horizon matériel des objets comme vers le monde de ses propres représentations, pour énoncer une telle position. Le sujet conscient-inconscient est seul capable de formuler cette vérité dialectique conjointe du matérialisme comme de l'idéalisme.
Face à cette science fondamentale du sujet inconscient que serait la psychanalyse, la psychologie à visée scientifique, qu'il y a lieu de distinguer de la neuroscience, n'a rien été de mieux jusqu'ici qu'une idéologie de l'homme-machine, en particulier la psychologie objective universitaire de type français depuis les années 50.
La liste des difficultés rencontrées par la psychologie à visée scientifique serait extrêmement longue. On a déjà évoqué plus haut parmi celles-ci la catégorisation abusive (K1) tout comme la prophétie auto-réalisatrice (K3). Par ailleurs, le fait que des propositions contradictoires peuvent trouver une validation expérimentale y est de rencontre courante (K2), invalidant le fameux principe de Popper. Un même mot peut signifier des choses différentes. Une même réalité peut être désignée par des mots différents. Bacon avait déjà reconnu les diverses sortes d'idoles (idola) susceptibles de gêner la recherche scientifique (Jalley, 2008.1, Prop. 40).
Dans le désastre universitaire actuel, où s'inscrit le triste bilan de la psychologie universitaire française, le renouveau d'une psychologie cognitive expérimentale au Collège de France, en même temps qu'à l'École Normale Supérieure, est un signe certes encourageant, mais qui semble peiner jusqu'ici à indiquer un dialogue et un mode de coordination éventuelle, quel qu'il soit, avec la psychanalyse. Il semblerait du reste y avoir des désaccords plus ou moins (in)formulés sur ce point entre neuroscientifiques français.
La gnoséologie des disciplines psychologiques implique une prise de partie qui prenne en compte aussi bien les questions d'actualité que les questions historiques, dans une perspective où le présent et le passé renforcent leur éclairage réciproque. Faute de quoi la psychologie comme la psychanalyse ne peuvent, l'une comme l'autre, que tâtonner et trébucher dans l'ombre, ou alors à la queue leu leu comme les aveugles de Bruegel.
La crise française comporte une surdétermination d'ordre politique, moral, culturel, scientifique, dont la psychanalyse sociale aurait à trouver la clef explicative du côté du facteur de servitude (in)volontaire de La Béotie, laquelle aurait pour autre nom l'aliénation aussi bien individuelle que collective (Entfremdung) (in)consciente décrite par Hegel et Marx. À cet égard, la conscience actuelle du présent de la vie nationale française est obérée par le poids d'un passé de crimes collectifs qui ne passent pas.
Dans cette crise nationale globale, la maladie mortelle de l'université représente le facteur qui ne peut que conduire à sa perte inexorable le système actuel de l'organisation sociale. Ceci en conjonction avec le facteur d'un autre ordre qu'est l'iniquité fiscale, certes grave mais réformable en principe sous condition d'une volonté politique manquante. Alors que les effets cumulatifs de la déchéance culturelle liée à la crise universitaire ne sont pas réversibles et forment comme l'équivalent de ce que nous avons appelé une sorte de cancer généralisé de l'institution. On répare une bicyclette, mais pas un panier de pommes pourries.
La police de l'administration scientifique mise en place par les nouvelles instances du genre AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) représente un attentat inqualifiable contre la tradition culturelle européenne. Elle met en jeu de façon mécanique et non critique l'impertinence d'une "critériologie" des formes culturelles. Celle-ci se double de la reconnaissance passive d'une soi-disant excellence américaine en surplomb de la misère européenne. L'"impact factor" est un indice quantitatif grossier appartenant à l'univers trivial de l'utilitarisme anglo-saxon. L'étroitesse de l'empirisme traditionnel s'y conjugue avec la brutalité du néo-libéralisme contemporain.
Le niveau d'improductivité, de servilité anglomaniaque et d'absence d'originalité, touchant leurs travaux "scientifiques", des membres de la Commission de l'AERES fonctionnant pour les disciplines psychologiques est consternant et facilement mesurable d'après les données de leur CV figurant sur le Web. Chacun d'eux produirait, au cours de 25 ans de carrière, environ 1,5 page par mois, dans 85 % des cas en anglais de cuisine, et dans 85 % des cas aussi en s'y mettant par collectifs de 2-3 à 5-6 personnes. Plus un livre personnel au cours de leur carrière. Encore ces données sont-elles supérieures d'environ 30 % à la moyenne de la plèbe des collègues. L'excellence de cette nomenklatura se marque aussi et enfin par la production de quelques "ouvrages" collectifs (en moyenne 4), les deux tiers de la production actuelle, sous forme de recueils de contributions plus ou moins disparates générées, souvent même déjà en équipes, à l'occasion de colloques et autres congrès. La diffusion des résultats d'une telle enquête n'a produit à ce jour aucun effet public, ni de leur part ni de celle de leurs victimes.
La guerre de destruction menée contre la psychanalyse est un phénomène particulièrement spectaculaire en France, à travers des épisodes multiples surtout depuis 2004 : Rapport Inserm sur les psychothérapies, Livre noir de la psychanalyse de 2005, Nouvelle liste des revues qualifiantes de l'AERES de 2009, Livre d'Onfray sur Le crépuscule d'une idole de 2010, Décret scélérat du 20 mai 2010 sur la psychothérapie, Livres de Roudinesco (Mais pourquoi tant de haine ?) et de Jalley (Anti-Onfray 1, Anti-Onfray 2, Anti-Onfray 3). À cet égard, il est clair que l'offensive destructive d'Onfray contre la psychanalyse œuvre dans le même sens que le décret du 20 mai, avec pour effet pervers ajouté l'extermination des autres disciplines psychologiques, comme de l'ensemble des sciences humaines, et au-delà, des humanités, ce qui n'est encore perçu que par peu d'observateurs. Qui plus est, la réduction de la réalité humaine à la seule perspective d'investigation des sciences de la nature s'accompagne de soi de la liquidation implicite mais décisive de l'humanisme traditionnel lié à l'ensemble de l'héritage gréco-judéo-chrétien.
L'un des problèmes que semble rencontrer aujourd'hui la psychanalyse à l'université est l'articulation entre les deux niveaux, l'un théorique, déclaratif, métapsychologique, et l'autre pratique, procédural, clinique. Cette impossibilité de fait à coordonner les deux mouvements de la dialectique théorico-pratique, l'un descendant et l'autre ascendant, est la raison pour laquelle les discussions nuageuses à la mode sur la "formation professionnalisante" tournent à vide, emportées par une sorte de novlangue de caractère babélien. On cherche le point d'articulation toujours en remontant du bas vers le haut, jamais l'inverse. L'obstination d'une telle démarche ne peut que rater toujours.
La cause essentielle, mais pas la seule, d'une telle difficulté réside dans le fait que la psychologie-et-la-psychanalyse sont probablement les plus difficiles de toutes les sciences, en raison d'abord de leur objet, le moins simple et le moins général, le plus complexe et le plus spécial, à savoir l'individu concret muni de l'ensemble maximal de variables interactives, d'ordre à la fois biologique, psychologique et social, ceci selon les deux dimensions de la conscience et de l'inconscient. Cet état de choses évidemment comporte de soi une grande complexité des questions d'ordre simultanément historique, méthodologique, épistémologique et gnoséologique.
Or cette situation hypercomplexe des questions théoriques en psychologie et en psychanalyse est un état de choses dont la réclamation pragmatique insistante venue des exigences assurément légitimes de la formation professionnelle n'a en général aucune espèce d'idée, aiguillonnée qu'elle est par un praticisme totalement inconscient de l'hyper-complexité de la réalité psychique, sur laquelle il n'est pas possible d'agir seulement par des procédures adroites, parfois avisées, mais non fondamentalement instruites. De telles incompréhensions ont fini par développer à long terme un état de déculturation aussi affairé que futile, en tout cas absolument dramatique. Comme si les psychologues n'étaient que des praticiens, des gens de métiers, des professionnels : à l'instar des infirmiers, mécaniciens, cuisiniers, et toutes sortes d'habiletés utiles. Même les médecins préservent encore, pour un temps limité peut-être, un sens plus élevé de leur pratique. Il ne faut pas alors s'étonner qu'ils affichent un tel mépris à l'égard de ce que sont devenus les psychologues en France.
Pour revenir à la crise de la psychologie, ou plutôt des deux psychologies à l'université, on peut illustrer l'histoire des rapports entre la psychanalyse et la psychologie à visée scientifique par deux "analogies" intéressantes, la première empruntée à Marx, l'autre à Mao Zedong.
En premier lieu, les rapports entre psychanalyse et psychologie à visée scientifique se laissent lire sur un mode assez comparable à celui décrit par Marx à propos de l'extorsion de la plus-value (Überwert) ou surtravail dans l'exploitation du travail salarié par le capital. Le salariat y reçoit pour prix de sa force de travail un montant de valeur moindre que le montant de la valeur globale qu'il produit au profit des deux partenaires de l'échange économique. Ce processus se passe plus ou moins à l'insu des deux parties, comme dans l'inconscient social, sous forme d'une sorte de ruse (Hegel) ou de duperie, une espèce de comédie sociale hypocrite dans le genre de celles déjà entrevues par certains auteurs du XVIIIe siècle (Turcaret de Lesage).
De son côté, Mao Zedong distingue de manière remarquable et digne d'attention entre contradiction principale et contradiction secondaire, entre formes principale et forme secondaire de la contradiction. En ajoutant qu'une contradiction secondaire peut devenir principale, et de caractère létal pour le système, lorsqu'elle n'est pas traitée à temps, quand il eût fallu, avant le dégât irréparable, avant que l'avalanche ne déboule sans remède. Et c'est bien ce qui semble être arrivé dans les relations entre les deux psychologies à l'université, dont il y a lieu de célébrer aujourd'hui les obsèques, sous les auspices de Dame Médecine, qui ramasse par terre leur succession commune.
De ce point de vue, il est remarquable que l'œuvre d'Émile Jalley, qui comprend 37 (+ 40 + 24) volumes produits entre 2004 et 2017, quelque 18 000 pages - plus 2 000 autres antérieurement - d'une grande qualité d'écriture comme d'une densité de pensée et d'une exhaustivité interdomaniale remarquables, n'aura servi à rien, lue par un public régulier de 150 personnes tout au plus. Au contraire, elle aura été l'objet d'un refoulement et d'un boycott aussi durables que systématiques de la part de l'establishment universitaire, tout comme de la clientèle d'influence de celui-ci dans l'espace externe, même de la part des psychanalystes auxquels cette œuvre prétendait avec naïveté préparer des armes pour se défendre contre leurs adversaires, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'université. On pourra signaler un remarquable compte rendu de Marie-Claude Lambotte dans la revue Essaim dirigée par Éric Porge, le seul jamais écrit sur mon livre le plus difficile : Critique de la raison en psychologie, des recensions fidèles de l'ensemble de mes ouvrages dans Psychologie clinique et le Bulletin de Psychologie, produites par Robert Samacher et Olivier Douville, mes amis persévérants à travers le désert de l'intérêt public, un compte rendu aussi sur mon tout premier livre d'Anne Bourgain dans Les Cahiers de l'infantile. J'ai également été toujours l'objet d'un intérêt très attentif, au Journal des Psychologues, de la part de Delphine Coetgheluck et de Maryse Siksou, de Patrick Conrath et enfin de Claude Tapia, lui dès le tout début de la dernière étape de mes travaux en 2004. Mon livre sur La psychanalyse et la psychologie aujourd'hui en France (Vuibert, 2006), sans autre équivalent, présentant la trentaine des psychanalystes importants de l'école française, accumulant les critiques pointues contre les diverses disciplines de la psychologie scientifique, est tombé complètement à plat, aurait même été mis au pilon. Même mon livre de quelque 200 pages sur Anti-Onfray 1, d'un contenu percutant qui laisse jusqu'ici sans réponse le dénommé, est vendu jusqu'ici au compte-gouttes, presque sous le manteau.
33. Un Franc-Comtois à Paris, Un berger du Jura devenu universitaire, ibid., 2010, 452 pages. FCP.
Cet ouvrage est une autobiographie, qui présente l'intérêt, entre autres questions, par rapport aux problèmes présentés précédemment, d'évoquer beaucoup de données sur les sources anciennes, dès avant 1968, de la crise de l'Éducation nationale, mais également sur la galère de la faculté de psychologie dans l'université parisienne des années 1968 à 2000.
L'auteur est né en 1935 d'un milieu de paysannerie franc-comtoise du XVIIe siècle, au lieu même où la famille Rouget de Lisle avait attaché son nom. Il a connu l'invasion allemande et la débâcle de 1939 dans le Nord de la France. Puis, avec les bergers de la campagne jurasssienne, il a pris part à la "guerre des boutons" entre enfants décrite par Louis Pergaud. Il fut ensuite élève du Collège de Jésuites de Dole, d'ancienne fondation espagnole. Puis ce fut le Lycée Henri IV, et l'École Normale Supérieure où, sous la direction d'étude de Louis Althusser, il eut l'occasion de rencontrer et de fréquenter Jacques Derrida, Gille Deleuze, Georges Canguilhem. Il a fait ensuite une carrière d'enseignant chercheur en psychologie en passant par les Universités de Nancy, puis de Paris à la Sorbonne dès la période 1968, et enfin à Villetaneuse.
Le collège des jésuites de Dole, où l'auteur a fait ses études secondaires, avait été créé en 1582 dans la Comté espagnole sous les auspices du roi Philippe II d'Espagne, successeur de Charles Quint. Le règlement intérieur y était de façon très étonnante demeuré le même en 1945 qu'au XVIIe siècle : les élèves y étaient soumis à 5 heures de cours plus 5 heures d'études personnelles par jour, lourde performance demandée à l'enfant, mais selon une formule d'un équilibre remarquable. On pratiquait beaucoup les sports et les jeux collectifs. On était très mis au courant de la vie sociale. De telles informations jusqu'ici n'existaient jusqu'ici nulle part sauf de façon au moins raccourcie dans un livre ancien de Georges Snyders sur La pédagogie en France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il importe de savoir que les jésuites ont été les véritables créateurs de l'enseignement secondaire moderne de formule française, avec la notion d'études de philosophie et/ou de sciences venant faire chapeau sur une base d'études littéraires. Par ailleurs, les jésuites préservaient la singularité d'une répartition équilibrée des élèves dans leurs établissements, mélangeant à l'origine selon trois tiers la noblesse, la bourgeoisie et la source paysanne et campagnarde. Conception très démocratique pour l'époque.
