À travers une analyse rigoureuse et percutante du cas malien, cet ouvrage démontre que l’argent sale ne circule pas en périphérie du système : il irrigue l’économie réelle, affaiblit les institutions publiques, déforme les priorités de développement et perpétue une dépendance budgétaire massive. Dans un style accessible mais sans concession, l’auteur met en lumière les canaux invisibles du blanchiment en Afrique de l’Ouest — or, immobilier, microfinance — et critique les effets réel...
À travers une analyse rigoureuse et percutante du cas malien, cet ouvrage démontre que l’argent sale ne circule pas en périphérie du système : il irrigue l’économie réelle, affaiblit les institutions publiques, déforme les priorités de développement et perpétue une dépendance budgétaire massive. Dans un style accessible mais sans concession, l’auteur met en lumière les canaux invisibles du blanchiment en Afrique de l’Ouest — or, immobilier, microfinance — et critique les effets réels du régime international de lutte contre le blanchiment (GAFI, FMI, OCDE) : normes imposées, listes arbitraires, coûts asymétriques. Au lieu de corriger les failles du système, ce dispositif mondial semble surtout protéger les centres et sanctionner les marges. Pour l’auteur, il est temps de sortir de cette logique de conformité punitive et d’ouvrir un nouveau front : celui d’une souveraineté financière africaine, ancrée dans la transparence, la justice fiscale et la reprise du contrôle sur les flux. Un livre lucide, documenté et nécessaire pour comprendre qui blanchit en paix, qui paie pour la conformité, et qui reste sous surveillance.
Étienne Fakaba Sissoko est écrivain, enseignant-chercheur à la FSEG de Bamako et Maître Assistant du CAMES. Spécialiste en macroéconomie internationale, il a été conseiller économique à la présidence du Mali. Ses travaux portent sur la gouvernance politique, économique et la souveraineté. Auteur de plusieurs ouvrages, il intervient régulièrement dans les médias et réseaux académiques. En exil depuis 2025, il poursuit ses recherches entre la France, et l’Afrique de l’Ouest.