Et si le plus grand piège politico-intellectuel de notre temps consistait à voir les années 1930 partout ? Depuis plusieurs décennies, le terme « populisme » s’est imposé comme l’une des catégories les plus utilisées du débat public. Souvent associé à la démagogie, au complotisme, au fascisme ou au spectre du « rouge-brun », il sert fréquemment à désigner des mouvements pourtant très différents les uns des autres. À travers une analyse historique, sociologique et intellectuelle, cet essai passe...
Et si le plus grand piège politico-intellectuel de notre temps consistait à voir les années 1930 partout ? Depuis plusieurs décennies, le terme « populisme » s’est imposé comme l’une des catégories les plus utilisées du débat public. Souvent associé à la démagogie, au complotisme, au fascisme ou au spectre du « rouge-brun », il sert fréquemment à désigner des mouvements pourtant très différents les uns des autres. À travers une analyse historique, sociologique et intellectuelle, cet essai passe en revue les mécanismes de cette diabolisation et interroge les usages politiques de la mémoire du XXe siècle. Pourquoi les références aux années 1930 occupent-elles une place centrale dans l’interprétation des crises contemporaines ? Comment l’accusation de populisme est-elle devenue un instrument de disqualification politique ? Et si la peur du retour du fascisme empêchait parfois de comprendre les causes réelles du malaise démocratique ? En déconstruisant le fantasme du « rouge-brun », cet ouvrage propose une réflexion critique sur les transformations du débat public, la crise de la représentation et les tensions qui traversent les démocraties européennes contemporaines.
Diplômé en sciences politiques et passionné d'histoire politique, Kévin Leprêtre-Milan s'intéresse aux transformations du débat public et aux usages politiques de la mémoire historique. Dans ce premier essai, il propose une analyse critique des mécanismes de diabolisation du populisme et de la construction du fantasme « rouge-brun ».