34. Anti-Onfray 1, Freud et la psychanalyse, ibid., 2010, 185 pages. AO1.
Le livre de Michel Onfray offre le paradoxe très surprenant d'être construit par un philosophe peu sensible au principe élémentaire de la logique, qui est la cohérence interne. L'ouvrage est en effet miné par une contradiction majeure. D'une part Freud est présenté comme quelqu'un qui aurait tiré sa doctrine tout entière de sa fantaisie corrompue. D'autre part, il en aurait dérobé tous les éléments à l'extérieur. C'est l'un ou l'autre, mais pas tout l'un et tout l'autre, ou alors les deux, mais en proportion raisonnable. Une lecture attentive montre que l'ouvrage comprend encore une trentaine d'autres contradictions presque tout aussi gênantes. Par ailleurs, le ton passionnel du dialogue de l'auteur avec Freud est le même que ce qu'il pourrait être si ce dernier était son psychanalyste, ce que la disparition de celui-ci a tout de même rendu impossible à jamais. Et comme le psychanalysé se mêle en outre fréquemment de psychanalyser le psychanalyste imaginaire, l'issue de sa cure en est rendue très difficile, sinon même impossible. C'est là une façon inattendue et originale de reconnaître la valeur de la psychanalyse, tout en montrant qu'elle ne peut conduire qu'à l'échec, ce qui est encore une façon de se contredire. Ce livre est le symptôme de la souffrance profonde de toute une époque et de ses difficultés à maintenir ses repères dans la culture moderne.
Le livre de Michel Onfray est un ouvrage de caractère paradoxal : écrit avec brio par un enseignant et un débatteur plein de qualités, il n'en présente pas moins de graves défauts dans sa cohérence logique. La thèse principale défendue par l'auteur accumule déjà les contradictions : Freud est présenté par lui comme quelqu'un qui aurait tiré sa doctrine tout entière de sa dynamique intérieure. Et alors celui-ci tantôt le dissimule et tantôt s'en glorifie selon les occasions : première contradiction. Par ailleurs, deuxième contradiction, Freud aurait aussi dérobé tous les éléments de sa doctrine à l'extérieur. Mais alors tantôt encore il le camoufle avec grand soin, tantôt il avoue volontiers une partie de ses emprunts : troisième contradiction. Une autre forme grave de contradiction tient au fait qu'il arrive fréquemment à l'auteur de critiquer la psychanalyse au moyen de notions empruntées à la psychanalyse elle-même. En effet, celui-ci donne souvent l'impression dans son livre de psychanalyser Freud en même temps d'ailleurs que de produire sans le savoir son auto-analyse.
Il y a plus grave : la résistance que l'auteur oppose à la reconnaissance de la psychanalyse se tient sur la même ligne de défense que Freud dénonçait déjà dès les années 1920, voici presque un siècle. Rien n'aurait changé à cet égard. Michel Onfray en est encore acharné à dénier l'existence et le rôle de la sexualité infantile, en général reconnu aujourd'hui couramment et sans problème par l'opinion commune. Il en est encore à écarter la notion d'inconscient de toute compréhension de la vie mentale. Et enfin il ouvre en réalité de cette manière la porte à la propension actuelle des autorités médicales à réduire l'ensemble des faits humains à la vie organique. Sans parler d'un cadre de connotations où pointe l'oreille de certaines formes inacceptables d'intolérance religieuse et culturelle, au prétexte seul avouable d'une critique philosophique générale des monothéismes.
Le grand intérêt de ce livre d'Onfray, en dépit même de ses graves défauts, est d'être le symptôme de la souffrance profonde de toute une époque, inscrite elle-même en France au sein d'une configuration de crise vaste et multiforme : opposition d'une contre-université à l'université officielle, débat sur le statut de la psychanalyse au sein des sciences humaines et des autres sciences, difficultés pour l'individu comme pour les groupes à maintenir leurs repères dans la culture moderne, enfin conflit social et politique larvé, avec divergence de plus en plus sensible entre une tendance populiste et un bastion élitiste.
35. Anti-Onfray 2, Les réactions au livre de Michel Onfray : débat central, dossiers de presse, psychanalyse théorique, ibid., 2010, 312 pages. AO2.
36. Anti-Onfray 3, Les réactions au livre de Michel Onfray : clini-que, psychopathologie, philosophie, lettres, histoire, sciences so-ciales, politique, réactions de l'étranger, le décret scélérat sur la psychothérapie, ibid., 2010, 351 p. AO3.
La parution du livre de Michel Onfray Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne en avril 2010 a été la source d'une grande abondance de débats qui se sont d'abord cristallisés presque immédiatement sous la forme de deux livres.
Le premier d'Élisabeth Roudinesco et de cinq collaborateurs intitulé Mais pourquoi tant de haine ?, d'une longueur de 80 pages, paru au Seuil en mai 2010, a d'abord conclu une première phase de débat public, assez brève dans le temps (avril), entre les deux adversaires.
Le second livre a été celui d'Émile Jalley intitulé Anti-Onfray 1 paru chez L'Harmattan en juin 2010, sensiblement plus long (185 p.) et centré de manière différente, notamment sur des problèmes épistémologiques de fond. Un troisième est paru en Belgique, courant juin, que nous ne connaissons pas encore, de Serafino Malaguarnera, psychanalyste à Bruxelles, et intitulé Critique du Crépuscule d'une idole de M. Onfray, disponible en ligne.
En même temps, le contexte plus vaste est tel que, de façon indépendante et anticipant quelque peu la parution de ces deux ouvrages (É. R. et É. J.), la première phase initiale de débat entre les deux protagonistes, mais surtout un débat plus étendu autour du livre d'Onfray ont donné lieu à un retentissement très important sur la Toile, plus de 200 textes formant 600 pages, plus que l'ensemble des textes produits d'abord par les deux leaders (M. Onfray et É. Roudinesco), textes souvent de très grande qualité de contenu et aussi d'une grande variété de champs, et surtout à peu près tous favorables à la psychanalyse, bien davantage en tout cas que dans le discours public.
Ces textes ont été réunis, avec introduction, conclusion et commentaires suivis et interpolés dans deux volumes, soit donc dans Anti-Onfray 2 : débat central entre les deux principaux adversaires, dossiers de presse, défense doctrinale de la psychanalyse, et aussi dans le volume Anti-Onfray 3 : attitude des praticiens et des usagers de la psychanalyse, psychopathologie psychanalytique, positions des philosophes, du milieu littéraire, de la science historique, des sciences sociales, questions politiques de l'antisémitisme et de la pensée d'extrême droite, réactions de l'étranger.
Dans l'affaire Onfray, Onfray dépasse Onfray. Son attaque virulente centrée contre la psychanalyse déborde donc en fait ce champ, comme déjà dit plus haut, vers une mise en question de l'ensemble des sciences psychologiques, comme de toutes les sciences humaines, ainsi que de toute culture philosophique et littéraire, donc des humanités, y compris la dénégation de l'héritage gréco-judéo-chrétien formant la base de l'humanisme occidental. C'est la conséquence d'un matérialisme sommaire réduisant toute forme de pensée à un biographisme rudimentaire, lui-même basé sur un physiologisme grossier.
Par là-même, c'est sa propre démarche de pensée, s'il en avait une, qu'Onfray remet en question, et rend même impossible, comme il arrive à tous les adeptes du scepticisme radical, ce qu'il est en fait sans le savoir. Celui qui doute et nie à propos de tout le fait à propos de cela même qu'il fait. La pensée que rien ne vaut rien ne vaut elle-même rien. Onfray est moins un penseur qu'un rhéteur.
De même que sa critique dogmatique et sans nuances du "monothéisme" le fait basculer vers toutes les formes connues d'idéologies racistes (antijudaïsme, anticléricalisme, islamophobie). La pensée "politique" d'Onfray conjugue de manière captieuse des thèmes libertaires avec des motifs empruntés en particulier à la Nouvelle Droite (Club de l'Horloge). Ce radicalisme infiltré de syncrétisme est à la base de ce que d'aucuns ont appelé une "philosophie au bulldozer" (Badiou).
Dans la démarche d'Onfray, l'enchaînement des dénégations successives portant, à partir de celle de la psychanalyse, sur l'ensemble des domaines culturels organisant l'humanisme occidental, permet de bien saisir, de façon indirecte, mais aussi complémentaire que convaincante, que la psychanalyse est une science fondamentale par rapport aux autres disciplines des sciences humaines et sociales, comme des humanités classiques.
Si des critiques peuvent être adressées à l'épistémologie fondamentale de Freud, elles sont d'un niveau de profondeur sans aucune mesure avec ce que peut en percevoir l'esprit à courte vue d'Onfray. Il y en aurait principalement deux.
Les sources historiques de Freud, liées à l'histoire particulière de l'École physicaliste de Berlin (Helmholtz, Du Bois-Reymond) et à des informations latérales issues de l'idéologie scientifico-métaphysique de Fechner, comme des vues mystico-philosophiques de Schopenhauer et de Barbara Low, ne lui ont pas permis de rattacher ses deux principes contradictoires de constance et de tendance vers le zéro à la formulation antinomique des deux grands principes de la thermodynamique classique (Carnot, Clausius, Boltzmann) : premièrement, l'énergie de l'univers se conserve en quantité (anti-entropie, contre-entropie, néguentropie), mais deuxièmement se dégrade en qualité (entropie). Le principe de la conservation de l'énergie avait du reste toute une histoire antécédente (les philosophes Descartes et Leibniz, le physicien Mayer).
Par ailleurs, Freud ne parvient pas à formuler nettement que la psychanalyse est à la fois une science de la nature et une science de l'esprit (selon la distinction introduite d'abord par Hegel dans son Encyclopédie : Natur-/Geisteswissenschaften), une science naturelle et une science humaine et sociale. Tout en disant que la psychanalyse est un "pont vers les sciences de l'esprit" (Brücke nach Geisteswissenschaften), Freud accentue la conception de la psychanalyse comme science de la nature.
On reproche toujours à la psychanalyse de n'être pas une science au prétexte qu'elle n'applique pas la méthodologie de la vérification expérimentale au sens étroit et technique où la mettent en œuvre les sciences physico-chimiques comme aussi biologiques. Or on n'a jamais au nom d'un tel argument osé faire un pareil reproche à l'histoire, à la sociologie, à la linguistique même. Ne parlons pas de l'idéal de rigueur particulier mis en œuvre par les sciences logico-mathématiques, qui sont une forme spécifique de sciences dures, et dont la méthodologie a cependant peu à voir avec celle des sciences de la nature.
Le décret du 20 mai 2010 sur la psychothérapie comporte la conséquence de fait de la mise en bière suivie des obsèques de l'ensemble des disciplines psychologiques à l'université, placées désormais sous la tutelle de la psychiatrie de tradition médicale, elle-même menacée de compression en même temps que d'autres spécialités médicales et même la médecine générale. L'entreprise d'Onfray œuvre en fait et même tout à fait dans le même sens de la destruction de la psychanalyse, bien plus, ainsi qu'on vient de le dire, dans le sens de l'élimination du reste des disciplines psychologiques, comme d'ailleurs de toute existence des sciences humaines et des disciplines humanistes, ne devant subsister alors que les sciences de la nature, comme mode d'approche d'une version nouvelle et encore plus monotone, même si plus compliquée, de l'homme-machine, d'un homo informaticus-oeconomicus, modèle indispensable à l'expansion sans entraves de l'hypercapitalisme à forme financière (Hilferding 1910), muni de la figure institutionnelle connexe du parlementaro-capitalisme (Badiou).
L'événement néfaste représenté par le décret du 20 mai 2010 est l'aboutissement d'un réseau de causalité à multiples filières : conflit intra-universitaire entre la psychanalyse et la psychologie scientifique, redoublé dans l'espace extra-universitaire par le facteur de pression constitué par le double pouvoir politique et médical (rôle important de la personnalité d'un Accoyer), comme aussi par le facteur complexe de conflit entre les associations psychanalytiques, générant un manque d'unité fatal devant la détermination du camp adverse. Ce dernier facteur est le plus mal connu du fait d'une quasi-absence de littérature méthodique, claire et consultable par le public sur ce milieu qui demeure confidentiel.
La décadence générale de la culture française est patente en particulier depuis la disparition de la génération des intellectuels philosophes de la période des années 1970-2000 : Barthes (+1984), Foucault (+1984), Canguilhem (+1995), Deleuze (+ 1995), Lyotard (+1998), Derrida (+2004). Elle est perceptible dans tels dossiers plus ou moins fréquents d'hebdomadaires sur les "intellectuels français", instituant par exemple des classements en fonction de la "notoriété" ou de l'"influence". Après les pensées dures, marxistes (Althusser, Goldmann, Lefebvre), puis anti-historiques structuralistes et poststructuralistes (Barthes, Foucault, Deleuze, Derrida), on a vu surgir un nouvel espace de la pensée molle, minimale, en réseau lâche, filamentaire, de densité allégée, à degré de théorisation restreint, répondant à des besoins de confort moral, de résilience personnelle et de prothèse idéologique. Et c'est en ce cadre d'un déclin collectif de la pensée que se situe l'entreprise d'Onfray, dans cette décadence à décor médiatique de la culture française, à ceci près que lui, au lieu de "faire du bien" comme un Cyrulnik et d'autres, forme antithèse à ce premier rôle, incarnant plutôt une sorte de génie du mal, qui "excelle dans le déboulonnage des idoles culturelles".
Le rôle d'un Onfray est plutôt d'accélérer une telle décadence, alors que la plupart des autres personnalités connues d'un tel paysage intellectuel ne font que la gérer de façon conservatrice. C'est pourquoi ses attaques contre l'édifice consistant de la psychanalyse et la personnalité majeure de Freud revêtent un caractère tellement spectaculaire, dans un état de crise culturelle et sociale où le recours à la fonction psychothérapique s'avère d'une utilité ressentie par une proportion croissante de sujets en état de malaise personnel et interpersonnel.
Divers auteurs décrivent le personnage d'un intellectuel en phase terminale, défini par sa seule notoriété médiatique, marqué par la réserve à l'égard de l'engagement, l'orientation vers les problèmes sociétaux désinsérés des débats politiques, soucieux de réduire son degré de conceptualisation pour conquérir un public, support en définitive d'une forme de pensée essentiellement superficielle, accessible à l'entendement commun de l'Homme-machine requis par le système. Pensée donc facile et machinale, dont certains prédisent l'expansion croissante dans la transition en cours de la "graphosphère" à la "vidéosphère", qui devrait mettre en vedette un soi-disant certain "e-intellectuel". Ce thème n'est pas tout à fait nouveau et a déjà été en vogue avec la mode des conceptions de McLuhan dans les années 70.
Au plan politique, une telle évolution se caractérise par un mode d'organisation où le culte d'un individualisme conforme à des normes d'un standard monotone se conjugue avec la promotion d'un système de contrainte géré par une aristocratie de technocrates, élevée elle-même selon un principe de façade démocratique mais tendant plutôt à la préservation de l'ordre établi du système qu'à son évolution. Le pacte de servitude (in)volontaire de la foule se lie dans de tels réseaux à la résistance au changement, orientant le système politique souvent vers des formes variables de monarchie démocratique, voire de césarisme à enveloppe républicaine, portées par le procès du "délire d'élection" (Major), soit encore de la (dés)illusion électorale. Le propre de telles organisations sociales est de générer une forme d'anesthésie mentale, de paralysie critique consentie, contagieuse, un mode d'aliénation participative en profondeur et progressivement inamendable.
