L’œuvre d’Henri Michaux est traversée par une tension fondamentale entre désordre et harmonie. Cet ouvrage propose de la relire à partir du concept de « chaosmos ». Forgée par James Joyce et théorisée par Gilles Deleuze et Félix Guattari, cette notion dissout l’opposition entre chaos et cosmos pour faire apparaître un univers paradoxal où, par une osmose féconde, l’ordre se découvre au cœur même du flux. Le parcours critique se construit autour d’une triple correspondance : le Moi, le Monde et ...
L’œuvre d’Henri Michaux est traversée par une tension fondamentale entre désordre et harmonie. Cet ouvrage propose de la relire à partir du concept de « chaosmos ». Forgée par James Joyce et théorisée par Gilles Deleuze et Félix Guattari, cette notion dissout l’opposition entre chaos et cosmos pour faire apparaître un univers paradoxal où, par une osmose féconde, l’ordre se découvre au cœur même du flux. Le parcours critique se construit autour d’une triple correspondance : le Moi, le Monde et le Mot, faisant écho au triptyque chaos, cosmos et chaosmos. Depuis le « moi-boule » — dont les résonances conduisent aussi bien à Platon qu’à Zhuangzi — jusqu’à la métamorphose infinie du sujet, à travers les récits de voyage où la monotonie sud-américaine s’efface devant la révélation de l’« être centré » hindou et de la sagesse taoïste, jusqu’au « chaoïde » des langages où le verbe et le trait s’unissent pour donner forme à l’informe, c’est toute la poétique michaldienne qui déploie la souveraine ouverture d’une création en perpétuel devenir.
Jiaqi Wang est maîtresse de conférences à l’Université Renmin (Chine). Docteure en littérature française de l’Université de Pékin et de l’Université Sorbonne-Nouvelle, elle a traduit en chinois plusieurs œuvres d’Henri Michaux, dont Plume précédé de Lointain intérieur et Un barbare en Asie.