Ferdinand Buisson disait que la laïcité était le produit « du lent travail des siècles ». En effet, depuis l’Antiquité, la contestation toujours plus résolue de la tradition théologico-politique de domination du religieux sur le politique, et le rejet toujours plus affirmé de croyances imposées par la force, ont peu à peu permis l’avènement irréversible de la rationalité critique et de l’autonomie politique et culturelle de la personne. Ce processus d’émancipation, fondé sur la primauté du savo...
Ferdinand Buisson disait que la laïcité était le produit « du lent travail des siècles ». En effet, depuis l’Antiquité, la contestation toujours plus résolue de la tradition théologico-politique de domination du religieux sur le politique, et le rejet toujours plus affirmé de croyances imposées par la force, ont peu à peu permis l’avènement irréversible de la rationalité critique et de l’autonomie politique et culturelle de la personne. Ce processus d’émancipation, fondé sur la primauté du savoir sur la croyance, c’est aujourd’hui la laïcité qui en est le ressort principal. En France, la loi de séparation de l’Église et de l’État de décembre 1905, cette loi « juste et sage » (Jaurès), a élevé la laïcité au rang de principe juridique et politique : la laïcité, c’est la liberté de conscience pour tous, croyants comme incroyants, c’est la puissance publique indépendante de tout système religieux. C’est la possibilité du bien-vivre ensemble pour tous les citoyens. C’est pourquoi vouloir la remettre en cause ou la modifier, notamment dans le cadre de l’école, c’est porter atteinte à l’un des fondements de notre République.
Docteur en philosophie et professeur agrégé, Jacques Ducol est l’auteur d’ouvrages sur Paul Valéry, Antonio Gramsci, Pier Paolo Pasolini et Oscar Wilde.