Certains politologues (Raffaele Simone suivant Ortega y Gasset, Pasolini, Tocqueville, de même Jean-Claude Michéa) décrivent comment les Européens votent de plus en plus rarement à gauche, se demandant alors si l'Occident vire à droite. Comme si l'extinction totale des "idées de gauche" résultait d'une sorte de mutation de l'esprit du temps, cependant que les idéaux de gauche paraissent ternes et répulsifs, que ce soit le goût de l'égalité ou le respect des personnes. On voit dès lors apparaître une droite adaptée à un monde de fun et de consumérisme effréné, la main dans la main avec les multinationales du soft power. Dépourvue de l'allure autoritaire de ses devancières, celle-là est aussi implacable que celles-ci à l'égard des pauvres et des minorités immigrées, attentive aussi à l'œil des caméras, foncièrement populiste, transgressant volontiers le jeu parlementaire, invoquant de manière incantatoire le suffrage populaire comme un chèque signé en blanc. Cette droite ne sert guère que les intérêts d'une oligarchie étroite et d'un petit troupeau médiatique d'invités au banquet. Mais son art serait de s'adapter à la psyché contemporaine, en cherchant à hébéter les volontés plutôt qu'à les briser. Tocqueville parlait d'un "despotisme plus étendu et plus doux, qui dégraderait les hommes sans les tourmenter". Raffaele Simone parle de "monstre doux", de pieuvre suave. En regard, toute forme d'opposition est démunie, paraît d'emblée gangrenée par les normes de l'adversaire, vidée de ses propres ambitions (Aude Lancelin, Nouvel Observateur n° 2396).
Les historiens traditionnels (André Alba dans Malet-Isaac) ont décrit déjà d'une certaine manière des phénomènes apparentés en disant que certains peuples parfois accordaient tout au pouvoir contre l'ordre et la paix sociale, soit encore échangeaient avec le prince "le repos contre la liberté", par exemple après les troubles de la Fronde, ou encore après la Terreur et le Directoire. Il se dit parfois aussi, dans un ordre d'idées assez proche, que les peuples ont les dirigeants, les intellectuels, la culture qu'ils méritent, qu'ils se donnent en fonction de ce qu'ils sont. Comme si les masses étaient en quelque façon et à un certain degré (ir)responsables de l'usage de leur volonté générale dans la négociation du contrat social.
Ce sont des phénomènes de ce genre que la "psychologie collective analytique", soit encore la "psychanalyse sociale", devraient s'attacher à mieux prendre en compte, d'un point de vue théorique certes puisque ce sont des modes spectaculaires de destins de l'inconscient, mais du point de vue pragmatique aussi parce que c'est le moyen pour la pensée psychanalytique contemporaine de se situer dans cet espace de la crise générale moderne, en particulier française, d'y localiser et d'y fixer ses adversaires, comme de savoir leur répondre de manière appropriée.
37. Le débat sur la psychanalyse dans la crise en France, tome 1 : Onfray, Janet, Reich, Sartre, Politzer, etc., ibid., 2011, 261 pages. DP1.
Cet ouvrage, faisant suite à la série des Anti-Onfray 1, 2 et 3, se propose en premier lieu la discussion critique et la réfutation du second ouvrage de Michel Onfray, intitulé "Apostille", et paru en octobre 2010. Onfray voudrait bien la psychanalyse mais sans Freud, nouvelle contradiction à ajouter à celles dont il a déjà coutume, en désaccord relatif sur ce point avec certains de ses alliés du livre noir sur la psychanalyse qui préféreraient remplacer plus complètement encore le docteur Freud par les médecins et pharmaciens de Molière.
Des auteurs comme Reich, Janet, Sartre, mais surtout Politzer, nous ont paru importants à revisiter dans la perspective d'une telle réfutation. Leur évaluation correcte échappe complètement à Onfray qui prétendrait les annexer à son propos, alors qu'ils viennent bien plutôt à l'appui de la psychanalyse.
Par ailleurs, en dehors de nos propres travaux, la prise en compte d'une réévaluation de la psychanalyse s'avère difficile dans la période actuelle, avec certaines tentatives toutes récentes, laborieuses mais timides, d'un "droit d'inventaire sur Freud" (Marmion et col. 2010).
Les deux volumes de cet ouvrage se complètent, mais peuvent être lus de manière complémentaire. Dans l'état des choses, des solutions seraient à portée, mais la volonté et l'unité politiques des intéressés manquent encore. La psychanalyse doit réfléchir sur ses problèmes tant externes qu'internes, en tout cas discuter davantage son lien possible avec les neurosciences comme avec la médecine et le peu qui reste de la psychologie à l'université.
38. Le débat sur la psychanalyse dans la crise en France, tome 2 : (In)culture, (dé)formation, aliénation, ibid. 2011, 244 pages. DP2.
Les vues très discutées de Michel Onfray sur la psychanalyse s'inscrivent dans le cadre d'une crise globale de la société française, dont elles forment l'un des vrais symptômes, et dont certains aspects très visibles ont été plus particulièrement retenus ici : le désengagement critique d'une production intellectuelle médiocre et limitée à des sujets de vie banale, la crise généralisée d'une école publique primaire, secondaire et supérieure mise en concurrence concertée avec un secteur privé conquérant, enfin l'aliénation privative progressive du patrimoine national.
On en vient alors de là à plusieurs autres questions d'actualité clinique et sociale : la psychanalyse face à ses critiques vulgaires dans le champ médical, face aussi à l'expansion dangereuse des psychotropes, face enfin aux empiétements résolus des pouvoirs publics. En même temps surgiraient des formes nouvelles et encore mal connues de censure littéraire par les moyens modernes de la (dés)information. Les deux volumes de notre ouvrage se complètent, mais peuvent être lus de manière complémentaire. Dans l'état des choses, des solutions seraient à portée, mais la volonté et l'unité politiques des intéressés manquent encore. La psychanalyse doit réfléchir sur ses problèmes tant externes qu'internes, en tout cas discuter davantage son lien possible avec les neurosciences comme avec la médecine et le peu qui reste de la psychologie à l'université.
39. Six Manifestes contre le DSM, tome 1 : Présentation et commentaires, ibid., 2011, 228 pages. SM1.
La rédaction, en la période resserrée de tout juste un an (2010-2011), de six Manifestes contre le DSM représente l'un des événements les plus importants dans les sciences de la vie mentale, depuis la disparition de Jacques Lacan et de Jean Piaget en 1980-1981. Le DSM, ou Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux, de source essentiellement nord-américaine n'en prétend pas moins à une hégémonie croissante mais de plus en plus discutée aussi sur l'ensemble de l'espace mondial. Or la rédaction et la publication communes des Six Manifestes de Ravenne-Italie (2), Paris-France, Barcelone-Espagne, Buenos Aires-Argentine et Sâo Joâo Del Rei-Brésil, organise le fait sans précédent de la première émergence réelle d'un front unique des cultures latines contre l'impérialisme idéologico-scientifique nord-américain en matière de soins psychiques.
Les deux volumes de notre ouvrage sont coordonnés mais peuvent être lus séparément. Dans ce tome 1, nous présentons d'abord ces six manifestes, dont trois ont été traduits par nos soins, en les assortissant de commentaires et d'annotations personnelles. On s'intéresse ensuite à présenter pour la première fois aussi le cadre philosophique de ce que nous appelons "les divers visages de l'empirisme nord-américain".
40. Six Manifestes contre le DSM, tome 2 : Suite des commentaires : Censure, Crise de l'enseignement, ibid., 2011, 234 pages. SM2.
Le DSM n'est que l'une des manifestations, certes spectaculaire, d'un impérialisme idéologico-scientifique propre à l'empirisme nord-américain. En fait, l'esprit d'autoritarisme technocratique propre au DSM est présent aussi bien ailleurs qu'en psychiatrie, dans d'autres secteurs de notre vie sociale. Tout d'abord, une telle configuration exercerait une emprise diffuse mais incontestable en un domaine tel que la circulation et le contrôle de l'information par le Web. Il y aurait lieu de parler d'une forme incontestable de filtrage et même de censure de la psychanalyse par un tel canal ainsi du reste que par d'autres médias, télévision, radio et presse, comme on l'avait déjà montré dans Anti-Onfray 2 et Anti-Onfray 3. On poursuit également les analyses entreprises dans Le débat sur la psychanalyse dans la crise en France tome 2, à propos des enseignements primaire et secondaire, sur lesquels aussi pèse aujourd'hui le paradigme, essentiellement lié à l'empirisme nord-américain, d'un homme-cybermachine, offrant un modèle de formatage mental pour les enfants destinés, par un tri social précoce et irréversible, à "la fabrique des citoyens de deuxième classe".
Les deux tomes de cet ouvrage sont coordonnés mais peuvent être lus séparément. Plutôt que d'un mythique conflit des civilisations, il y a lieu de parler déjà au sein de la culture occidentale elle-même d'un conflit entre les deux paradigmes du sujet et de l'homme-cybermachine
41. Mes soirées chez Lacan. Préface : É. Jalley, pages 11-39, 29 pages. Interviews à : Ch. Melman, M. Czermak, M. Drazien, Cl. Landman, J.-J. Tyszler, M.-Ch. Cadeau. Par le soin de : C. Fanelli, J. Jerkov, D. Sainte Fare Carnot. Roma, Editori Internazionali Riuniti, 2011. MSL.
La Préface d'Émile Jalley décrit, en les rattachant à ses propres souvenirs des années 1950-1960, certaines circonstances du contexte intellectuel et historique de la carrière de Jacques Lacan.
On parle aussi de l'intérêt toujours actuel de la pensée-Lacan par rapport à ce qui se profile depuis les années 1980 mais surtout 2000 comme une crise de la psychanalyse en France.
Les habitudes d'égocentrisme dans la gestion du pouvoir groupal sont telles dans certains milieux actuels de la psychanalyse que, malgré l'intérêt réel de son texte dont le concours lui avait été explicitement demandé par le Prince régnant sur ces grenouilles (La Fontaine), le nom d'Émile Jalley n'a même pas été reproduit sur la couverture de l'ouvrage.
42. La crise de la philosophie en France au XXIe siècle. De Parménide et Héraclite à Lacan, Paris, L'Harmattan, 2013, 388 pages. CPF21.
Ce livre est écrit en jumelage avec un second intitulé Althusser et quelques autres, Notes de cours 1958-1959. Hyppolite, Badiou, Lacan, Hegel, Marx, Alain, Wallon, dont on parle plus loin.
Il a existé un paradigme de la démarche dialectique en philosophie, illustré par une succession riche et continue d'auteurs entre Platon et Lacan. Ce paradigme concerne un noyau rationnel de la contradiction formé de trois temps : une double composante statique (structure) et dynamique (mouvement), ainsi que l'articulation de ces deux versants en un produit. Hegel a rendu hommage à Descartes de l'avoir retrouvé à l'aube des temps modernes. Or c'est de ce paradigme de la contradiction dialectique que la philosophie en France ne semble plus avoir su faire usage dans la période consécutive à 1968. L'usure de ce paradigme d'origine judaïque, grecque, française et germanique aurait alors cédé la place à l'invasion des variantes d'un hyperempirisme anglo-américain, de type scientiste, opportuniste et niveleur. Ce mouvement aurait été servi en France par l'expansion de l'idéologie structuraliste postérieure aux années 60. Lacan semble à peu près le seul parmi ses contemporains à avoir maintenu et enrichi aussi les traits de ce paradigme dialectique par sa démarche de pensée, sous forme d'un hypermodèle transdialectique 2/3/4.
Le désenchantement à l'égard du paradigme classique de la dialectique se perçoit de façon significative dans le remarquable panorama qui a été produit de la philosophie française entre 1960 et 2000 par Alain Badiou (2008, 2013).
Le déclin de ce paradigme dialectique classique comporte le corollaire d'un effacement de l'humanisme européen traditionnel, dont relèvent à la fois la mise en question de la psychanalyse, l'intrusion d'un mode de pensée convenant à l'homme cyber-machine, et la nouvelle nosologie biologisante en psychiatrie. On verra aussi le tableau et les graphiques des pages 74-87.
43. Louis Althusser et quelques autres. Hyppolite, Badiou, Hegel, Marx, Alain, Wallon. Notes de cours 1959-1960, ibid., 2013, 390 pages. LAQA.
Ce livre est écrit en jumelage avec le précédent intitulé La crise de la philosophie en France au XXIe siècle, dont il question plus haut.
Les Cours pour la préparation à l'agrégation de philosophie de l'année 1958-1959 de Gilles Deleuze, Louis Althusser et Jean Hyppolite forment 150 pages de documents originaux et d'une remarquable qualité de pensée, qui restaient jusqu'à ce jour totalement inconnus. Leur situation historique au tournant des années 60, en fait des témoignages précieux et irremplaçables de l'état encore brillant de la philosophie universitaire, dans la période de transition de l'existentialisme (1945-1955) au structuralisme (1960-1980), en même temps période progressive de la disparition de la pensée dialectique sous la pression invasive d'une "pensée-à-droite" (1980) (Terray), avec laquelle va s'installer la crise de la philosophie française au XXIe siècle.
L'intérêt de ces Cours est aussi de révéler un Louis Althusser très étonnant, en tout cas totalement différent de ce qu'en a fait l'histoire à partir de 1965, auparavant passionné par la psychologie et soutenant la descendance continue de Marx à partir de toute la pensée politique dès le début du 17e siècle. Un véritable scoop.
D'autres types dialectiques s'identifient dans cette période d'avant 1960, dans la lecture que la philosophe Alain fait d'auteurs tels Hegel et Marx, de même que dans les démarches des psychologues Henri Wallon et Germaine Wallon.
44. Richard Kroner, De Kant à Hegel (1921-1924), 2 vol., traduction par Marc Géraud, Introduction par Émile Jalley (Tome 1, pp. 7-18, 12 pages), ibid., 2013, 395, 338 pages. VKBH.
La période de l'Idéalisme allemand, celle illustrée par la double figure de la philosophie critique puis romantique allemande, est justement celle qui va "De Kant à Hegel", d'environ 1780 à 1820. Cette période, d'abord fécondée par les courants multiples du luthérianisme, du développement scientifique (Newton, Lavoisier), et de la pensée prérévolutionnaire française, aura été à la source de toutes les grandes formules du génie moderne (Marx, Freud, Einstein même, et autres paradigmes des sciences humaines et sociales).
Ce "moment allemand" serait d'une importance comparable à celles du "moment grec" (IV-IIIe siècles av. J.-C.) et même, selon Alain Badiou, d'un "moment français" compris entre 1960 et 1980 environ.
