Avec le retour en France des derniers 132 bagnards en août 1953, c’est l’existence du bagne de Guyane qui prenait fin. Ce projet de colonialisme pénitentiaire, développé au milieu du XIXe siècle, avait été conçu comme instrument de répression des insurrections sociales. L’exil et la réclusion loin du territoire métropolitain étaient considérés comme le meilleur moyen d’exercer une forte dissuasion et d’éloigner de la vie civile les opposants politiques, les récalcitrants, les criminels et une f...
Avec le retour en France des derniers 132 bagnards en août 1953, c’est l’existence du bagne de Guyane qui prenait fin. Ce projet de colonialisme pénitentiaire, développé au milieu du XIXe siècle, avait été conçu comme instrument de répression des insurrections sociales. L’exil et la réclusion loin du territoire métropolitain étaient considérés comme le meilleur moyen d’exercer une forte dissuasion et d’éloigner de la vie civile les opposants politiques, les récalcitrants, les criminels et une frange marginalisée de la société. Bien avant sa conclusion inéluctable, ce système avait été dénoncé comme un échec sur les plans financier, social et politique, mais un acharnement idéologique et répressif en imposa la conservation, laissant un lourd héritage sur la conscience collective française.
Emanuele R.C. Rossi est diplômé en sciences politiques et en sciences économiques et sociales. Ses centres d’intérêt sont les dimensions socio-urbaines et commerciales des pays en développement, ainsi que l’histoire des dynamiques géo-économiques et post-coloniales.