Conflits qui se multiplient, énergie sous tension, technologies verrouillées, chaînes logistiques rompues : la continuité du monde ne va plus de soi. Et cela n’arrange pas l’Europe : trop lente, trop divisée, trop normative, elle paraît bien désarmée. Au point que beaucoup lui prédisent un avenir funeste. À rebours des récits de déclin, ce livre soutient l’inverse : l’Europe n’est pas dépourvue de ressources, et son effacement n’est pas écrit. Ce qui lui manque, c’est la capacité de convertir se...
Conflits qui se multiplient, énergie sous tension, technologies verrouillées, chaînes logistiques rompues : la continuité du monde ne va plus de soi. Et cela n’arrange pas l’Europe : trop lente, trop divisée, trop normative, elle paraît bien désarmée. Au point que beaucoup lui prédisent un avenir funeste. À rebours des récits de déclin, ce livre soutient l’inverse : l’Europe n’est pas dépourvue de ressources, et son effacement n’est pas écrit. Ce qui lui manque, c’est la capacité de convertir ses atouts en puissance durable. Tout son mal tient dans l’écart entre ce qu’elle affirme être, les cadres qu’elle se donne, et ce qu’elle accomplit vraiment. Faut-il pour autant se résigner ? Au contraire. Dans un monde redevenu conflictuel, laisser faire reviendrait à confier à d’autres, pas toujours bien intentionnés, le pouvoir de décider pour elle. L’Europe doit cesser de se rêver en grand marché prospère et (re)devenir l’acteur de son destin. Pour peser, il lui faudra se montrer plus stratège. Reste à savoir si elle l’osera.
Depuis plus de quarante ans, Michel Doumont accompagne la construction européenne : dirigeant d’une association du secteur financier durant l’unification économique et monétaire, membre de direction d’une banque belge au temps des fusions paneuropéennes, expert des transitions en Europe centrale, au sein notamment d’une délégation de la Commission. Il dirige toujours le bureau de conseil aux pouvoirs publics qu’il a fondé en 2005 et a enseigné, comme professeur visiteur, les relations internationales à l’université Comenius de Bratislava.