La crise actuelle de la philosophie, et de certains des savoirs connexes dans la culture (psychologie, psychanalyse, pensées économique et politique) devrait inviter à un retour, nécessaire et salutaire, aux sources de cette période 1780-1820, d'où ont surgi pour l'esprit moderne, après la phase préparatoire de la pensée française classique (Descartes, Pascal) puis des Lumières (Diderot, Voltaire, Rousseau), les deux démarches de pensée somme toute assez parentes de Marx et de Freud. Or c'est leur invalidation supposée qui ferait aujourd'hui question, au point de paraître boucher l'avenir de toute nouvelle avancée.
La tendance à écraser la science sur la technologie est un autre aspect encore de cette même crise fondamentale, à l'enseigne d'un hyperempirisme pragmatique anglo-saxon. Cette forme caricaturale de la religion dans l'utilitarisme du "fait brut", joint au déni de toute conflictualité interne, est la clef de ce qui se présente couramment de nos jours comme la vulgate néolibérale (Hayek, Friedman, Rueff, Baudin, etc.).
Le livre célèbre de Richard Kroner intitulé "De Kant à Hegel" (1920-1924) a toujours passé, aux yeux des connaisseurs en ce champ, pour le plus important de l'école allemande d'histoire de la philosophie depuis la fin du XIXe siècle (Prandtl, Fischer, Zeller, Windelband).
L'ouvrage est construit comme sur une double spire.
Le premier volume va de la "critique de la raison" inaugurée par Kant (1770-1798), sur le trajet de "Platon, Aristote, Leibniz et Galilée", jusqu'à la "philosophie de la nature" de Schelling (1794-1804), en passant d'abord par les premiers critiques du kantisme (Jacobi, Reinold, Maimon) mais surtout la monumentale "doctrine de la science" de Fichte (1792-1804). À partir de Kant, Fichte et Schelling offriront les deux premières marches de l'escalier dont les trois suivantes formeront la magistrale synthèse hégélienne (Logique, Nature, Esprit) à partir de 1801. En fait, ce premier volume ne fait que dégager le premier tour de cette spirale Kant-Fichte-Schelling qui, à partir des premiers travaux des deux derniers, conduira plus tard à Hegel.
Le second volume développe, comme dans un second tour de spire plus large, les premiers résultats présentés par le premier. Schelling convertira l'idéalisme de Kant d'abord dans une philosophie de la nature (1797-1802), pour en faire, mais en compliquant la version fichtéenne, une philosophie de l'identité évoluant elle-même vers une philosophie de l'esprit. Alors intervient Hegel pour produire une Encyclopédie (1807-1830) intégrant la Logique (Fichte-Hegel), la Nature (Schelling-Hegel) et l'Esprit (Fichte-Schelling-Hegel-[Freud]), dans le cadre d'une philosophie de l'histoire (Hegel-[Marx]). On étudie au passage des "spectateurs" importants de cette vaste entreprise : Schiller (1795) et Schleiermacher (1797).
Logique (Lacan), Nature (Deleuze), Esprit (Foucault), on n'aura encore parlé que de cela entre 1960 et 1990, mais dans le décousu et plutôt dans la polyphonie, voire parfois la cacophonie. Aujourd'hui que ces brillants oiseaux sont partis, on voudrait tout réduire à la Nature, cependant que celle-ci s'effiloche et se détruit sous nos yeux.
45. Badiou avec Lacan. Roudinesco, Assoun, Granon-Laffont, ibid., 2014, 204 pages. BALA.
Alain Badiou (né en 1937) est l'un des philosophes notables du moment présent. Tandis que Lacan (1901-1981) apparaît avec le recul croissant comme le penseur français le plus important du XXe siècle. Le dialogue établi par Badiou avec la pensée-Lacan aura duré jusqu'ici pendant une quarantaine d'années (1975-2012). Le moment fort en est selon nous Le Séminaire consacré en 1994-1995 par Badiou à Lacan à l'exergue de ce qu'il appelle l'"antiphilosophie", et qui n'est ni plus ni moins qu'une forme particulièrement critique de pensée philosophique. Par ailleurs, le fait qu'un philosophe aussi conséquent que Badiou considère Lacan comme un penseur de très grande dimension doit avertir la psychanalyse elle-même du paradoxe que celui-ci n'aura pas été seulement le plus grand des psychanalystes français.
Élisabeth Roudinesco intervient dans une deuxième partie de notre livre principalement au titre d'être l'auteur commun avec Alain Badiou de leur ouvrage sur Lacan passé présent dialogue paru en 2012 à l'occasion du centenaire de la naissance de Lacan. Cependant Émile Jalley s'autorise aussi, à l'occasion de la discussion de cet ouvrage, un certain nombre de remarques sur l'ensemble de l'œuvre d'Élisabeth Roudinesco, notamment mais pas seulement à propos de la question de l'antipsychologisme, dans la mesure où celle-ci est liée à la question de la crise actuelle commune de la psychologie comme de la psychanalyse, ainsi qu'à la question d'une antidialectique, devenue le fanion d'une pensée française aujourd'hui comme au point mort.
46. La "théorie du genre" dans le débat français. Butler, Freud, Lacan, Stoller, Chomsky, Sapir-Whorf, Simondon, Wallon, Piaget, ibid., 2014, 150 pages. TGDF.
La question du genre passionne le débat public évidemment par le contenu de sexualité qu'elle met en jeu. Mais au-delà d'un tel attrait elle affronte deux camps hostiles autour de la très ancienne question dans l'histoire de la philosophie de l'opposition entre la nature et la culture. Du côté de la nature se trouve ici le positivisme scientifique et parfois scientiste en même temps qu'un naturalisme "spiritualiste" sommaire défendu par la théologie catholique officielle. Du côté de la culture se trouve l'idéalisme sociologique de Judith Butler qui rejoint paradoxalement la position dépassée d'un béhaviorisme social. Dans ce débat, nature et culture s'affrontent sous forme de thèse et d'antithèse, mais sans synthèse possible, entre autres par manque de participation des philosophes comme des psychologues et des psychanalystes, qui laissent seuls, en chiens de faïence, naturalisme biologique et théologique d'une part, sociologues butlériens et consorts d'autre part.
Judith Butler a partiellement raison au niveau de la pratique politique. Mais comme son modèle théorique pèche par incomplétude, il en résulte le caractère superficiel d'une pratique sans effet profond sur le réel, sinon souvent de diversion. Tandis que ses adversaires encouragent un conservatisme social crispé. La crise socio-politique actuelle dans un pays comme la France montre qu'il ne suffit pas d'alléger les contraintes qui pèsent sur les femmes et les homosexuels.
Pourtant l'histoire de la philosophie, comme aussi de la psychanalyse (Freud, Lacan), ainsi que de la psychologie (Wallon, Piaget) avait bien avant mis en chantier, touchant le couple nature-culture, la voie ternaire dialectique à même de surmonter le binarisme stérile où se trouve acculé le débat sociétal en cours. Situation d'autant plus regrettable qu'elle se trouve avoir une incidence sur le système déjà en crise grave de l'organisation scolaire.
47. Sándor Radó : L'angoisse de castration chez la femme, trad. Marc Géraud, Préface par Émile Jalley, 9-27, 19 pages, ibid., 2014, 120 pages. ACF.
Sándor Radó (1890-1972), d'origine hongroise comme Ferenczi, a été l'un des représentants importants de la première génération des psychanalystes viennois.
Aucun de ses ouvrages n'avait été jusqu'ici traduit en français, ce qui explique en partie l'oubli injuste où est tombée sa réputation dans notre pays.
L'angoisse de castration n'a pas la même origine, la même phénoménologie et le même destin chez le garçon et chez la fille. De ce point de vue, Sándor Radó entend rester fidèle à la doctrine de Freud tout en l'enrichissant. La clef psychique de la sexualité féminine normale et pathologique serait d'après lui le conflit développé, en général à partir du stade phallique, par le système de défense établi entre un narcissisme de nature plus "masculine" et un masochisme érogène d'essence plus "féminine". L'angoisse de castration signifie alors la menace d'un danger de retour de la pulsion masochiste vers le moi narcissique. Sándor Radó a été sans fondement sérieux accusé de phallocentrisme. Au contraire, son hypothèse lui permet de proposer une symptomatologie aussi originale que cohérente de l'univers des situations singulières de la féminité.
Sándor Radó reconstruit toute la diversité des situations "singulières" de la psychologie normale et pathologique de la femme : sublimation de type "masculin", tyrannie du devoir, homosexualité, frigidité, névroses hystérique et obsessionnelle, névroses actuelles, phobies diverses, perversions variées, psychosomatique.
S. Radó anticipe d'une certaine façon les idées de Lacan sur la psychosexualité humaine où s'opposent la relative abstraction d'un générique masculin à la singularité radicale des situations féminines.
48. Thomas Piketty "Marx du 21e siècle ?", ibid., 2014, 278 pages. TPFM.
Le livre de Thomas Piketty sur Le Capital au XXIe siècle renouvelle avec une grande originalité, dans le contexte de la demande politique de notre époque, l'ouvrage classique écrit par Karl Marx sur le même sujet voici 150 ans.
D'après les travaux de Piketty, le capital national est distribué en proportion fortement décroissante sur la moitié supérieure de la population, cependant que la moitié inférieure n'en possède à peu près rien.
L'inégalité des revenus entre les classes supérieures et les classes populaires ne cesse de s'accroître selon un principe de divergence croissante depuis 35 ans. Cela n'empêche pas une nouveauté par rapport au XIXe siècle : la consolidation d'une assez large classe moyenne qui aspire à recevoir une partie plus grande du revenu du capital. Telle est la clef du succès phénoménal du livre aux États-Unis, même en Chine. La contestation vient d'abord du milieu plutôt que du bas.
Le 1 % des Privilégiés de l'Ancien Régime subsiste toujours en France, avec en dot une part presque équivalente à un quart du patrimoine national, ce que l'on peine à croire.
Ce livre a été conçu en jumelage avec un autre, dont il est question ci-après, intitulé : Thomas Piketty : La mécanique des inégalités en France : injustice fiscale, crise de l'enseignement, contre-réforme sociale, (dé)colonisation. Mais chacun peut être lu de façon indépendante.
49. Thomas Piketty : la mécanique des inégalités en France, injustice fiscale, crise de l'enseignement, contre-réforme sociale, (dé)colonisation, ibid., 2014, 280 pages. TPMIF.
Les deux symptômes majeurs de la maladie française sont l'injustice fiscale et la crise de l'enseignement. Le premier serait remédiable à court terme sous réserve d'une véritable volonté politique. Le second résulte d'une pathologie institutionnelle indurée depuis les années 1950, et est devenu de plus en plus difficile à ressaisir.
Thomas Piketty s'intéresse à ces deux questions comme à des bancs d'essai, et même des mécanismes d'appui connexe à son hypothèse d'un accroissement progressif des inégalités patrimoniales depuis les années 1980.
Inégalité fiscale : l'hypofiscalisation et l'hyperfiscalisation relatives de deux grandes classes, celle "d'en haut" et celle "d'en bas" - constat d'une évidence contraire à tous les préjugés reçus - joue à l'évidence dans le sens de l'ouverture croissante du spectre des inégalités dans la répartition du revenu social et de son épargne.
Inégalité scolaire : de son côté, le dispositif institutionnel de l'Éducation nationale n'a pas d'autre fonction réelle, contrairement à la rhétorique officielle imposée au public, que d'ouvrir le chemin, vers "le haut" et vers "le bas", à la distribution inégalitaire des revenus et des patrimoines.
Un exemple historique privilégié est la création par les jésuites de l'enseignement secondaire, conçu comme "égalitaire" au XVIIe siècle puis faisant choix dès le XIXe siècle d'un parti bien plus "inégalitaire". L'enseignement public depuis les années 1870 aurait évolué de la même manière.
Inégalité socio-économique : au bénéfice de l'accroissement des inégalités de revenus et de capital joue également la régression progres-sive de l'"État social" institué par le Conseil National de la Résistance en 1943.
Ce sont les dépenses énormes occasionnées par près de 25 années de guerres continuelles (1939-1962) qui ont compromis, dans tous les secteurs du système éducatif, la continuité et la cohérence d'un programme national de formation des maîtres d'un niveau de compétence suffisant.
L'inégalité civique et politique représente l'autre face malencontreuse de cet héritage social lié aux difficultés de la (dé)colonisation.
Ce livre a été conçu en jumelage avec un autre intitulé : "Thomas Piketty "Marx du XXIe siècle ?", dont il est question plus haut. Mais chacun, comme déjà dit, peut être lu de façon indépendante.
50. Henri Wallon : Qua trinh phat trien tall y cua tré em Loi tua cua Émile Jalley, Nguoi dich : Ta Thi Phuong Thuy, Nha xuat ban Thé Gioi, traduction en vietnamien de L'Évolution psychologique de l'enfant, avec le soutien des programmes d'aide à la publication de l'Ambassade de France au Vietnam et de l'Institut français, 2014, 314 pages. HWV.
51. Association psychanalytique internationale : Bergler, Bibring, Fenichel, Glover, Laforgue, Nunberg, Strachey : Le Congrès de Marienbad 1936. Un rendez-vous manqué avec Lacan, traduction de Marc Géraud, Introduction par Émile Jalley (55 pages), ibid., 2015, 148 pages. API.
Le Congrès de Marienbad, tenu en 1936, a été le XIVe Congrès de l'Association Psychanalytique Internationale (API), l'avant-dernier tenu avant la Deuxième Guerre mondiale - le XVe et ultime ayant été tenu à Paris en 1938 alors que Freud s'est déjà exilé à Londres.
Le Congrès de Marienbad est connu par la circonstance que Jacques Lacan y a été empêché par le Président Ernest Jones de prononcer jusqu'au bout sa première intervention sur la scène internationale à propos du stade du miroir.
Cependant, les conférenciers et leurs interventions en étaient restés jusqu'ici inconnus du public. Celles-ci mettent en jeu les conceptions différentes, à propos des résultats thérapeutiques de la psychanalyse, de l'École Viennoise représentée par les partisans d'Anna Freud et de l'École anglaise défendue par ceux de Mélanie Klein.
Lacan a rejeté sans hésitation le premier modèle mais plutôt assimilé de façon originale le second.
Les réponses ultérieures de Jacques Lacan aux conférenciers de Marienbad occupent une cinquantaine de pages de textes produits sur une vingtaine d'années (1954-1972). Seulement indiquées ici, elles ouvrent une fenêtre partielle inédite et plus qu'intéressante sur son œuvre immense, et dont une grande part reste à déchiffrer et à défricher.
Les débats de Marienbad intéressent par ailleurs l'époque actuelle par la confrontation très serrée et très argumentée qu'ils établissent entre les résultats de la psychanalyse et ceux des psychothérapies, dans une perspective de large ouverture et sans parti pris, posant l'hégémonie mais sans exclusive et dans la complémentarité de la première sur les secondes.
Il en ressort que, sans négliger en rien ceux des psychothérapies, les résultats de la psychanalyse seraient plus profonds et plus durables.
C'est ce type de perspective, ouverte sur une synthèse entre contraires apparents, qui paraît manquer beaucoup dans le débat français contemporain, à cet égard et à bien d'autres, par exemple à propos encore de la théorie du genre.
Il était prévu à l'origine du projet de ce livre d'y faire figurer en annexe les réponses produites par Jacques Lacan, tout au long de sa carrière, aux sept orateurs du Congrès de Marienbad. Celles-ci, qui forment une cinquantaine de pages, produites sur une quarantaine d'années, sont d'un très grand intérêt. Malheureusement, l'autorisation n'en a pas été donnée par les héritiers de Jacques Lacan, et on peut trouver que c'est dommage.
52. Karl Bühler : Le développement psychologique de l'enfant, Iena, Fischer, 1918 traduction par Marc Géraud, Introduction par Émile Jalley (165 pages), ibid., 2015, 507 pages. KB.
Le livre de Karl Bühler sur "le développement psychologique de l'enfant" est le premier grand ouvrage général de psychologie développementale, paru en 1918, à une époque où la carrière des grands psychologues Henri Wallon et Jean Piaget n'a pas encore vraiment débuté.
Karl Bühler s'accorde sur beaucoup de choses avec la psychanalyse, dont curieusement il ne parle pas, bien que professeur à l'Université Vienne à l'époque où Freud y travaille. Il reconnaît la première place à l'affect dans la première phase du développement. Puis une place privilégiée au langage comme moteur principal du développement de la pensée. Il voit aussi le dessin comme un support manuel de la parole (Leroi-Gourhan). Enfin, Bühler distingue trois fonctions du langage : expressive, interpellative et représentative qui préfigurent indiscutablement les trois instances lacaniennes : Réel, Symbolique, Imaginaire. Par ailleurs, une page étonnante du livre dit déjà à peu près tout ce qui s'est redit par la suite sur la conduite de l'enfant devant le miroir. Mais de telles rencontres ont toujours existé dans l'histoire des idées.
Enfin, la conception que Bühler se forme de la psychologie de l'enfant l'ouvre à une interdisciplinarité encyclopédique avec l'ensemble des sciences naturelles, humaines et sociales (psychobiologie, pédiatrie, anthropologie, linguistique, esthétique), mais surtout à un souci d'alliance essentielle avec les applications pédagogiques, dans la visée d'une psychopédagogie fondamentale dont le secret a été perdu en France depuis la disparition d'Henri Wallon en 1960. Et dont le présent aurait le plus grand besoin.
53. Hermann Samuel Reimarus : Fragments de l'anonyme de Wolfenbüttel édités par Gotthold Ephraim Lessing, traduction par Marc Géraud, Introduction par Émile Jalley (89 pages), ibid., 370 pages, 2015. HSR.
Gotthold Ephraim Lessing (1729-1781) est un écrivain allemand des Lumières, contemporain de Kant. Dans ce livre (1774-1477), il utilise le subterfuge d'exposer ses opinions personnelles sous couvert de celles, particulièrement subversives pour l'orthodoxie religieuse, d'un théologien luthérien dont la carrière avait été d'une trentaine d'années antérieure à la sienne : Hermann Samuel Reimarus (1694-1768 ; 1744).
Dans leur démarche commune, l'idée d'un christianisme raisonnable, sous forme d'une religion naturelle, d'une religion rationnelle pratique, distincte du christianisme apostolique, d'un déisme sans la divinité du Christ, ouvre ici désormais la porte à une libre pensée œuvrant pour un humanisme de la tolérance, respectant "la langue et le livre de la nature".
Jésus a échoué dans son projet d'être reconnu comme le Roi des juifs. Ses disciples ont détourné son corps après son supplice. Le miracle de la Pentecôte est une fable inventée trente ans après par la plume de Luc. L'examen sérieux des quatre évangélistes montre des contradictions intenables. Jésus n'a jamais baptisé lui-même ni demandé qu'on baptise. Une partie des juifs croyait déjà à la résurrection des morts, à la double venue d'un Messie, et à l'installation par lui d'un règne visible. Une révélation universelle à partir d'un seul lieu était chose d'emblée impossible. Il n'y a ni péché originel, ni prédestination ni enfer. Pas de chute à racheter par on ne sait quel sacrifice divin. Il n'y a de foi que du catéchisme ou du charbonnier. La trinité est une élaboration qui n'existe pas dans l'Évangile. Les miracles ont été inventés par les écrivains. La Traversée de la Mer Rouge est une invention impossible dans les faits. Les prophéties sont des allégories tirées par les cheveux. Les martyres ne sont pas davantage une preuve de vérité.
54, 55, 56, 57, 58, 59. Henri Wallon : Œuvres 1 : Délire d'inter-prétation, Psychologie pathologique, Principes de psychologie appliquée, Les mécanismes de la mémoire ; Œuvres 2 1903-1929 ; Œuvres 3 1930-1937 ; Œuvres 4 1938-1950 ; Œuvres 5 1951-1956 ; Œuvres 6 1957-1963, ibid., 2015, 3130 pages. HW.
Henri Wallon (1879-1962) est le plus grand psychologue français. Lui, avec l'autrichien Sigmund Freud (1856-1939) et le suisse Jean Piaget (1896-1980), ont formé le trio des psychologues les plus importants au sein de la culture européenne et même mondiale.
Si inhabituelle qu'elle soit, une telle affirmation par rapport à Freud, Wallon et Piaget n'est pas si difficile à argumenter.
On connaît la liste limitée des noms incontestables de la psychologie américaine : Watson, Hull, Skinner. Witkin ? Osgood ? Miller ? Ce qui n'empêche pas une abondante production quantitative, incontestablement la plus importante du monde.
En France ne manquent pas les noms estimables, au moins jusqu'en 1939 : Ribot, Janet, Foucault, Bourdon, Blondel, Dumas, Delacroix, Burloud, Guillaume. Ensuite, il y a Piéron, Lagache (Fraisse ? Reuchlin ? On veut rire…) Mais aucun, il faut bien le dire, n'approche la taille de ces trois "géants" (Zazzo 1983).
Par ailleurs, Henri Wallon a été, avec Paul Langevin (1872-1946), l'un des physiciens importants de son époque, l'auteur d'un Plan Langevin-Wallon (1947) de réforme de l'enseignement, qui n'a jamais été sérieusement étudié par les autorités. Il a aussi été le créateur d'une psychologie scolaire progressivement rognée avant de disparaître. Ce sont des causes importantes, entre autres, de la grave crise actuelle de l'Éducation nationale.
On republie dans cette nouvelle édition en 7 volumes la moitié environ de l'œuvre d'Henri Wallon, plus celle de son épouse et collaboratrice Germaine Wallon-Rousset (1893-1953).
Tout d'abord, Le Tome I comprend 4 livres importants de Wallon.
- Sa thèse sur Le Délire de persécution (1909) annonce celle de Jacques Lacan sur la psychose paranoïaque (1932), qui du reste la mentionnera.
- Sa Psychologie pathologique (1926), le premier ouvrage français de synthèse sur ce sujet, amorce un dialogue intéressant de la psychologie de l'époque avec la psychanalyse.
- Les Principes de psychologie appliquée (1930) installent la personne individuelle au centre de la psychologie du travail, de la psychologie des tests, de la psychologie commerciale et de la psychologie de la justice.
- Les mécanismes de la mémoire (1951) inaugurent une nouvelle psychologie expérimentale ouverte aux notions de "fonction" et de "style individuel".
À la suite, les Tomes 2, 3, 4, 5, 6 publient 318 articles oubliés d'Henri Wallon sur l'ensemble des champs de la psychologie scientifique. Ceux-ci recouvrent de manière encyclopédique des thèmes aussi variés que : la psychologie de l'enfant ; la psychologie de l'éducation et l'orientation scolaire ; la psychologie pathologique ; la psychologie générale ; la psychologie appliquée ; la psychologie du travail ; l'orientation professionnelle ; la psychologie différentielle ; la psychométrie ; la psychologie sociale ; la psychanalyse ; la psychologie anthropologique et comparée ; la psychologie esthétique ; l'épistémologie et la philosophie ; la réforme de l'enseignement ; la politique générale.
Une grille commode des numéros d'articles (pages 10 et 11 dans chaque volume) permet de s'orienter parmi ces thèmes à travers les 5 volumes consacrés aux articles.
60. Germaine Wallon : Les notions morales chez l'enfant, 1949, ibid., 2015, 250 pages. GW.
Enfin, le Tome 7 de cette réédition volumineuse porte sur Les Notions morales chez l'enfant (1949) de Germaine Wallon-Rousset (1893-1953), l'épouse et collaboratrice d'Henri Wallon.
L'auteur fait une étude comparative, au point de vue des différentes valeurs du jugement moral, en montrant leurs ressemblances et leurs différences, chez garçons et filles d'âge scolaire : méchanceté, bonté, bravoure, malhonnêteté, action honteuse.
Les conclusions originales, sur la relative "autophilie sexuelle" de la morale enfantine, se prêtent à d'intéressantes comparaisons sur ces points de vue avec les vues classiques de la psychanalyse, également avec la perspective de Jean Piaget sur le jugement moral (1932), mais aussi d'autres auteurs (Bianka Zazzo 1958, Kohlberg 1958).
Par une telle autophilie sexuelle, l'auteur veut dire qu'au cours de cette période scolaire (la période de latence selon Freud), chacun des deux sexes s'estime préférable, se survalorise par rapport à l'autre du point de vue des valeurs considérées : bonté, etc. Ce qui ouvre une perspective peut-être limitée, mais intéressante sur une discussion récente touchant la question du "genre" dans le cadre scolaire.
Le Laboratoire de Psychobiologie de l'enfant, auquel ont appartenu Germaine Wallon-Rousset, mais aussi André Ombredanne, les époux Zazzo, Cécile Beizmann, Hélène Gratiot-Alphandéry, Eugénie Evart-Chmielniski, et qui a été dirigé par Henri Wallon, situé au lieu aujourd'hui de l'INETOP (rue Gay-Lussac), a été le site de recherches en psychologie de l'enfance et de l'adolescence probablement le plus fécond en France entre 1922 et 1962.
La réédition de ce livre de Germaine Wallon est bienvenue en cette période d'interrogation sur les valeurs de l'école laïque et républicaine.
Elle intéresse aussi par exemple le débat français d'actualité sur la "question du genre", rendue stérile par l'attitude d'une débilité obtuse de partisans tels que les champions de la "Manif pour tous".
61. La réforme du collège. Sauver l'école. Une question de vie ou de mort, Paris, ibid., 2015. RCQVM.
La société française ressemble d'une certaine manière à la grande métaphore de la République de Platon : ceux du haut (la tête), ceux du milieu (le cœur) et ceux du bas (le ventre), dont l'équilibre dans l'inégalité est appelé par lui la "justice".
D'après le travail de Landais-Piketty-Saaz sur la "révolution fiscale" (2010), ceux du haut (10 %) possèdent presque le plus gros morceau du gâteau social (62 % du capital), ceux du milieu (40 %) bien moins (34 %), et ceux du bas (50 %) presque rien (4 %).
C'est dans ce contexte social très âpre d'inégalité économique et patrimoniale qu'intervient la réforme du collège. Or celle-ci, au prétexte de la "démocratie", pourrait bien se présenter comme une mystification en image inversée, un mirage, un leurre, un appât qui aurait pour fonction de faire accepter à l'ensemble du corps social, mais surtout à ceux de l'hémi-France d'en bas la part d'injustice nécessaire à la fiction égalitaire de la grande machine parlementaire sociale-libérale.
L'inégalité scolaire, liée notamment à la concurrence de deux écoles, n'est pas un problème susceptible d'être traité à part, car elle appartient à un nœud gordien surdéterminé d'inégalités diverses qui se renforcent.
C'est par l'inégalité fiscale, celle notamment touchant le capital (Thomas Piketty, 2010, 2013) qu'il s'agirait de commencer, alors que nul, quel que soit sa couleur politique, aujourd'hui ne souhaite même l'envisager.
62. Johann Gottlieb Fichte : La doctrine de la science 1794. Tome 1
ibid., 2015, 248 pages. DS1.
Ce livre a été conçu en jumelage avec un second lui servant de commentaire et intitulé : Émile Jalley : La Doctrine de la science 1794 de Johann Gottlieb Fichte. Naissance et devenir de l'impérialisme allemand. Tome 2.
Johann Gottlieb Fichte (1762-1814) est un grand philosophe allemand, "fils" de Kant et "père" de Hegel. Il a été l'inventeur de la nouvelle dialectique moderne, dont feront usage Hegel, puis Marx, avant d'autres (Engels, Lénine, Mao Zedong, Bachelard, Merleau-Ponty, Sartre).
Le texte de Fichte que nous présentons ici sur la Doctrine de la science passe pour l'un des, sinon même le plus difficile de la littérature philosophique depuis l'Antiquité grecque. Il se présente même comme une forme de rébus, de rêve qui peut exercer une sorte de fascination poétique.
En contraste avec cet ésotérisme théorique, Fichte, auteur des Discours à la nation allemande, a été le premier promoteur, à vrai dire inspiré déjà par Frédéric II le Grand, d'un nationalisme lui-même à la source d'un pangermanisme qui, pour avoir pris des formes nouvelles, n'a pas cessé d'être d'actualité.
Philosophes allemands, Fichte, Hegel et Marx ont ceci d'exception-nel d'avoir eu, bien au-delà de tous les autres philosophes, l'influence la plus considérable sur la réalité historique. Comparables à certains égards sur ce point aux grands fondateurs de religions : Bouddha, Jésus, Mahomet.
Fiche a été également un précurseur important d'idées modernes en psychologie développementale et en psychanalyse (Freud, Wallon, Piaget, Gesell), et à l'origine aussi en partie de la phénoménologie et de l'existentialisme.
63. Émile Jalley : La Doctrine de la science 1794 de Johann Gott-lieb Fichte. Naissance et devenir de l'impérialisme allemand. Tome 2, ibid., 2015, 241 pages. DS2.
Ce livre a été écrit en jumelage avec le précédent intitulé : Johann Gottlieb Fichte : La doctrine de la science 1794. Tome 1.
On s'attache d'abord à l'analyse comparative des différents commentaires qui ont été produits du livre de Fichte : Rivaud, Bréhier, Philonenko, Hyppolite, Kroner, Guéroult.
On étudie ensuite la question de la naissance du nationalisme et même de l'impérialisme allemand à partir de Fichte puis de Hegel, le premier adversaire et l'autre partisan de Napoléon.
Le phylum suit une ligne à peu près continue au moins depuis Frédéric le Grand (1712-1786) : Herder (1744-1803), Fichte (1762-1814), Hegel (1770-1831), les frères Humboldt (1767-1835 ; 1769-1859), Adam Müller, Savigny (1779-1861), Blücher (1742-1819), Metternich (1773-1859), Clausewitz (1780-1831), Bismarck (1862-1890), Bülow, La Ligue Pangermanique (1890), Bley, Forster, Reimer (1905), Tanneberg, Naumann (1915), Cheradame (1916), Hitler (1925). [voir Andler.]
