Ayeley bâtit sur cent vingt hectares une “Cité interdite” aux hommes et y fait triompher un féminisme scientifique et méthodique. “Tuons en nous tout ce qui reste de l'homme”, “la somme de tous nos maux”, “laissons-nous aguicher par le corps de notre semblable” et repeuplons la cité par une “insémination artificielle” en tuant les “enfants mâles”. Le charisme d’Ayeley l'emporte, et l'adhésion de Schoma et Sacky, ses deux é...
Ayeley bâtit sur cent vingt hectares une “Cité interdite” aux hommes et y fait triompher un féminisme scientifique et méthodique. “Tuons en nous tout ce qui reste de l'homme”, “la somme de tous nos maux”, “laissons-nous aguicher par le corps de notre semblable” et repeuplons la cité par une “insémination artificielle” en tuant les “enfants mâles”. Le charisme d’Ayeley l'emporte, et l'adhésion de Schoma et Sacky, ses deux égéries, et de celle d'une horde “d'amazones”, est massive. Puis, le désir irrépressible du mâle et la trahison emportent Ayeley, qui se fracasse le crâne dans son cataraman, en compagnie de son amant, quand Sacky et Schoma meurent à Londres dans un déraillement de métro. Enfin, Miss Keny, burnienne comme elles (pays de la Burnie), et sa fille Pretty woman de culture afro-américaine, sauvent les bébés multipolaires devenues orphelines. On peut dans les limites de la liberté choisir sa voie en compagnie de l'homme : tel est entre fiction et réalité l'intérêt de ce roman, dans une perspective d'engagement.
Braffou Séraphin Sagne est enseignant-chercheur (UFR.LLC, Université FHB, ABIDJAN), spécialiste du roman espagnol contemporain, depuis 2007. Il est aussi titulaire d'une Licence en Lettres Modernes (1998), et diplômé de la Complutense et de l’École officielle des Langues de Madrid (1986). Ses travaux portent essentiellement sur le roman contemporain et postmoderne.