Soixante ans après les indépendances, la coopération qui a façonné les systèmes de défense africains les a-t-elle rendus autonomes ? L’analyse de sa mise en oeuvre – avec la France, la Chine, les États-Unis ou la Russie – de 1960 à aujourd’hui révèle une incompatibilité stratégique. Par leur asymétrie et la divergence de leurs intérêts, ces relations tendent moins à construire l’autonomie des armées africaines qu’à entretenir leur dépendance. À partir de ces quatre cas et en mobilisant les appor...
Soixante ans après les indépendances, la coopération qui a façonné les systèmes de défense africains les a-t-elle rendus autonomes ? L’analyse de sa mise en oeuvre – avec la France, la Chine, les États-Unis ou la Russie – de 1960 à aujourd’hui révèle une incompatibilité stratégique. Par leur asymétrie et la divergence de leurs intérêts, ces relations tendent moins à construire l’autonomie des armées africaines qu’à entretenir leur dépendance. À partir de ces quatre cas et en mobilisant les apports de la science politique, des études stratégiques et de la sociologie, l’ouvrage éclaire les ressorts de cette dépendance et ouvre une réflexion sur les conditions de l’autonomie stratégique. Une exigence que l’instabilité du système international rend plus urgente que jamais et qui impose de (re)considérer l’autonomie comme un produit social total, enraciné dans les structures d’une nation. À cette fin, l’ouvrage propose trois leviers de construction d’une autonomie de défense : projeter, former, créer. « L’autonomie est la première condition de la puissance ».
Protais Mbala Ndi est docteur en relations internationales, spécialiste des questions de défense et de la transformation des organisations militaires africaines. Il est officier des armées.