Mais l'idée d'une Germanie impériale, d'un impérialisme germanique a existé bien avant, dans la descendance d'un Charlemagne invoquée comme fondateur, avec les empereurs saxons (Xe siècle), puis ceux de la dynastie Hohenstaufen (XIIe et XIIIe siècles), enfin des dynasties Habsbourg (XVe - XVIIIe siècles), Wittelsbach, Saxe, Wurtemberg et Hohenzollern (1871-1918). Malgré certaines périodes d'affaiblissement voire d'éclipse.
Un second courant, universaliste, de l'idéologie allemande, l'autre face du visage ambigu de Faust, se tient à l'écart du premier : Kant, Goethe, Schiller. Les cas de Nietzsche et de Richard Wagner sont plus indécis.
En tout cas, le fait patent d'une domination économique et politique de l'Allemagne sur l'Europe et par ce biais sur la France est refoulé hors de la conscience publique dans le débat français, hormis les philippiques occasionnelles sur le seul bouc émissaire Heidegger.
Dans un tout autre ordre d'idées, il me semble que la thèse développée par mon ouvrage de 2013 sur La crise de la philosophie en France au XXIe siècle, - à savoir que la clé en est un double refoulement de Marx et de Freud (Tout sauf Marx et Freud, TSMF) - est, même si juste, insuffisamment argumentée du point de vue d'études précises en matière d'histoire des idéologies depuis les années 1939.
Aux philosophes professionnels, cette thèse peut sembler banale, naïve, primaire, peut-être même sotte et vulgaire. Il est vrai qu'il leur faut aujourd'hui des mets bien plus délicats pour plaire à leur goût si sophistiqué, depuis la mort de Dieu avant le grand dépassement de la métaphysique, naguère proclamés par Nietzsche et Heidegger.
Or l'examen de tous les ouvrages reconnus en ce domaine (environ 30 titres depuis 1955 environ) tend à confirmer une telle hypothèse. Et c'est ce que nous montrerons d'abord dans un prochain livre sur la Critique de la raison philosophique.
Il ne s'agit pas de "préconiser" un retour à Marx et à Freud : sur le Radeau de la Méduse tout le monde s'en moque, chacun n'y fait que guetter la mort de son voisin pour pouvoir en dévorer le cadavre, sauf à tout le moins le jeter à la mer pour mieux s'étaler à sa place.
Il est vrai aussi qu'aujourd'hui, le poids massif de la montagne d'argent, le couvercle d'or même, qui écrase l'humanité, représente la forme principale de l'"aliénation" au sens philosophique (l'Entfremdung d'Hegel et de Marx) comme à celui de la psychopathologie, situation qui devrait empêcher les philosophes de dormir, s'il s'intéressaient moins à la séquence monotone des méandres de leur carrière universitaire. Mais autour de cette question, comme autour de celle du politique en général, ils tournent en caquetant comme des canards qui ont trouvé un couteau dans la boue de leur bassecour. De fait, ce que l'on appelle de nos jours "philosophie politique" se tient à un niveau de conservatisme et conformisme médiatique, néolibéral et pro-atlantique que l'on n'imagine pas (Jean-Pierre Dupuy, Bruno Latour, etc.).
En ce qui concerne la psychanalyse - autre objet important du refoulement moderne - il y a Lacan, l'un des tout premiers philosophes du XXe siècle, il existe donc la très dense composante philosophique de la pensée-Lacan, et il faudrait que les philosophes s'efforcent d'abord d'y comprendre quelque chose. Du moins est-ce l'avis d'Alain Badiou, et sur ce point au moins, il a raison.
Par ailleurs, en dehors du veau d'or plus que jamais debout, Dieu n'est pas si mort que cela : le voilà qui rentre en force par la fenêtre, à travers les tourments délicieux de la conscience religieuse, si préoccupée de renouer avec l'antique mamelle du spiritualisme, dont s'est abreuvé avec une constance obstinée un large courant de la pensée française depuis la Restauration jusqu'au néothomisme (Renouvier, Lachelier, Hamelin, Lequier, Maritain, Lavelle, Blondel, Guitton, Ricoeur…).
Certains auteurs en économie contemporaine devraient attirer l'attention des philosophes au moins sérieux et responsables quant au souci d'approcher la modernité : outre Piketty, Économistes atterrés, Gaël Giraud, Pierre Ivorra, Steve Keen, François Morin.
La première question est de savoir, parmi eux, qui fréquente qui, qui s'entend avec qui, et pourquoi ? Ils ne l'annoncent pas forcément. La question clé, le pont aux ânes, la boussole, étant, à cet égard, de savoir comment chacun se situe par rapport aux thèses fondamentales du modèle marxiste, à commencer par la pensée de Marx lui-même d'après ses propres textes, et avant tout Le Capital. Mais cela chacun ne l'annoncera pas forcément non plus.
Des questions du même genre devraient être familières aux philosophes dans leur domaine : après les carrefours principaux que représentent des auteurs tels que Descartes, Kant, Hegel, comment les philosophes ultérieurs se positionnent-ils ? Spinoza et Leibniz par rapport à Descartes ? Fichte, Schelling et Hegel par rapport à Kant ? Marx par rapport à Hegel ?
64. Elsa Köhler : La personnalité de l'enfant de trois ans, traduction par Marc Géraud, Introduction par Émile Jalley, ibid., 2016. EK.
Elsa Köhler (1899-1940) est une psychologue allemande, disciple de Karl Bühler, qui a joué un rôle pionnier à Vienne, dans les années 1920-1940, touchant la création de la psychologie de l'enfance et des sciences de l'éducation. Son influence s'est exercée aussi sur le système scolaire suédois, connu aujourd'hui comme l'un des plus performants au monde.
Son ouvrage le plus important : La Personnalité de l'enfant de trois ans (1926) a joué un rôle historique important en France, où il a d'abord été connu, cité et utilisé par Henri Wallon, le plus grand psychologue français, dans son ouvrage majeur de 1934 sur Les Origines du caractère chez l'enfant. Puis à nouveau à partir de là, par Jacques Lacan, le plus célèbre psychanalyste français, à plusieurs reprises dans ses Écrits (1966 ; 1946, 1948).
Ce qui stimule l'intérêt commun des deux auteurs, c'est la question des formes primitives de la conscience où interviennent des conduites d'une valeur clinique majeure telles que les monologues dialogués et le transitivisme.
Mais bien au-delà de ces rencontres locales, le lecteur moderne aura l'occasion dans ce livre injustement méconnu de découvrir un style de psychologie d'un humanisme riche et concret, de tradition proprement européenne, et qui tranche totalement avec la rhétorique scientiste qui a marqué de plus en plus, depuis déjà une cinquantaine d'années, l'américanisation d'une psychologie obsédée par le modèle d'un homme cyber-machine.
Remarques : L'idéologie française est le thème de recherche auquel Émile Jalley se consacre, dans la perspective de la préparation d'un probablement "dernier" livre.
Ce premier thème comporte l'élargissement vers un thème à la fois plus précis et plus englobant :
Critique de la raison philosophique. Essai sur le malaise dans la culture française.
Le dernier ? Parce que l'auteur pense avoir, pour ce qui le concerne, épuisé le sujet de ce qui touche la crise de la psychologie et celle de la philosophie dans le cadre d'ensemble de la crise généralisée de la culture, de la politique, et de l'ordre économique et social au sein de l'espace français.
La psychologie et la philosophie sont aujourd'hui réduites à l'état de cadavres, de momies, de têtes réduites, dont il ne reste pas grand-chose à dire. Ce diagnostic vaut au moins pour la psychologie. Touchant la philosophie, on a l'impression qu'en dehors de l'histoire de la philosophie elle-même qui reste un noble métier, les philosophes qui se risquent à voler de leurs propres ailes se réclament vaguement du (post)structura-lisme voire même de la phénoménologie. Le fait d'être soupçonnés de marxisme, voire de simple dialecticomanie, étant assimilé à une sorte de crime contre les humanités. D'autres s'activent comme de petites ménagères, en balayant soigneusement devant leur porte (comme dans la Pauvre Belgique vue par Baudelaire), face à l'espace, devenu absurde pour eux comme pour tous, de la vie quotidienne. Voyez les Onfray, les Ferry.
L'objet d'étude qui intéresse l'auteur serait plutôt l'économie, les opinions et les théories économiques. L'économie est, parmi les sciences humaines, la plus difficile de toutes - encore bien plus que la psychologie rabaissée à l'état de barbarie par le discours béhavioristo-cognitiviste régnant -, ceci en raison de la complexité mouvante de ses objets (par exemple la circulation monétaire), ainsi que de la pesante composante idéologique qui y intervient (les contradictions quotidiennes et à jet continu celles des économistes qui pontifient dans les "débats de société").
Malheureusement, cet objet est d'un abord difficile pour un non-spécialiste qui, comme moi, a développé sa carrière dans un tout autre champ.
Cependant, la lecture de Thomas Piketty, et le fait de lui avoir consacré deux volumes d'une masse d'environ 600 pages, m'ont placé devant l'évidence d'un retour incompressible de la pensée-Marx, à l'encontre du refoulement déployé à son endroit par la génération des philosophes des années 1960-1980. Marx est tout aussi dépassé, mais pas plus, et tout aussi incontournable que Platon, Descartes, Kant, Hegel, Heidegger.
65. La psychanalyse pendant et après Lacan. Bion, Blanco, Gaddini, Kohut, Kernberg, Stoller, Robion, Tome 1, ibid., 2016. PPAL1.
66. La psychanalyse pendant et après Lacan, Robion. Remarques sur Jacques Lacan, Tome 2, ibid., 2016, 474 pages. PPAL2.
Jacques Lacan (1901-1981) demeure une sorte d'Everest au milieu du paysage français.
La psychanalyse, qui a été son champ scientifique, est en réalité une sorte de paléontologie psychique, savoir fondamental mais pas plus "utile" au fond à l'utilitarisme moderme que l'anthropopaléontologie physique qu'ont honorée les travaux d'un Yves Coppens.
Certes, la psychanalyse sait d'une certaine manière mieux qu'elles ce que savent les mathématiques, la physique, la biologie, les sciences humaines et sociales (la psychologie, la sociologie, l'économie), même si ces sciences ne veulent pas le savoir, et même si la psychanalyse proclamée en crise ne voulait plus rien en savoir. Oui, la psychanalyse sait "où tout ça tend", même et encore lorsqu'elle le tait.
Car enfin, à quoi bon le dire, et le redire, ce que chacun, pourvu qu'il soit de bonne volonté, peut apprendre par l'étude patiente, et d'abord par sa propre analyse ?
Rien n'interdit aux autres de se débrouiller avec d'autres moyens, y compris ceux de la chimie. Après tout, "ça" peut réussir à certains !
La psychanalyse est le savoir fondamental du Sujet sur le Sujet ainsi que sur tous les objets qu'il porte, tous ses objets. Même si les sciences, devenues adultes, peuvent se passer d'un tel fondement comme d'un luxe inutile. Compte tenu aussi d'ailleurs de ce que ce fondement est en soi fragile, labile, car le fait d'un Sujet troué, sans fond, abyssal par nature.
En revanche, la psychanalyse a ceci en propre qu'elle parle toutes sortes de langues, et capables aussitôt de se comprendre entre elles, pour peu qu'on ait de l'oreille. Une et plurielle.
Enfin, les freudiens sont aussi les fils de Spinoza : "Tout ce qui est très précieux est aussi difficile que rare".
Chacun des 2 Tomes a l'autre pour complémentaire, mais tous deux peuvent se lire de manière indépendante.
67, 68, 69, 70, 71. Critique de la raison philosophique, ibid., 2017. CRPH 1, 2, 3, 4, 5.
67. La preuve par l'ordre et la mesure, 285 pages,
68. La preuve par l'histoire de la philosophie (1), 234 pages,
69. La preuve par l'histoire de la philosophie (2), 220 pages,
70. La preuve par la psychologie, 251 pages,
71. La preuve par le discours médiatique, 314 pages.
Notre livre peut se lire selon quatre "preuves" indépendantes bien que complémentaires : preuve cartésienne selon l'ordre et la mesure (tome 1), preuve kantienne-hégélienne selon l'histoire de la philosophie (tomes 2 et 3), preuve scientifique selon la psychologie de l'enfance (tome 4), enfin preuve populaire prise dans l'espace médiatique (tome 5).
La philosophie française avait été depuis 1939 au moins la plus productive au monde. Mais dès les années 1980, elle s'est laissée détourner vers une philosophie de poche, par le chemin anglo-américain d'une anti-dialectique contre nature.
Bien au contraire, la psychologie développementale européenne (Freud, Wallon, Piaget) lui démontrait depuis près d'un siècle (1900-1980) l'exemple d'une dialectique naturelle de l'esprit, d'abord binaire, puis ternaire dès l'âge de raison (7 ans). Dialectique dont le noyau rationnel - structure et histoire - a été utilisé en fait, selon des modèles différents, mais depuis toujours par presque toutes les philosophies occidentales connues.
Le savoir humain est comme un arbre, dont les racines puis le tronc sont les savoirs sur l'esprit inconscient et conscient, les branches qui sortent de ce tronc étant les sciences formelles, les sciences de la nature et les sciences de l'homme, le feuillage de l'arbre se formant alors de l'entrelacement de leurs applications techniques et pratiques particulières.
D'emblée, les applications pédagogiques iraient de soi : évidence des notions et des définitions, analyse subordonnée à la synthèse, totalisation en spirale amplifiante.
72. Georg Wilhelm Friedrich Hegel : La Phénoménologie de l'esprit, 1807, traduction de Marc Géraud, Postface d'Émile Jalley : Logique et structure dans le Plan de la Phénoménologie de l'esprit et dans l'œuvre de Hegel, ibid., 2017, 472 pages, 51 pages. PHE.
La Phénoménologie de l'esprit est le texte le plus traduit de Hegel depuis 75 ans (1941, 1991, 1993, 2006), comme si ce texte exerçait une fascination liée à la recherche d'un "secret". En fait, il y en aurait peut-être plusieurs.
Tout d'abord, il existe un trajet VKBH assez précis (Von Kant bis Hegel : Kroner, 1921-1923). De même que Fichte réécrit la Critique de la raison pure (1781) de Kant dans sa Doctrine de la science (1794), de même Hegel réécrit cette Doctrine de Fichte dans sa Phénoménologie de l'esprit (1807).
Or il le fait en tentant de dépasser la psychologie des fonctions du Moi, établie pour la première fois par Fichte (1794), vers un plan fait de cercles concentriques établis le long d'une ligne ascendante (ceci deviné par Kojève), et amorce du futur développement en spirale de l'Encyclopédie.
Par ailleurs, le livre de 1807 "agit" la dialectique dans un procès de création géniale, mais sans en produire encore la formule théorique claire selon ses deux composantes de base : genèse et figure, histoire et structure, Héraclite et Parménide. Cela s'annonce dans la Propédeutique (1809), puis s'effectue dans la Logique (1812), avant de trouver son déploiement parachevé dans l'Encyclopédie.
Un autre aspect du "secret" est que la Phénoménologie de l'esprit se présente comme un tout où s'annonce de façon métonymique un autre tout (1817-1827-1830), dans lequel le premier viendra se ranger à terme comme une partie.
Un dernier aspect du "secret" est que cette articulation bifide histoire-structure n'est rien d'autre que celle d'un "noyau rationnel de la dialectique", qui fonctionnera de manière à peu près semblable mais avec d'autre contenus chez Marx, puis chez Freud, et comme il en existe déjà de multiples exemplifications à travers toute l'histoire de la philosophie. Les "logiques" utilisées par Hegel, Marx et Freud sont quasiment "la même".
Hegel dépasse Hegel, comme si un Surhomme avait tenté de se faire supporter par-dessus ses propres épaules. Et c'est cette espèce de tour de force exceptionnel qui est la source probable de la fascination qu'exerce le Hegel de 1807.
73. En mémoire de Gilbert Simondon. Philosophe et psychologue français (1924-1989), ibid., 2017, 268 pages. EMGS.
Gilbert Simondon (1924-1989) est un philosophe et psychologue français qui appartient à la dernière génération, à l'articulation des années 1960, des philosophes français encore attachés au paradigme d'une démarche d'allure dialectique en philosophie (Bachelard, Merleau-Ponty, Sartre).
On examine de ce point de vue les trois derniers titres parus de G. Simondon : Sur la technique (2014), Sur la psychologie (2015), Sur la philosophie (2016).
On fait ensuite la revue des 17 ouvrages parus sur la pensée de G. Simondon entre 1993 et 2016.
L'examen de la "dialectique" chez Simondon montre près de 600 occurrences - selon les critères - avec une vingtaine seulement dans le registre critique, mais le reste dans celui incontestable d'une acceptation positive.
L'étude comparée des démarches respectives de Simondon et de Hegel montre à la fois des analogies et des différences. La marque de Hegel, venue par Jean Hyppolite et importante, est pourtant nuancée, dans la démarche de Simondon par d'autres influences : Fichte, Schelling, et Bergson.
Les philosophes ne représentent que 50 % des intervenants dans les études simondoniennes, ce qui constitue un facteur aussi positif que négatif : la pensée de Simondon touche un public appréciable, mais la philosophie de la technique n'est pas tout, et l'intérêt marqué pour elle a contrarié aussi jusqu'alors l'approche de sa composante philosophique authentique.
74. Trajectoires. Une autobiographie intellectuelle, ibid., 2017, 260 pages. TRA.
Ce livre se présente comme une autobiographie intellectuelle de l'auteur. En même temps qu'il s'éprouve comme un adieu à sa carrière d'écrivain.
On commence par une revue du contenu des travaux de l'auteur dans des domaines variés qui ont quelque chose de commun : la curiosité pour les sources et les formes du malaise dans la civilisation en France (chapitre 1).
La psychologie est l'un des objets les plus importants de la culture, celui aussi où la crise universitaire semble avoir eu les symptômes les plus spectaculaires et les effets à long terme les plus dévastateurs. L'auteur y a été mêlé, dans l'espace parisien essentiel, pendant toute sa carrière (45 ans) comme passager et témoin sur un vrai Radeau de la Méduse (chapitres 2 et 3).
L'effondrement de l'institution éducative, dès les années 1960, dévalant de l'espace universitaire jusqu'au niveau primaire, a été l'un des corollaires majeurs de cette crise de la psychologie, mais il est venu au surplus de l'invasion d'un modèle managérial de toute l'existence importé des États-Unis (chapitre 5).
Le "Nouveau malaise dans la civilisation" (Castarède-Dock, 2017) se trouve définir de manière convergente ce qui a toujours été justement le principal objet d'É. Jalley, mais nettement centré sur l'espace français, et envisagé selon certaines composantes privilégiées : conflit néfaste entre psychologie et psychanalyse, pathologie de l'institution universitaire, dysfonctionnements des enseignements primaire et secondaire, platitude de la culture de masse, encavernement de la philosophie depuis 1960.
On peut trouver séduisante, de ce point de vue, l'hypothèse d'une borderlinisation de l'existence sociale formulée par la psychanalyse récente (Castarède, Dock, chapitre 6). Cependant qu'intéresse aussi la perspective d'un meilleur dialogue de la psychanalyse avec les neurosciences (discussion avec Jacques Robion, chapitre 4).
75. Freud, Wallon, Piaget, Journal français de psychiatrie, 2016/2 (n° 44), pp.73-78.
1. Présentation générale de Freud, Wallon, Piaget, 2. Wallon et Freud, 3. Piaget et Freud, 4. Wallon et Piaget, Conclusion, Bibliographie.
76. Actualité de la pensée d'Henri Wallon (1879-1962), La Pensée, n° 391, 27-38.
1. De la médecine à la psychologie, 2. Le modèle stadial de la psychogenèse de la personnalité, 3. Alternance et intégration, 4. Actualité d'Henri Wallon, 5. Henri Wallon et les sciences de l'éducation, 6. Psychologie appliquée : différentielle, professionnelle, sociale, 6. Psychologie expérimentale, Conclusion, Bibliographie.
Résumé : La psychologie du développement d'Henri Wallon, insuffisamment connue se distingue du modèle piagétien, notamment en insistant sur le double caractère de continuité et discontinuité du développement, ainsi que sur sa composante affective et sociale. Lé démarche psychologique de Wallon est étroitement liée à ses réflexions sur l'éducation. Ceci conduit à interroger les démarches pédagogiques auxquelles il a accordé de l'intérêt ainsi que celles qui peuvent encore montrer l'actualité de sa pensée.
Mots clés : Psychologie, enfant, développement, dialectique, pédagogie.
77. Dialogue avec Jacques Robion, Site www.lharmattan.com, "Émile Jalley".
78. Résumé des ouvrages et travaux d'Émile Jalley, Site www.lharmattan.com, "Émile Jalley".
Bibliographie d'Émile Jalley
Résumé
Principales publications
Ouvrages individuels (37), collectifs (40) et éditions (24) soit 101 titres
WLFP, Wallon lecteur de Freud et Piaget, Paris, Éditions sociales, 1981, 561 pages.
VM, Wallon : La Vie mentale, présentation, Paris, Éditions sociales, 1982, 416, pp. 7-108, 373-416, 147 pages.
Henri Wallon : La vida mental, Introducción y edición de Émile Jalley, Editorial Crítica, Grupo editorial Grijalbo, Barcelona, 1985, pp. 7-24, 253-290, 57 pages.
Henri Wallon : Psychologie et dialectique, (avec L. Maury), présentation, postface d'Émile Jalley : "Une dialectique entre la nature et l'histoire. Une psychologie conflictuelle de la personne. La spirale et le miroir", Paris, Messidor, 1990, 245 pages, pp. 189-245, 58 pages.
Dictionnaire de la psychologie (Doron Roland, Parot Françoise), 72 articles d'Émile Jalley, Paris, PUF, 1991.
Atlas de la psychologie (H. Benesch), direction de traduction de l'allemand avec augmentation, Paris, Livre de Poche, 1995, pp. 44-45, 298-299, 374-375, 416-417, 8 pages.
Dictionnaire de la psychologie (W. D. Fröhlich), direction de traduction de l'allemand, Paris, Livre de Poche, 1997, pp. 1-2.
"Psychanalyse, psychologie clinique et psychopathologie" : in Psychologie clinique et psychopathologie (R. Samacher et col.), Paris, Bréal, 1998, 15-60, 46 pages.
FWL, Freud, Wallon, Lacan. L'enfant au miroir, Paris, EPEL, 1998, 390 pages.
Olivier Douville et col. : Psychologie clinique tome 2. La psychologie clinique en dialogue, débats et enjeux, Émile Jalley : Janet, Paris, Dunod, 2001, 303 pages, pp. 52-57, 6 pages.
Henri Wallon : L'Évolution psychologique de l'enfant, Texte introduit par Émile Jalley, Paris, Armand Colin, 2002, pp. 1-32, 182-187, 40 pages.
CPUF1, CPUF2, La crise de la psychologie à l'université en France, tome 1 : Origine et déterminisme, tome 2 : État des lieux depuis 1990, Paris, L'Harmattan, 2004, 531 et 515 pages. [2433].
PPAF, La psychanalyse et la psychologie aujourd'hui en France, Paris, Vuibert, 2006, 396 pages.
WP, Wallon et Piaget. Pour une critique de la psychologie contemporaine, Paris, L'Harmattan, 2006, 497 pages.
GPC, La guerre des psys continue. La psychanalyse française en lutte, Paris, ibid., 2007, 513 pages.
CRP, Critique de la raison en psychologie. La psychologie scientifique est-elle une science ? ibid., 2007, 512 pages.
GP1, La guerre de la psychanalyse. Hier, aujourd'hui, demain, ibid., 2008, 450 pages.
GP2, La guerre de la psychanalyse. Le front européen, ibid., 2008, 547 pages.
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AO1, Anti-Onfray 1. Sur Freud et la psychanalyse, ibid., 2010, 185 pages.
AO2, Anti-Onfray 2. Les réactions au livre de Michel Onfray, débat central, presse, psychanalyse théorique, 2010, 322 pages.
AO3, Anti-Onfray 3. Les réactions au livre de Michel Onfray, clinique, psychopathologie, philosophie, lettres, histoire, sciences sociales, politique, réactions de l'étranger, le décret scélérat sur la psychothérapie, ibid., 2010, 352 pages.
DP1, DP2, Le débat sur la psychanalyse dans la crise en France, tome 1 : Onfray, Janet, Reich, Sartre, Politzer, etc.; tome 2 : (In)culture, (dé)formation, aliénation, ibid., 2011, 261 pages et 244 pages.
SM1, Six Manifestes contre le DSM, tome 1 : Présentation et commentaires, ibid., 2011, 228 pages.
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MSL, Mes soirées chez Lacan. Préface : É. Jalley, pages 11-39, 29 pages. Interviews à : Ch. Melman, M. Czermak, M. Drazien, Cl. Lanzmann, J.-J. Tyszler, M.-Ch. Cadeau. Par le soin de : C. Fanelli, J. Jerkov, D. Sainte Fare Carnot. Roma, Editori Inter) nazionali Riuniti 2011. [8007].
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HSR, Hermann Samuel Reimarus : Fragments de l'anonyme de Wolfenbüttel édités par Gotthold Ephraim Lessing, traduction par Marc Géraud, Introduction par Émile Jalley (89 pages), ibid., 2015, 370 pages.
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CRPH1, Émile Jalley : Critique de la raison philosophique. Première partie (tome 1) : La preuve par l'ordre et la mesure, ibid., 2017, 285 pages
CRPH2, Émile Jalley : Critique de la raison philosophique. Deuxième partie (tome 2) : La preuve par l'histoire de la philosophie, ibid., 2017.
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HER, Herbart Johann Friedrich, La psychologie comme science, traduction par Marc Géraud, postface par Émile Jalley, en préparation.
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Encyclopédies
"Wallon Henri" : Encyclopaedia Universalis, tome 23, Paris, 1985, 807-808, 2 pages.
"Wilfred Bion" : ibid., tome 4, 1989, 182-185, 6 pages.
"Concept d'opposition" : ibid., tome 16, 1989, 956-965, 10 pages.
"Psychanalyse et concept d'opposition" : ibid., tome 19, 1989, 179-186, 8 pages.
"Psychologie génétique" : ibid., tome 19, 1989, 232-238, 7 pages.
"Les stades du développement en psychologie de l'enfant et en psychanalyse" : ibid., Symposium, 1989, 895-902, 8 pages.
"Les grandes orientations de la psychologie actuelle" : Encyclopédie médicochirurgicale, Paris, Éditions techniques, 1989, 37030A10, 1-10, 10 pages.
"Psychologie clinique" (en collaboration) : ibid., 1991, 37032A10, 1-6, 6 pages.
"La psychologie moderne" : Les origines de la psychologie moderne. Les paradoxes de la psychologie. La psychopathologie. La psychologie clinique. La psychanalyse. La psychologie cognitive. Les domaines de la clinique. Les tendances actuelles, in : Les Lois de la Pensée, Philosophie, Linguistique, Sociologie, Religion, Principes fondamentaux de la vie mentale, Clartés, L'Encyclopédie, 1996, 16041-16043, 50 pages.
"Wallon Henri 1879-1962" : Encyclopédie philosophique universelle. Diction-naire : Paris, Presses Universitaires de France. 1992, 2 pages.
Articles divers
"Le thème du miroir dans l'histoire de la philosophie" : L'Unebévue, Paris, EPEL, n° 14, Hiver 1999, 35 pages.
"Données pour un panorama bref, partiel et provisoire de la structure institutionnelle de la psychologie française aujourd'hui" : Psychologie clinique, Paris, L'Harmattan, n° 11, 2001, pp.185-217, 33 pages.
"État de la psychologie en France : déontologie, publications, gestion des carrières", Le Journal des psychologues, n° 184, février 2001, pp. 14-18, 5 pages.
"La psychologie, une science fondée sur l'éthique ?", ibid., n° 188, juin 2001, pp. 8-9, 2 pages.
"Loi Faure et décret Savary (1984) : histoire d'un naufrage institutionnel", Connexions, n° 78, 2002/2.
"La psychologie est-elle en crise ?", ibid., n° 213, déc. 2003-janv. 204, pp. 10-15, 6 pages.
Projet pour une Quatrième de couverture, Psychologues et psychologies, n° 186/1, février 2006, 38-39.
"À propos du débat sur le Livre noir de la psychanalyse", Journal des psychologues, ibid., n° 235, 2006/2.
"Comprendre l'individuel et le social. Le retour de Wallon et Piaget", ibid., n° 244, fév. 2007/1, pp. 58-63, 6 pages.
"État des lieux de la psychologie et de la psychanalyse à l'université", ibid., n° 280, sept. 2010/7, pp. 37-41, 5 pages.
"Freud, Wallon, Piaget", Journal français de psychiatrie, n° 44, 2016/2, 6 pages, pp. 73-78.
"Actualité de la pensée d'Henri Wallon" (1879-1962), La Pensée, n° 391, 12 pages, 27-38.
"Dialogue avec Jacques Robion", Site www.lharmattan.com, 6 pages.
Comptes rendus et articles sur les ouvrages d'Émile Jalley
Éveline Laurent, "Trois figures majeures", sur lemonde.fr,‎ 15 mai 1981.
Jacqueline Nadel, "Wallon (Henri), Écrits de 1926 à 1961, psychologie et dialectique, présentés par Émile Jalley et Liliane Maury", Enfance, vol. 45, no 1-2, ‎ 1991, p. 171-173.
