Ce livre propose une explication économique de la trajectoire congolaise, de l’indépendance à la chute du régime zaïrois, et en tire les conséquences pour la République démocratique du Congo d’aujourd’hui. En effet, le mécanisme de la substitution de la rente au prélèvement fiscal rend compte de faits d’ordinaire traités séparément : la destruction du capital organisationnel privé par la zaïrianisation de 1973 ; l’accumulation d’une dette extérieure de quatorze milliards de dollars simultanée à ...
Ce livre propose une explication économique de la trajectoire congolaise, de l’indépendance à la chute du régime zaïrois, et en tire les conséquences pour la République démocratique du Congo d’aujourd’hui. En effet, le mécanisme de la substitution de la rente au prélèvement fiscal rend compte de faits d’ordinaire traités séparément : la destruction du capital organisationnel privé par la zaïrianisation de 1973 ; l’accumulation d’une dette extérieure de quatorze milliards de dollars simultanée à une fuite de capitaux du même ordre de grandeur ; l’arrêt en coin de l’entretien minier ; l’effondrement de la capacité fiscale lié à l’hyperinflation et à la démonétisation ; le rétrécissement de la coalition dirigeante sur un noyau dont la loyauté coûtait le moins à surveiller. L’argument est conduit au moyen de propositions empruntées à l’économie institutionnelle, à la théorie des jeux répétés et à la politique des régimes autoritaires. Ces propositions analysent, entre autres, les conditions de basculement vers un équilibre prédateur ; le seuil de patience au-dessous duquel la coopération productive n’est plus soutenable ; la contrainte budgétaire de la loyauté qui commande la composition des coalitions de sécurité ; la solution en coin qui explique pourquoi un actif à horizon court n’est pas entretenu et, enfin, l’écart structurel entre le bénéfice social et le bénéfice privé.
Chelo Dhebbi est né en 1959 dans l’actuelle République démocratique du Congo. Ph.D. en économie du développement (Université pontificale grégorienne de Rome), il exerce sa mission comme religieux de l’ordre des Pères carmes à Bologne en Italie et il enseigne à l’Institut supérieur pédagogique de Bunia en RDC. Ses recherches portent sur les dynamiques de résilience communautaire dans les contextes de crise.