Conférence d'Alain-Jacques Czouz-Tornare
5 Septembre 2026
Horaires : 15h30
Informations événement
Une légende noire s’est emparée de la mémoire de l’atypique d’Affry dont l’importance est inversement proportionnelle à l’intérêt qu’on lui porta. Et pourtant, personne en Suisse ne disposa d’autant d’attributions : colonel des Gardes suisses, Lieutenant-général dès 1758, Administrateur général des Suisses et Grisons (1771-1792) au service de France et de la diplomatie franco-suisse, représentant informel du Corps helvétique et de l’établissement suisse en France. Esprit libéral, il joua un rôle considérable quoiqu’occulté durant la Révolution française, à la tête de la Garde suisse lors de la chute de la Monarchie. Sous prétexte que son rôle a été effacé, et apparemment secondaire, il fut écarté de la plupart des études portant sur cette période. D’Affry tira de ses expériences diplomatiques un goût très prononcé pour le double-jeu, lequel eut tout lieu de s’épanouir abondamment durant les quatre premières années de la Révolution française. Franc-Maçon, membre éminent de la Loge Olympique, il a vu son action s'insérer dans une époque de déchirements et de transformations bouleversants. Malmené par ses pairs et rejeté par ses compatriotes fribourgeois à qui il apparaissait hautement suspect, il a longtemps incarné un aspect embarrassant de l'imagerie de la Révolution française en général et de la terrible journée du 10 août en particulier. La nécessité de gérer les multiples facettes de l'alliance franco-suisse pour prolonger le service auxiliaire des Suisses en France explique, plus que toute cause idéologique, ses positions attentistes et controversées. Pour étayer l'alliance franco-suisse, il soutint scrupuleusement le pouvoir légalement établi en France, mais quand arriva pour Louis XVI le temps de laisser à la représentation nationale la primauté du pouvoir, ce tacticien politique remarquable repositionna sa loyauté et se transforma en quelque sorte en baromètre du rapport des forces en présence en France. Commandant de la division militaire de Paris et de l'Ile-de-France en 1791 après la fuite de Louis XVI, il prête serment de fidélité à l'Assemblée nationale le 21 juin. Refusant de compromettre les troupes capitulées dans la contre-révolution, il s'efforça de maintenir coûte que coûte la présence militaire suisse en France tout en la neutralisant. En 1792, il assura notamment le délicat rapatriement des 11 unités suisses de France sauvant ainsi l’Alliance entre les deux pays. Un personnage méconnu à découvrir absolument. A aucun moment cet homme des Lumières ne craignit la mort qui survint en juin 1793, sans que sa joie de vivre ne l’ait quitté le moindre instant. Son monument est adossé à l’église/temple d’Assens dans le bailliage commun d’Echallens, à l’instar de Voltaire du côté de Ferney.
Informations localisation & contact
FARP ( Formation des associations romandes et tessinoise des psychologues), Rue du Petit-Chêne 38, 1003 Lausanne (à proximité de la gare), salle Rocher de Nayes