Le décor de la tragédie : une estancia perdue de la pampa, à l’extrême sud du Brésil, en 1820. Une famille traditionnelle de fazendeiros est contrainte par les autorités d’accueillir un biologiste français. En l’absence du maître, parti guerroyer aux frontières castillanes, l’irruption de cet Européen, séduisant et cultivé, va bouleverser les cœurs et transfigurer une Emma Bovary rurale. Durant une saison, on voit s’ébranler l’ordre établi de ce milieu esclavagiste et bigot de notables provincia...
Le décor de la tragédie : une estancia perdue de la pampa, à l’extrême sud du Brésil, en 1820. Une famille traditionnelle de fazendeiros est contrainte par les autorités d’accueillir un biologiste français. En l’absence du maître, parti guerroyer aux frontières castillanes, l’irruption de cet Européen, séduisant et cultivé, va bouleverser les cœurs et transfigurer une Emma Bovary rurale. Durant une saison, on voit s’ébranler l’ordre établi de ce milieu esclavagiste et bigot de notables provinciaux, attachés avant tout à la culture et à la transmission de leur patrimoine.
As Virtudes da Casa (1985) est un puissant roman psychologique, une étude fouillée des personnages, avec en filigrane le portrait d’une société cruellement hiérarchisée et une métaphore filée du choc de la rencontre coloniale. De cette fugue de points de vue, finement tissée, émergent ces figures inoubliables de femmes qui vont mûrir dans la confrontation avec l’étranger.
Luiz Antonio de Assis Brasil, né à Porto Alegre en 1945, est un des écrivains les plus reconnus au Brésil, prolifique depuis 1978. S’inscrivant, comme Carpentier ou Galeano, dans un courant littéraire latino-américain qui met l’accent sur les questions d’identité, de mémoire collective et d’hybridité culturelle, mêlant régionalisme, reconstitution historique et voix rendue aux exclus, cet auteur se place comme l’un des meilleurs créateurs contemporains de fiction au Brésil.
Immergé dans « les Brésils » depuis 1990, Pierre-Yves Maillard s’est marié et vit à Porto Alegre, l’extrême sud gaucho : en passeur interculturel, il traduit à l’intention de son milieu d’origine romand et du public francophone sa passion pour les visages et paysages, la langue et la littérature de son pays d’adoption. Sa postface est recommandée par l’auteur, comme « une des meilleures jamais écrites pour ce livre ».