« Tous ces mots de toi maman, qui m’arrivent maintenant que tu n’es plus, me renvoient à la jeune fille que je n’ai pas connue et que je découvre dans sa vie d’assistante française en Angleterre en cette année 1947, aimée d’un homme ”lyrique“, Claude, lié à ce pays et épousée en septembre de la même année par celui qui deviendra mon père, Jean B. ». Une histoire à la fois particulière et banale mais qui touche à l’universalité de la condition des femmes dans les années de l’après-gue...
« Tous ces mots de toi maman, qui m’arrivent maintenant que tu n’es plus, me renvoient à la jeune fille que je n’ai pas connue et que je découvre dans sa vie d’assistante française en Angleterre en cette année 1947, aimée d’un homme ”lyrique“, Claude, lié à ce pays et épousée en septembre de la même année par celui qui deviendra mon père, Jean B. ». Une histoire à la fois particulière et banale mais qui touche à l’universalité de la condition des femmes dans les années de l’après-guerre où mariage et maternités prenaient souvent le pas sur la liberté de choix d’un accomplissement intellectuel, professionnel ou personnel. À cette mémoire, l’auteure confronte la sienne, aux mots de sa mère elle joint les siens, à son histoire mêle la sienne. Et de cet entrelacs – de deux langues aussi – naît cet ouvrage singulier.
L’enseignement du français puis le théâtre ont amené Aline Gross-Batiot à l’épistolaire devenu son domaine de prédilection : mettre en voix les mots, faire vivre notamment ceux de George Sand ou de Colette. Ceux de sa mère sont la matière essentielle de ce récit : après bien des hésitations vis-à-vis de sa fratrie et un délicat travail de sélection, elle signe cet hommage vibrant à la disparue. Et par sa propre écriture tente de lui redonner vie et souffle. Elle tenait aussi à s’engager sur ce chemin-là.