Pierre-Henri Castel, "JALLEY (Émile) - L'enfant au miroir. Freud, Wallon, Lacan", Revue d'histoire des sciences humaines, no 1, 1999, p. 238-241.
Revue philosophique de la France et de l'Étranger 2001/1 (Tome 126), p. 73-134. Émile Jalley, Freud Wallon Lacan. L'enfant au miroir, Paris, EPEL, 1998, 24 X 16 cm, 392 p., Prix : 220 F.
Castel Pierre-Henri CNRS-Paris : Revue d'histoire et des sciences humaines, 1999/1 (n°1). Jalley (Émile) - L'enfant au miroir - Freud, Wallon, Lacan, Paris, EPEL, 1998, bibliographie, index nominum, 389 pages, 220 FF.
Samacher Robert : Bulletin de psychologie, n° 474, nov.-déc. 2004, 652-654. La crise de la psychologie à l'université en France, tome 1, Origine et déterminisme, 530 pages, 514 pages ; tome 2, État des lieux depuis 1990, Paris, L'Harmattan, coll. Questions contemporaines, 2004,
Samacher Robert : L'évolution psychiatrique, 70, 2005, 690-691. La crise de la psychologie à l'université en France, tome 1, Origine et déterminisme, 530 pages ; tome 2, État des lieux depuis 1990, 514 pages, Paris, L'Harmattan, coll. Questions contemporaines,
Fournier-Finocchiario Laura : Cahiers de psychologie politique, n°7, 2005. La crise de la psychologie à l'université en France, tome 1, Origine et déterminisme, 530 pages, 514 pages ; tome 2, État des lieux depuis 1990, Paris, L'Harmattan, 2004. À propos d'une crise de la psychologie dans l'université française.
Bourgain Anne : Les Cahiers de l'infantile, n° 5, 2006, L'adolescente. Émile Jalley, La crise de la psychologie à l'université en France, tome 1, Origine et détermi-nisme, 530 pages, 514 pages ; tome 2, État des lieux depuis 1990, Paris, L'Harmattan, 2004.
Douville Olivier : Psychologie clinique, n° 20, 251-252. Émile Jalley, La crise de la psychologie à l'université en France, tome 1, Origine et déterminisme, 530 pages, 514 pages ; tome 2, État des lieux depuis 1990, Paris, L'Harmattan, 2004.
Samacher Robert : Psychologie clinique, n° 23, 259-260. Wallon et Piaget. Pour une critique de la psychologie contemporaine, Paris, L'Harmattan, 2006, 496 pa-ges.
Samacher Robert : Bulletin de psychologie, n° 484, nov.-déc. 2006. Wallon et Piaget. Pour une critique de la psychologie contemporaine, Paris, L'Harmattan, 2006, 496 pages.
"Nouveauté : Émile Jalley : La psychanalyse et la psychologie aujourd'hui en France. Pour un livre blanc de la psychanalyse", 496 pages, Service de presse, 1 page, Paris, Vuibert, 2006.
Lucien Sève, "Questions de méthode", Nouvelles Fondations, vol. 3, no 3-4,‎ 2006, p. 110-114.
Tostain Manuel : Cahiers de psychologie politique, n° 10, 2007. Émile Jalley : Wallon et Piaget. Pour une critique de la psychologie contemporaine, Paris, L'Harmat-tan, 2006, 496 pages.
Émile Jalley, "La psychanalyse et la psychologie aujourd'hui en France", Les cahiers psychologie politique [En ligne], numéro 10, Janvier 2007. URL : http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=979
Revue philosophique de la France et de l'Étranger 2008/1 - Analyses et comptes rendus, Émile Jalley, Critique de la raison en psychologie. La psychologie scientifique est-elle une science ? Paris, L'Harmattan, 2007, 511 p., 39 €. Émile Jalley, La Guerre des psys continue. La psychanalyse française en lutte, Paris, L'Harmattan, 2007, 512 pages, 39 €.
Lambotte Marie-Claude : Essaims, n° 21,2008, L'erre de la métaphore. Émile Jalley, Critique de la raison en psychologie. La psychologie scientifique est-elle une science ? ibid., 2007, 511 pages. Un nouveau discours de la servitude volontaire.
Samacher Robert : Bulletin de psychologie 2008/2 (numéro 494) 207-213. Jalley (Émile), La Guerre des psys continue, Paris, L'Harmattan, 2007. Jalley (Émile), Critique de la raison en psychologie. La psychologie scientifique est-elle une science ? Paris, L'Harmattan, 2007.
Samacher Robert : Psychologie clinique 2009/1 n° 27, 193-196. Jalley (Émile), La Guerre des psys continue, Paris, L'Harmattan, 2007. Jalley (Émile), Critique de la raison en psychologie. La psychologie scientifique est-elle une science ? Paris, L'Harmattan, 2007.
Samacher Robert : Bulletin de psychologie 2009/1 (numéro 499), 84-92. Jalley (Émile), La Guerre de la psychanalyse, volume 1. Hier, aujourd'hui, demain ; volume 2, Le front européen, Paris, L'Harmattan, 2007.
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Samacher Robert : Bulletin de psychologie 2011/3 (numéro 513), 297-301. Jalley (Émile) Anti-Onfray 1. Sur Freud et la psychanalyse, suivi de Anti-Onfray 2, et Anti-Onfray 3, Paris, L'Harmattan, 2010.
Samacher Robert : Jalley (Émile) Anti-Onfray 1. Sur Freud et la psychanalyse, Paris, L'Harmattan, 2010. Psychologie clinique, 2010/2 n° 30, 233-237.
Douville Olivier : Psychologie clinique, 2011/1 n° 32, 225-227. Jalley (Émile) Anti-Onfray 1. Sur Freud et la psychanalyse, Paris, L'Harmattan, 2010.
Samacher : Psychologie clinique, 2012/1 n° 33, 259-261. Psychanalyse et psychologie (2008-2010), tome 1 et 2, Paris, L'Harmattan, 2010.
Samacher Robert : Bulletin de psychologie mars-avril 2014 (numéro 530), tome 67(2), 183. Jalley (Émile), La crise de la philosophie en France au XXIe siècle. D'Héraclite et Parménide à Lacan, Paris, L'Harmattan, 2013.
Samacher Robert : Bulletin de psychologie mars-avril 2014 (numéro 530), tome 67(2), 184. Jalley (Émile), Préface à Kroner (Richard) De Kant à Hegel. De la critique de la raison à la philosophie de la nature, traduction de Marc Géraud, 2 vol., L'Harmattan, 2013, tome 1, p. 7-8.
Samacher Robert : Bulletin de psychologie, 2014. Jalley (Émile), La "théorie du genre" dans le débat français. Butler, Freud, Lacan, Stoller, Chomsky, Sapir-Whorf, Simondon, Wallon, Piaget, L'Harmattan, 2014, 150 pages.
Villard Maurice : Le Journal des psychologues, N° 321, octobre 2014, 78-79. La "théorie du genre" dans le débat français. Émile Jalley, L'Harmattan, 2014, 156 p., 17 €, ISBN : 978-2-343-03508-6.
Samacher Robert : Bulletin de psychologie à paraître. Jalley Émile, Badiou avec Lacan Roudinesco, Assoun, Granon-Lafont, Paris, L'Harmattan, 2014.
Samacher Robert : Bulletin de psychologie à paraître. Radó Sándor, Le complexe de castration chez la femme, trad. de Marc Géraud, présentation d'Émile Jalley, L'Harmattan, 2015.
Gress Thibaud : Richard Kroner : De Kant à Hegel, Tome 1, De la critique de la raison à la philosophie de la nature, Actu Philosophia, 23 avril, 2014.
Gress Thibaud : Richard Kroner : De Kant à Hegel, Tome 2, De la philo-sophie de la nature à la philosophie de l'esprit, Actu Philosophia, 3 novembre 2014.
Principales références thématiques aux ouvrages de l'auteur
Sur la crise de l'enseignement
CPUF1, CPUF2 : en totalité.
CRP, 57-83, 385-421,
GP1, 107-142,
FCP, 213-369,
PP1, 49-64, 121-144, 243-244, 265-280,
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PAM, ch. 4, 5, 6, 7, 131-260.
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HW1-6 & GW,
RCQVM, CRPH4, CRPH5
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TRA.
Sur la crise de la recherche en psychologie
CRP, 57-83,
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TRA.
Sur le caractère occulte des institutions
académiques et autres canaux sociaux
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RCQVM,
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Sur la critique des idéologies et de la philosophie
PPAF, 9-52, 381-430,
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Sur la critique de la philosophie nord-américaine
CRP, 355-383,
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CPF21, 2014, 59-66,
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TRA.
Sur la crise des sciences cognitives
CPUF2, 359-391,
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GPC, 351-376 ; 441-456,
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TPFM, 215-244,
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TRA.
Sur la crise de la psychanalyse
GPC, 13-350, 417-440, 457-474,
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GP2, 916-920,
DP1, DP2,
SM1, 19-190,
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LAQA,
TGDF,
BCL,
TPFM, 215-244,
HW1-6 & GW
PPAL1 et 2.
TRA.
Sur la psychanalyse comme science fondamentale
GP2, 777-881
PP2, 111-129,
MSL, 11-39,
CPF21,
BALA,
TGDF,
API,
EK,
PPAL 1 et 2,
CRPH 4 et 5.
Sur la Police culturelle et la cybercensure
PP2, 217-280,
AO3, 326-339,
DP2, 234-240,
SM2, 39-92,
CPF21, 365-385.
RCQVM,
DSF 1 et 2.
TRA.
Sur les coordonnées présentes et passées de la crise sociale
PP1, ch. 3, 4
PAM, ch. 8, 9,
TPKMF,
TPMIF,
HW1-6 et GW,
RCQVM,
DSF2,
CRPH 1, 2, 3, 4, 5
TRA.
Histoire et présentation de textes de la philosophie, de la psychologie et de la psychanalyse
WLPF, Wallon lecteur de Freud et Piaget, Paris, Éditions sociales, 1981, 561 pages.
VM, Wallon : La Vie mentale, présentation, Paris, Éditions sociales, 1982, 416, pp. 7-108, 373-416, 147 pages.
FWL,
VKBH,
BALA,
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API,
KB,
HSR
HSR,
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HW,
GW,
DS1,
DS2.
EK.
EMGS.
PHE
De même :
Henri Wallon : La vida mental, Introducción y edición de Émile Jalley, Editorial Crítica, Grupo editorial Grijalbo, Barcelona, 1985, pp. 7-24, 253-290, 57 pages.
Henri Wallon : Psychologie et dialectique, (avec L. Maury), présentation, postface d'Émile Jalley : "Une dialectique entre la nature et l'histoire. Une psychologie conflictuelle de la personne. La spirale et le miroir", Paris, Messidor, 1990, 245 pages, pp. 189-245, 58 pages.
Dictionnaire de la psychologie (Doron Roland, Parot Françoise), 72 articles d'Émile Jalley, Paris, PUF, 1991.
Atlas de la psychologie (H. Benesch), direction de traduction de l'allemand avec augmentation, Paris, Livre de Poche, 1995, pp. 44-45, 298-299, 374-375, 416-417, 8 pages.
Dictionnaire de la psychologie (W. D. Fröhlich), direction de traduction de l'allemand, Paris, Livre de Poche, 1997, pp. 1-2.
"Psychanalyse, psychologie clinique et psychopathologie" : in Psychologie clinique et psychopathologie (R. Samacher et col.), Paris, Bréal, 1998, 15-60, 46 pages.
Olivier Douville et col. : Psychologie clinique tome 2. La psychologie clinique en dialogue, débats et enjeux, Émile Jalley : Janet, Paris, Dunod, 2001, 303 pages, pp. 52-57, 6 pages.
Henri Wallon : L'Évolution psychologique de l'enfant, Texte introduit par Émile Jalley, Paris, Armand Colin, 2002, pp. 1-32, 182-187, 40 pages.
Henri Wallon : Qua trinh phat trien tall y cua tré em Loi tua cua Émile Jalley, Nguoi dich : Ta Thi Phuong Thuy, Nha xuat ban Thé Gioi, traduction en vietnamien de L'Évolution psychologique de l'enfant, avec le soutien des programmes d'aide à la publication de l'Ambassade de France au Vietnam et de l'Institut français, 314 pages.
*
De même :
"Wallon Henri" : Encyclopaedia Universalis, tome 23, Paris, 1985, 807-808, 2 pages.
"Wilfred Bion" : ibid., tome 4, 1989, 182-185, 6 pages.
"Concept d'opposition" : ibid., tome 16, 1989, 956-965, 10 pages.
"Psychanalyse et concept d'opposition" : ibid., tome 19, 1989, 179-186, 8 pages.
"Psychologie génétique" : ibid., tome 19, 1989, 232-238, 7 pages.
"Les stades du développement en psychologie de l'enfant et en psychanalyse" : ibid., Symposium, 1989, 895-902, 8 pages.
"Les grandes orientations de la psychologie actuelle" : Encyclopédie médicochirurgicale, Paris, Éditions techniques, 1989, 37030A10, 1-10, 10 pages.
"Psychologie clinique" (en collaboration) : ibid., 1991, 37032A10, 1-6, 6 pages.
"La psychologie moderne" : Les origines de la psychologie moderne. Les paradoxes de la psychologie. La psychopathologie. La psychologie clinique. La psychanalyse. La psychologie cognitive. Les domaines de la clinique. Les tendances actuelles, in : Les Lois de la Pensée, Philosophie, Linguistique, Sociologie, Religion, Principes fondamentaux de la vie mentale, Clartés, L'Encyclopédie, 1996, 16041-16043, 50 pages.
"Wallon Henri 1879-1962" : Encyclopédie philosophique universelle. Dictionnaire : Paris, Presses Universitaires de France. 1992, 2 pages.
"Le thème du miroir dans l'histoire de la philosophie" : L'Unebévue, Paris, EPEL, n° 14, Hiver 1999, 35 pages.
"Données pour un panorama bref, partiel et provisoire de la structure institutionnelle de la psychologie française aujourd'hui" : Psychologie clinique, Paris, L'Harmattan, n° 11, 2001, pp.185-217, 33 pages.
"État de la psychologie en France : déontologie, publications, gestion des carrières", Le Journal des psychologues, n° 184, février 2001, pp. 14-18, 5 pages.
"La psychologie, une science fondée sur l'éthique ?", ibid., n°188, juin 2001, pp. 8-9, 2 pages.
"La psychologie est-elle en crise ?", ibid., n° 213, déc. 2003-janv. 204, pp. 10-15, 6 pages.
"Le retour de Wallon et Piaget", ibid., n° 244, fév. 2007, pp. 58-63, 6 pages.
"État des lieux de la psychologie et de la psychanalyse à l'université", ibid., n° 280, sept. 2010, pp. 37-41, 5 pages.

Emile Jalley


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