Le Japon, métaphoriquement désigné par « pays du Soleil levant », a constitué l’axe de pénétration de la diplomatie burkinabè dans le ciel asiatique. Dans cette partie orientale de l’Asie, les relations diplomatiques du Burkina Faso ont fluctué à partir de 1961 entre deux pays qui n’ont, dans la rigueur des considérations officielles, qu’une forme unitaire : la République populaire de Chine et Taïwan. Ces deux territoires sont culturellement, géographiquement et économiquement assimilables mais ...
Le Japon, métaphoriquement désigné par « pays du Soleil levant », a constitué l’axe de pénétration de la diplomatie burkinabè dans le ciel asiatique. Dans cette partie orientale de l’Asie, les relations diplomatiques du Burkina Faso ont fluctué à partir de 1961 entre deux pays qui n’ont, dans la rigueur des considérations officielles, qu’une forme unitaire : la République populaire de Chine et Taïwan. Ces deux territoires sont culturellement, géographiquement et économiquement assimilables mais ils sont politiquement distants depuis 1949. Le Burkina Faso a pris des positions variées dans la querelle des frères asiatiques à propos du statut insulaire : parfois pour la reconnaissance de l’un et souvent pour la reconnaissance de l’autre. Cet ouvrage analyse donc les variations de la coopération du Burkina Faso entre la Chine et Taïwan. Les relations diplomatiques du Burkina Faso avec Taïwan ont émergé sous la présidence de Maurice Yaméogo. Dans sa politique étrangère assise sur l’ouverture, Sangoulé Lamizana a inauguré une coopération avec la Chine. Les autres présidents gouverneront dans les mêmes sillons de la diplomatie. Puis, Blaise Compaoré orienta les intérêts du pays vers l’île nationaliste. Le cœur du Burkina Faso était certes avec le Taïwan diplomatique mais sa raison le rapprochait davantage de la Chine commerciale. Un contraste qui a survécu, pendant 24 ans, à l’épreuve du temps et des critiques en faveur du retournement diplomatique. Le 28 mai 2018, le Burkina Faso a renoué ses liens diplomatiques avec la Chine.
Yannick Naré est diplômé en Master professionnel II en Développement, spécialité « Communication et Média », de l’Université internationale Senghor d’Alexandrie (Égypte). Il a aussi une Maîtrise en Droit de l’Université Ouaga I Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou.