Cet ouvrage nécessite un avertissement d’ordre prophylactique. On a longtemps rangé L’Amour aux colonies dans la catégorie des lectures obscènes en raison de la description crue des organes et actes sexuels que renferme l’ouvrage. C’est pourtant ailleurs que réside sa réelle obscénité : dans le racisme méthodique qui est l’objet même de l’ouvrage. Dissimulé derrière l’anonymat, l’auteur se donne pour un médecin de marine en poste dans diverses colonies françaises. Son projet, faussement scienti...
Cet ouvrage nécessite un avertissement d’ordre prophylactique. On a longtemps rangé L’Amour aux colonies dans la catégorie des lectures obscènes en raison de la description crue des organes et actes sexuels que renferme l’ouvrage. C’est pourtant ailleurs que réside sa réelle obscénité : dans le racisme méthodique qui est l’objet même de l’ouvrage. Dissimulé derrière l’anonymat, l’auteur se donne pour un médecin de marine en poste dans diverses colonies françaises. Son projet, faussement scientifique, est d’établir une typologie des races humaines en fonction de la taille des organes génitaux des différents groupes ethniques qu’il rencontre. Grâce à l’éditeur Charles Carrington, spécialisé dans la littérature érotique, l’ouvrage connaît une vaste diffusion. Ce faisant, il inscrit durablement les élucubrations du docteur Jacobus X dans l’association entre sexe, race et domination qui se trouve au cœur de la culture coloniale. C’est dans cette perspective qu’il faut le lire aujourd’hui.
« Il n’y a pas de fausse pudeur en matière médicale. » Dr Jacobus X
Catherine Bertho Lavenir est professeure émérite des universités. Spécialisée en histoire culturelle, elle a travaillé, d’une part, sur la construction des identités culturelles (Bretagne, Québec, cultures coloniales) et, d’autre part, sur l’histoire sociale et culturelle des techniques. Roger Little dirige la collection « Autrement Mêmes ».